Une histoire d’amour

C'est le grand amour...
Ces jours-ci, j’observe beaucoup les pigeons.

Comme si je n’avais rien d’autre à faire.

Le matin, lorsque je suis dans un des cafés qui me servent de bureau pour mieux travailler, je regarde par les grandes baies vitrées ce qui se passe à l’extérieur. Cela se produit d’ailleurs souvent lorsque je procrastine cherche l’inspiration.

Néanmoins, mon regard suit les pigeons qui se promènent sur l’esplanade.

Et là, ces-derniers temps, leur comportement a changé.

C’est la saison des amours. :)

Séduction (PUA)

Les mâles qui, jusqu’à maintenant ignoraient les femelles se mettent soudain à parader autour d’elles. C’est très intéressant à voir. Je ne suis pas un expert mais je dois dire qu’ils y mettent beaucoup d’énergie.

Plumes gonflées, roucoulements dignes d’Elvis Presley, pas de danse autour de la belle, bref ils sortent l’armada du parfait séducteur. C’est également amusant de les voir tourner sur eux-mêmes devant leur “cible” en remuant les ailes et en haussant et baissant la tête.

Quant aux femelles – est-ce que l’on dit pigeonnes ? – elles les ignorent complètement. Ou alors elles feignent de ne pas les voir, en attendant leur Apollon. Je suis d’ailleurs curieux de savoir comment elles choisissent leur “homme” ? Ceci dit, un détail m’a frappé dans tout ce petit manège.

Si un mâle fait sa danse rituelle et que la femelle l’ignore trop ou exaspérée, ne s’envole, il ne se décourage pas du tout et se dirige immédiatement vers une autre célibataire, presque sans interrompre ses pas de danse. Ainsi, plusieurs femelles sont approchées avant que la nature ne poursuive son travail.

Je n’ai pas vu un seul pigeon mâle jeter l’éponge en se disant que c’était trop dur, qu’il n’allait jamais trouver chaussure à sa patte, que ce n’était pas juste, etc.

Et la nature est notre mentor universel.

Profession (VRP)

Je trouve cette situation semblable à notre relation avec le travail, sauf que nous, en général, nous abandonnons très vite.

Souvent, nous n’insistons pas assez dans notre recherche d’un travail qui nous convienne bien. On a des idées sur ce que l’on aimerait faire, on a des envies, des rêves d’enfant ou d’ado. Mais en fait, sommes-nous si certains de ces directions ?

La recherche d’un domaine dans lequel on puisse s’épanouir prend en général beaucoup de temps. Il est rare d’avoir sa vocation dès l’enfance et de s’y tenir. Nous sommes des êtres trop complexes pour pouvoir trouver – sauf coup de chance – la passion de notre vie, ou du moins d’une partie de notre vie, si jeune.

De nombreuses personnes parmi nous décident alors de chercher un compromis. Quelque chose qui aide à subvenir à nos besoins, paie les factures et nous laisse un peu de temps libre.

C’est courageux.

Je le dis très sincèrement. En effet, il faut beaucoup de courage pour prendre la décision de sacrifier des dizaines d’années de sa vie à des activités que l’on n’apprécie pas vraiment. Je le pense vraiment mais je me dis que tout ce courage, toute cette énergie déployée – gâchée ? pourrait être utilisée pour autre chose.

Pour trouver une chaussure à sa patte son pied.

Pour découvrir une activité, un travail, une passion qui nous conviennent vraiment.

Destination (CDG)

Lorsque j’ai fait mes recherches pour écrire mon nouvel ebook, Reconquérir sa vie, je me suis rendu compte que scanneurs et non scanneurs avaient le même problème : découvrir une activité qui leur apporte du bonheur.

Si les scanneurs sautent d’une passion à une autre sans paraître pouvoir s’arrêter, les non scanneurs eux, ont exactement le problème inverse : ils stoppent trop vite leur recherche. Soit par pression de leur entourage, soit par peur, ou soit par méconnaissance de leur propre fonctionnement, ils s’accommodent trop vite d’une situation bancale qui ne les laissera pas s’épanouir.

Rappelez-vous les pigeons de l’esplanade : ils font leur danse jusqu’à trouver une partenaire, ils ne s’interrompent pas.

Il devrait en être de même pour nous tous. Se contenter de l’expérience d’un travail ou d’une activité ne suffisent pas. Il faut continuer à chercher jusqu’à ce que l’on découvre quelque chose qui nous fasse bondir et dire : “Oui, ça j’aime !”

Et là, peut commencer une véritable histoire d’amour. :)

Passion (143)

C’est très important d’être amoureux de son travail – j’espère ne rien vous apprendre – car immédiatement, on voit la vie d’un autre œil. Tous les scanneurs ou non scanneurs avec qui j’ai parlé pendant la rédaction de Reconquérir sa vie, on été très clair : ils n’ont pas découvert immédiatement une passion-travail qui leur convenait. Cela leur a demandé du temps et de la recherche.

Dans mon livre, j’explique en détail mon propre parcours. Venant du coté scanneur, il ne m’a pas été difficile de sauter d’un emploi à un autre jusqu’à ce que je découvre quelque chose qui me convienne réellement. Le plus dur a été en fait de ralentir ce tourbillon d’activités et j’explique comment faire dans mon guide. :)

Alors je pense que les non scanneurs peuvent aussi bénéficier de cette façon de faire. Je dirai même que les non scanneurs y gagneraient à devenir des scanneurs temporaires. Passer d’une activité à une autre sans trop s’attacher, gagnant de l’expérience, jusqu’à ce qu’un jour l’on sache vraiment ce dont on a envie.

Gestation (39)

Finalement, j’ai fini par me demander s’il y avait beaucoup de non scanneurs. Quand je vois le nombre de commentaires recueillis par mon premier article au sujet des vrais scanneurs – plus de 200 à ce jour – je me pose vraiment la question.

Notre tendance naturelle, est de passer d’une activité à une autre, d’aller vers ce qui nous fait plaisir. On voit rarement les enfants jouer à un seul et unique jeu pendant des années. Ainsi, je pense qu’après l’école, en gros de 20 à 30 ans, on devrait prendre le temps d’essayer diverses activités, d’aller vers différentes expériences, de tester beaucoup et surtout, de ne pas se décourager en décidant trop vite sur quoi on va bâtir sa vie.

Laissons faire le temps car, à un moment ou à un autre, nous finissons toujours par toucher du doigt ce qui nous convient, ce qui qui va nous permettre de nous épanouir. Nous finissons par avoir le coup de foudre pour quelque chose qui va nous porter pendant des années.

Ainsi commence notre histoire d’amour professionnelle.

Adoration (1481)

Vu que l’on est sur terre pour plusieurs dizaines d’années, autant se consacrer à des activités réellement intéressantes, autant être passionné par ce que l’on fait, autant être amoureux de notre métier. Tel l’oiseau qui parade auprès de sa belle, nous devrions être attirés comme un aimant (sans jeu de mots) par une activité bien spécifique et non nous trainer hors du lit, tous les matins.

C’est possible. Vraiment. Et ça commence dans notre tête.

Demain, j’enverrai un extrait exclusif de Reconquérir sa vie à tous les membres de ma newsletter. Pour le recevoir, n’hésitez pas à vous inscrire, c’est tout en haut et à droite de cette page.

Tous les conseils contenus dans mon guide valent à la fois pour les scanneurs et les non scanneurs car après tout, notre but professionnel à tous et à toutes est unique.

Roucouler de plaisir dans notre activité. :)

PS : Bon, c’est un secret, ne le répétez à personne : lundi, j’organise un jeu à l’issue duquel j’offrirai non seulement Reconquérir sa vie au gagnant ou à la gagnante mais aussi Réveil ultra matinal et tous les autres ebooks que j’ai jamais écrit. (Tous ? Est-ce réellement un cadeau ?) 😉

(Photo : David Panevin)

Commentaires

19 commentaires pour “Une histoire d’amour”
  1. Joel says:

    Comparer la vie des pigeons à la vie d’un chercheur d’emploi… Sur certains blogs, c’est du sinisme et dans ce cas-ci, on envierais presque la volonté du pigeon qui, conduit par dame nature et une poussée d’hormones, ne s’arrêtera (peut-être) qu’une fois l’objectif atteint.

    Je n’ai qu’une seule chose à dire:

    rrroooooooooouuuuu rrroooooooouuuuuu

  2. Jean-Philippe says:

    Eh bien ! Je vois que tu es un expert dans l’art du roucoulement. 😉 donc la persistance doit suivre de près !

  3. Jeanne says:

    We shall never surrender … :)

  4. Laure says:

    Le pigeon voyageur aurait aussi beaucoup à nous enseigner avec son fameux sens de l’orientation :o)
    J’attends avec impatience le lancement de ton ebook

  5. Jean-Philippe says:

    @Jeanne We agree on that! 😉

    @Laure C’est très juste ! Je n’y avais pas pensé du tout. Voilà qui pourrait me servir de base pour un autre article, merci. :)

  6. Yoann Romano says:

    Je suis sans doute plus optimiste, car je pense que beaucoup de gens connaissent déjà leurs passions. Mais ils ne l’assument pas. Sinon excellente comparaison tout au long de cet article, et c’est marrant que tu connaisses le terme PUA.

    Yoann

  7. Jean-Philippe says:

    Merci Yoann ! En fait, j’aurais tendance à penser comme toi mais pour moi ne pas l’assumer, cela peut aller jusqu’à l’oublier. Je suis même certain que chacun possède plusieurs “passions” ou plutôt, embryons de passions, parfois bien cachés. C’est ce que je développe dans la deuxième partie de Reconquérir sa vie. :)

  8. Magaly says:

    Bonjour Jean-Philippe,

    Belle comparaison que celle-ci !! Mais tellement vraie à la finale ! Oui, je suis d’accord avec toi, nous devrions tous avoir la possibilité de faire diverses expériences professionnelles avant de trouver le travail pour lequel on dit ” J’aime ça !” Et tomber amoureux de son job ! Je me reconnais là !

    Je suis curieuse et je me pose donc une question : à quoi correspondent les nombres entre parenthèses ? ( pour les lettres je pense avoir compris !! ) Je fais peut-être un peu ma blonde sur ce coup là !!! 😉

    Merci en tout cas pour ton ouverture sur le monde qui nous entoure !!

  9. Jeanne says:

    Je vais sans oute paraitre bête, mais… c’est quoi PUA ???

  10. Amibe_R Nard says:

    Bonjour

    @Magaly, en cherchant toute la ligne
    Passion (143) sur Google, on trouve une vidéo, pour PUA, on trouve Pick Up Artist, CDG Charles-de-Gaulle, la dernière correspondrait à toile de Léonard Da Vinci.

    Enfin, peut-être. 😉

    @Jean-Philippe

    J’aime bien l’image des pigeons, dont la fidélité est loin loin loin d’être celle de la légende. (le pigeon est un véritable Don Juan 😉 )

    Le problème, dans le choix d’une profession qui nous plaît, c’est qu’il faut arriver à la cerner. Et ce qui nous plaît à 20 ans, n’est pas ce qui nous plaît à 30, et ainsi de suite.

    Normalement, on devrait avoir suivi des études qui nous ouvrent les portes d’une profession que l’on aime… sauf que ce sont des études, et la réalité est moins réjouissante.

    Combien de petits garçons veulent devenir pompiers, astronautes… en ne regardant que le côté valeureux (et valorisé par la société), lorsqu’il faut être en excellente condition physique jour après jour, lorsqu’un pompier passe plus de temps à ramasser des blessés sur la route ou dans la rue, voire à intervenir les jours de fêtes en particulier, quand tout le monde s’amuse.
    Les jours de fête, pour les pompiers, sont des jours chauds, très chauds.

    Tout ça, plutôt qu’à éteindre les feux. Avec des vies de caserne, plus que de famille !

    Métiers aisés, ou presque, pour des célibataires, mais quand on a une famille à charge, la nuance devient vite de taille.

    Tu as raison, aussi, il est question d’une certaine maturité… de savoir résister aux pressions de l’entourage et de la société.
    Pour dire “Oui, ça j’aime”, même si je touche deux, trois fois moins d’argent, même si l’image de “marque” en prend plein la façade, il faut avoir effectué bien du chemin intérieur.
    Peut-être, ou certainement même, avoir clarifié ses envies et ses priorités. Ses grosses pierres dans le pot, avant le sable, avant l’eau. :-)

    Mais combien ont défini ne serait-ce qu’une seule grosse pierre de leur vie ?
    Ce à quoi ils tiennent par dessus tout, ce qu’ils ne lâcheront jamais, quoi qu’il arrive dans la vie.

    Peu, très peu.

    Le pigeon, lui, a choisi. Il peut roucouler. :-)

    Bien Amicalement
    L’Amibe_R Nard

  11. Yoann Romano says:

    @ Jeanne

    PUA = Pick up artist. En français cela donne quelque chose comme “virtuose de la drague”. La plupart étaient des hommes timides qui se sont remis en question pour décrypter et mieux comprendre les relations sociales.

    Yoann

  12. Jean-Philippe says:

    Eh bien, je vois que tout le monde est déjà en train de jouer. 😉 Bon, je voulais réserver cela pour un autre jeu mais je crois que c’est raté. 😀

    PS : Et merci à tous et toutes pour vos commentaires !

  13. Sorin says:

    Bonjour Jean-Philippe (ou bonsoir)

    ” Être attiré par une activité bien spécifique et non nous trainer hors du lit, tous les matins. C’est possible. Vraiment. Et ça commence dans notre tête”.

    Oui je suis d’accord. Le tout c’est de se rendre compte. Cette façon de voir la vie, ne s’apprend pas à l’école.

    D’après toi combien de temps ça peut prendre, une fois qu’on sait ce que l’on veut et qu’on a décidé de réagir ?

    Je n’ai pas encore lu “Hagakure”.
    En ce moment, je ne sais presque plus quoi faire d’abord…

    Je rêve par contre de le commenter avec toi sur ton territoire.
    Un jour quand tu vas accepter mon invitation de boire un verre avec moi.

    Après l’avoir lu (Hagakure) et une fois que je ne serais plus obligé de me “traîner hors du lit tous les matins”.

    Bien amicalement,

  14. Jeanne says:

    @Yoann:
    Ah, voilà qui est intéressant! Merci Yoann.
    @ Jean Philippe:
    J’espère que tu vas trouver un autre jeu, sinon je vais rester sur ma faim :)

  15. fabrice says:

    En fait, clairement, quel est le travail passion que tu as trouvé Jean-Philippe?
    les PUA, je suis fan de leur approche aux chiffres:-)

  16. Jean-Philippe says:

    @Sorin Un verre ensemble ? Mais bien entendu !… et ont ira voir “sous les feuilles” tous les secrets des samouraïs. 😉

    @Jeanne Promis !

    @fabrice Comment ça, tu n’as pas deviné ?

  17. Alexis says:

    En ce moment tu est super prolifique Jean-Philippe! Tes articles m’ont touche depuis le debut mais peut etre que ca vient de moi….plus je te lis plus j’en deviens accro!

    J’adore le “la nature est notre mentor universel”. Finalement nous qui cherchons a etre civilise et nous dejouer des lois naturelles en les repoussant…avons nous fait le bon choix? que reste t-il de notre instinct ?

    Au final sommes nous plus heureux qu’avant? moins miserables materiellement surement mais interieurement, peut etre plus pauvre.. Bref encore merci et curieux de voir ton ebook 😉

  18. Dousset says:

    Oui et non
    Oui aucun doute sur le fait que le travail, son travail est central dans son existence et en constitue la colonne, nul doute, on ne peut pas ne pas trouver du plaisir dans une telle activité, sauf à déprimer assez lourdement.
    Non, parce que chaque activité quelle qu’elle soit est porteuse d’intérêt des lors qu’on la fait en profondeur, je crois sincèrement qu’il n’y a pas de sot métier juste des personnes qui ne veulent pas se motiver et aller en profondeur.

  19. Jean-Philippe says:

    Merci Dousset pour ton commentaire ! Je suis d’accord, il n’y a pas de sot métier et on est tous capable – si on le veut – de faire beaucoup de choses très différentes. Ici, je me focalise plus les passions, car nous en avons tous et elles nous permettent de nous surpasser, d’être dans ce que l’on appelle, le “flow”. 😉

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