Comment faire face aux gens méchants

The grass is always greener...

Lorsque j’ai lancé ma série sur la méchanceté, je ne m’attendais pas à toutes ces réactions. :)

D’abord, je m’attendais pas à ce que la discussion devienne de si haut niveau. A un tel d’ailleurs que j’ai beaucoup de mal à suivre ce que l’Amibe_B Nard et Alan Shore racontent !

Et puis, il y a eu l’intervention inopinée du coach en méchanceté, Daniel Alighieri, qui a tenté de nous expliquer comment développer sa propre méchanceté.

Mais bon, vous l’aviez bien compris, je n’avais pas pour but de vous lancer dans la voie de l’ombre et d’offrir des “clients” au coach méchant.

Finalement, après toute ces péripéties, elle vient d’où vraiment cette méchanceté ? Et que peut-on faire contre elle ?


La peur de souffrir

Ainsi, pourquoi les “autres” sont méchants ? Pourquoi ont-ils besoin de blesser ? Pourquoi prennent-ils plaisir à faire souffrir leur entourage ?

Ce qui est amusant, c’est que ce sont toujours les autres qui sont méchants, pas nous. Serions-nous des anges au-dessus de tout soupçon ? 😀

Je pense que vous avez deviné ma réponse…

Mais à la base, pourquoi une personne est méchante ?

Parce qu’à un moment de sa vie, elle a été blessée plus ou moins fort et longtemps par quelqu’un de proche. Un parent, un copain, une copine, un prof, un amoureux, un collègue de travail ou un patron peuvent être ainsi à l’origine de cette blessure. Cette personne en a énormément souffert (ou en souffre encore), elle a très peur que la douleur ne disparaisse pas et surtout, elle ne veut surtout pas revivre ça.

Donc pour se protéger, elle attaque. C’est instinctif.

Et qui pourrait-on inclure dans cette définition ? En fait, toute la population de la planète Terre… oui, en incluant vous et moi !

“Comment ?” vous vous dites avec horreur, “moi aussi, je suis méchant ?”

Je sais, je sais, c’est difficile à accepter mais tous et toutes, nous avons été, sommes (parfois) ou serons (peut-être) méchants dans nos interactions avec les autres. Je vous le confirme, ce n’est pas quelque chose dont je suis fier. Il me reste, enfoui au plus profond de ma mémoire, des moments peu glorieux de mon existence passée et, lorsqu’ils ressurgissent, j’en frissonne encore.

Non, je n’ai pas dévalisé de banque ou été un bourreau.

Mais je suis certain que vous aussi, il vous arrive d’avoir cette réaction de recul face à certains actes passés. C’est un point extrêmement positif car au moins nous sommes capables – après les faits – de reconnaitre cette méchanceté.

La réaction appropriée

Par contre, lorsque ce sont les autres qui agissent ainsi, pardonnons-nous aussi facilement ? Nos petites mesquineries, paraissent presque toujours minuscules par rapport à ce que les autres nous font subir.

Alors ? Quelle attitude adopter ?

A mon avis, cela dépend du degré de méchanceté.

Dans la majorité des cas, cette méchanceté n’est pas personnelle. C’est juste que dans nos vies pressées on en oublie le respect de base. L’esprit du “moi d’abord” prend le dessus. L’instinct de protection agit plus vite que son ombre et la remarque piquante est déjà sortie des lèvres de l’agresseur.

Bien entendu, notre réaction devrait être modérée. Je sais que c’est difficile de faire la part des choses mais dans la plupart des cas, je pense qu’il faut laisser passer ces petites mesquineries du quotidien. Comprenons bien, encore une fois, que les les gens ne cherchent qu’à se protéger.

Car si, à chaque fois, nous nous sentons heurté, blessé, affaibli, c’est notre santé (par le stress généré) qui en prend un coup. Notre existence peut alors devenir un enfer dans lequel nous nous enfermons tous seuls.

Mais si l’agression est bien plus personnelle ? Directement dirigée contre nous ?

Maitre de soi

Là, bien sûr, tout change.

Il y a les écoles qui prônent “l’œil pour œil, dent pour dent” et d’autres qui encouragent de “tendre l’autre joue.”

Je ne suis ni pour l’une, ni pour l’autre.

Soit nous pouvons parler avec la personne incriminée dans ces actions méchantes et lui faire entendre raison, soit nous devons rapidement changer d’air sous peine de souffrir sans bonne raison.

Plus facile à dire qu’à faire ? Tout à fait d’accord. :)

Mais au moins nous savons quoi faire.

Le pire, comme je le disais plus haut serait de répondre avec agressivité à cette méchanceté. Cela ne mènerait à rien et nous décrédibiliserait par rapport à nous-mêmes et aux autres.

“S’aplatir” serait aussi très mauvais. Une fois de plus, nous perdrions toute notre estime de nous-mêmes en acceptant d’agir comme une carpette.

Alors, au final, c’est bien à nous de décider si nous voulons subir ou diriger notre existence face à la méchanceté qui, malheureusement, existe dans le monde.

Si nous prenons la direction de notre vie, si nous plaçons des limites, les méchants ne nous toucheront plus et je vous garantis qu’ils changeront vite. Soit, ils deviendront beaucoup plus conciliants, comprenant qu’ils ont dépassé les bornes, soit vous ne serez plus du tout dans leur entourage, ayant tiré un trait sur eux, parce qu’ils n’avaient pas le courage d’affronter leurs propres démons.

Celui ou celle qui aura eu du courage, c’est bien vous !

La méchanceté restera à distance, et c’est le respect de vos relations qui vous entourera. :)

(Photo : Martin Gommel)

Commentaires

100 commentaires pour “Comment faire face aux gens méchants”
  1. laura says:

    Merci Jean-Philippe

    • Rose says:

      Bonjour, je cherchais sur le net comment se comporter avec une personne méchante et voilà que je tombe sur votre superbe article. Je suis une personne incapable de dire une méchanceté ou d’agresserimplicitement une personne. Si je fréquente une personne (amie voisine ou collegue) c’est parce que je l’aime vraiment

    • Anne says:

      Je ne comprends pas pourquoi continuer cette mechancete. Je pense qu en vrai il y a une grande majorite qui est naturellement mechante car j ai ete bienveillante quand j ai ete jeune et malgre ca j ai subie des moqueries et du rejet maintenant je fuis beaucoup les gens pour me proteger car j ai peur de leur malveillance j ai ete gentille naturellement pendant toute mon enfance et ado mais on m a fait tellement de mal que je suis devenue aigrie et j ai maintenant des pensees mechantes envers les gens mechants. se battre contre la mechancete c est impossible les gens en general sont tres malveillants je pense que chez certains c est inne malheureusement il y a une plus grande proportion de gens mechants que de gens gentils narurellement c est pour ca qu on debat de ca d ailleurs. malheureusement et souvent on critique les gens gentils or ce serait plutot aux mechants de se remettre en question.

      • Merci pour le commentaire Anne ! Non, les gens ne sont pas naturellement méchants, ils le deviennent selon les circonstances de leur vie, leur éducation et leurs rencontres. La tendance actuelle est double : il y a le “Trump” style qui est l’arrogance doublée de méchanceté et, face à elle, tous ceux et celles qui veulent changer de monde et de société dans le partage et la gentillesse. Qui va gagner ? J’espère que les êtres humains comprendront, devant les déboires d’un monde trumpé que la solution n’est pas dans la surenchère violente (physique ou morale). Elle est dans ce que tu es toi Anne, même si c’est difficile maintenant. Ne ferme pas ton cœur et ouvre-le… mais avec prudence. 😉

        • NATHALIE says:

          Moi à mon Bisounours Je lui fais des bisous Des gentils, des tout doux Des géants, des tout fous Un bisou sur la joue Un bisou dans le cou Car mon p’tit Bisounours Il adore les bisous
          J’espère que cette fois mon message passera mdr

  2. Claude says:

    Merci pour votre article et je voudrais apporter un commentaire. Nous croyons tous, qu’il existe des gens mauvais en ce monde et nous croyons tous, que nous sommes de bonnes personnes ! Pouvons-nous observer que nous faisons de notre mieux et que chaque personne fait de son mieux, compte tenue du modèle de monde qu’il se fait dans sa réalité ?

    Est-ce possible que l’absence de choix nous pousse à réagir sans amour, à réagir par la peur sans s’en rendre compte ? En fait, ceux qui font du tort aux autres, y compris nos propres gouvernements et religions, en passant, croient à tort que c’est l’unique moyen d’avoir ce qu’ils veulent. Pourquoi ne voyons-nous pas que les besoins sont l’absence de choix tandis que les références offrent des choix, des nouvelles possibilités de création et de comportements afin d’obtenir ce que l’on veut ?

    Qu’en pensez-vous ?

    • Merci Claude pour votre commentaire ! Oui, je suis d’accord avec vous sur l’absence de choix. Également, on ne nait pas méchant ou mauvais, on le devient au fil des circonstances de notre vie et ceci dès notre plus tendre enfance. Si tous les bébés pouvaient recevoir une éducation bienveillante où on les respecterait plus, je pense que le monde serait bien différent. 😉

  3. MF . Chalon says:

    Bonjour Claude , vous semblez dire que si l’on réagit sans amour et par la peur , cela vient de l’absence de choix ….je me demande , si je vous comprends bien , si cela ne rejoint pas l’absence de valeurs (absence de règles d’ordre “SACRÉ” ) … beaucoup revendiquent maintenant une laïcité pure et dure , parce que les religions ont fait beaucoup de dégâts , cela , c’est clair , et ça continue encore …. donc beaucoup rejettent toute religion et toutes règles “sacrées” …. il leur reste , sans doute , une morale laïque , qui leur demande quand même de respecter autrui , mais c’est une éthique assez “légère” parfois ??? Alors elle laisse probablement davantage de place à l’égoïsme : tous les moyens (ou presque) seront bons pour avoir ce qu’on veut …. et nous revoilà dans le schéma victime-persécuteur ….
    Je ne sais pas si j’ai compris votre pensée , Claude , mais j’ai essayé.
    Et je suis vraiment d’accord avec Jean-Philippe , pour l’éducation des enfants : si chacun grandissait dans un amour familial équilibré (pas de surprotection ni de tensions, ni trop d’exigeance et de pression) , alors il y aurait moins de gens méchants , moins de sans-abris , moins de terrorisme …..
    Mais on en vient , ainsi , à “choisir” la cellule familiale idéale … et là , c’est encore toute une histoire !!!!

  4. MF . Chalon says:

    Je parlais de violence (méchancetés , exclusions , tueries …) Je ne pensais jamais voir encore ce samedi soir , à PARIS , une telle violence innommable . J’habite un pays voisin , mais je tiens à dire toute ma solidarité à la FRANCE . Nous sommes tous sous le choc . Je suis croyante et je prie pour que les autorités politiques trouvent comment faire pour prendre les bonnes attitudes ……

  5. ramy says:

    Si il n y aurait aucune possibilite de reconciliation
    alors quitter cette entourage

  6. krystal says:

    J’ai tout à fait compris l’article et j’y adhère …. aussi dans la vie j’évite ces personnes toxiques …. Je suis arrivée sur cet article pour essayer de me défendre contre la méchanceté dans le cadre professionnel , un cadre qu’on ne peut pas toujours quitter …. Je suis en général adepte du dialogue quand les situations s’enveniment et si ça ne marche pas, je prône l’indifférence …. Mais voilà, actuellement, dans mon cas actuel, ça n’a pas marché, je dirais même que mon indifférence n’a fait qu’attiser cette méchanceté. J’ai changé de service et pourtant ça continue …. ça commence à me miner car sans que je ne fasse rien ça prend des proportions qui me plombent et je ne sais plus quoi faire pour me protéger …..

    • Merci krystal pour votre partage. :)

      C’est tout le piège de notre société post-moderne : être coincé dans un job (que l’on aime ou pas ne change rien) sans pouvoir le quitter. Je pense que des millions de personnes sont dans votre cas krystal et je ne dis pas cela pour minimiser votre douleur, d’accord ? C’est simplement un constat, celui que la grande majorité des gens se sent misérable dans ce qui reste l’activité majeure d’une vie, à la merci d’êtres encore plus malheureux qui ne trouvent de plaisir que dans le fait de martyriser leurs collègues ou subordonné-e-s…

      Bon, mon laïus ne va pas vous aider et franchement, je ne sais pas quoi vous dire. Si vous ne voulez pas quitter un environnement toxique, c’est votre choix et je le respecte mais, vous pouvez tenter d’adoucir la situation, d’arrondir les angles de façon à ce que cela ne vous mine pas trop.

      Vous avez remarqué ? J’ai bien dit voulez et pas pouvez. Pourquoi ? Parce que l’on peut toujours quitter une situation. Il y a toujours une solution, de la plus radicale à une possibilité que vous n’avez pas encore découverte… Peut-être que ce que je vous dis vous choque mais, pensez-y bien, d’un autre côté, c’est votre santé qui est en jeu et ça, c’est irremplaçable. 😉

  7. Oristte 200 says:

    Merci

  8. Naelle says:

    Très bon article et très bons commentaires! J’apprécie.

    Ne pas s’aventurer à discuter trop longtemps avec une personne qui lance des froids piquants. Ce n’est pas à nous de la rendre plus intelligente en lui parlant plus longtemps.

    Nous n’avons pas non plus à nous dévoiler (gare à nos émotions!) devant une personne aussi repoussante.

    Il faut lui parler juste pour apprécier sa méchanceté du moment à notre encontre et s’en éloigner le plus vite possible, mais surtout ne pas revenir pour l’attaquer sur sa méchanceté. il faut tout simplement oublier la méchanceté et cette personne.

    Nous deviendrions plus méchants que cette personne en revenant pour l’attaquer ou en ripostant sur le champ.

    Cette façon d’agir de notre part lui apprendra très certainement à être plus gentille par la suite. Se retrouvant seule avec elle-même face à sa méchanceté gratuite en comparaison à notre réaction des plus gentilles, elle finira bien par réfléchir d’elle-même. Et si ça ne lui sert pas, c’est qu’elle est vraiment bête!

    Bonne continuation.

  9. Diel says:

    C’est un très bon article 😉
    Me concernant je suis toujours dans l’appréhension. Je me dis toujours “quelqu’un va m’emmerder aujourd’hui, il faut que je me prépare”. Le truc est que vous avez beau vous dire “je ne me laisserai pas envahir” et bien vous n’y parvenez pas. Quand j’entre en conflit avec quelqu’un, je hurle parce que cette personne en fait de même. Autant il y a des conflits qui peuvent être réglés sereinement si l’on y met du sien, mais que faire quand il y a des gens qui ne lâchent pas l’affaire comme on dit ? Lorsque un “ennemi” insiste trop ? Souvent j’ai juste envie de tourner le dos à celle ou celui qui m’agresse en lâchant “laissez-moi tranquille, ça ne m’intéresse pas”. Or, comment savoir s’il s’agit d’une attitude de fuite ou tout simplement de raz le bol ?
    Si vous vous déplacez ailleurs, j’ai l’impression que la personne qui invective pense qu’elle a eu gain de cause…

  10. AISSI Aissi says:

    j’ai vécu cette expérience avec une amie qui m’a fait des réflexions humiliantes je n’ai rien dit car j’ai été surprise voilà quelques jours plus tard j’ai réfléchi et lui ai envoyé un message pour lui dire que ses réflexions étaient humiliantes et que j’espérais que c’était inconscient mais que je voulais mettre fin a notre amitié cela été dur mais j’ai fais pour le mieux selon mon intuition et mon ressenti car de toute façon il y avait quelque chose de brisé .

  11. sasha says:

    Merci pour votre description de l’origine de la méchanceté, c’est exactement ça, enfin quelqu’un qui ne condamne pas.
    ce que je voudrais savoir sinon, c’est comment se protéger contre les gens MEPRISANTS, le mépris m’a toujours blessée et me rend méchante justement. Et surtout comment s’imposer face à des gens qui se la pètent.
    merci …

    • Sasha, dans ce cas, il n’y a qu’une seule vraie solution : les ignorer. Vous connaissez votre valeur et vous n’avez pas besoin de comparaison. Eux, par contre, ont besoin de se comparer aux autres pour se prouver qu’ils valent quelque chose et c’est ce qui constitue leur faiblesse. Ce sont eux qui sont à plaindre. 😉

  12. Pierrot says:

    Merci Jean-philippe pour cet article, j’ai pensé a mon frère qui galère à son boulot à environnement toxique.
    En essayant “d’arrondir les angles” pour être moins embêté, il s’est aggravé ses problèmes de santé (plusieurs tendinites/heures sup…)
    J’espère qu’il fera le choix de quitter cet environnement car comme vous l’avez si bien dit un boulot ça se remplace mais pas la santé (en gros=))
    Je vous souhaite bonne continuation, votre travail aide beaucoup de personne à se sentir mieux dans leur vie!

  13. Marie says:

    Bonjour et merci pour votre article.
    J’ai été confrontée récemment à une situation très humiliante que m’a fait subir une “amie” chez qui j’étais invitée. Au détour d’une conversation à laquelle elle ne prenait pas part, elle a “explosée” (je me suis faite hurlée dessus, rabaissée, humiliée) devant des amis communs. Ne me voyant pas dormir dehors, je me suis aplatie en excuses (et effectivement la stratégie de la carpette n’est pas une bonne stratégie pour l’estime de soi, ni pour l’image qu’on renvoie aux autres). Visiblement, elle ne me supportais plus (je ne sais pas pourquoi et je ne veux même pas le savoir car j’ai coupé les ponts).
    Votre article m’a fait du bien.

  14. Nancy says:

    Merci pour vos commentaires, très éclairants. J’ai passé proche de ne pas le lire, car j’ai été rebutée par le titre “méchanceté”. Les méchants, c’est toujours les autres… Je faisais une recherche sur les personnes très souffrantes psychologiquement, car j’ai été témoin hier d’une personne (blessée) qui a émis un commentaire très néfaste sur une jeune fille qui venait de partir… celle-là extrêmement blessée par la vie. Votre texte m’a fait réfléchir. Je me considère aussi blessée… et je blesse aussi, toujours sans le vouloir.
    (…. ma déchirure, je te porte en moi comme un oiseau blessé… Ginette Renaud). Finalement, il faut se regarder soi-même pour comprendre notre comportement, et pouvoir le modifier. Facile à dire, difficile à faire.

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