Les génies que nous sommes (2)

Par le 6 September 2010
dans Changer les règles

Lorsque l'on ne connait pas la réalité des choses, on est comme séparé de ceux qui connaissent la vérité.

Cet article est le deuxième d’une série qui a commencé ici.

Une petite fille de 4 ans et 6 mois s’avance vers le milieu du court de tennis. Elle a d’ailleurs du mal à tenir sa raquette qui lui pèse un peu. Elle fronce les sourcils. Elle se place entre deux autres joueuses, des adolescentes, qui se tiennent prêtes.

Face à elles, de l’autre côté du filet, l’entraineur commence à leur envoyer des balles assez fortes qu’elles doivent retourner à tour de rôle. 10, 20, 30, 50, 100 balles sont ainsi envoyées et les 3 jeunes joueuses essayent de les frapper du mieux qu’elles le peuvent. On sent que l’on s’entraine sérieusement.

A la deux centième balle, la plus grande sur la gauche, lève la main indiquant qu’elle a besoin de souffler. Elle quitte le terrain et va s’asseoir sur le banc pour se désaltérer. A la trois cent cinquantième, c’est celle de droite qui abandonne.

Mais la plus petite, au milieu, est toujours présente. Elle manque beaucoup  de ces balles jaunes mais elle continue à essayer de les frapper. Encore et encore.

A 500 balles, le panier est vide.

Et elle en redemande.

Machine ou être humain ?

L’entraineur lui dit que c’est suffisant, qu’elle a fait du bon travail, mais la petite fille tape du pied, énervée. Elle en veut encore. L’entraineur se fâche un peu et lui dit que ça suffit maintenant et lui conseille d’aller s’asseoir. La petite pleure, pas contente du tout et demande alors une dernière balle… qu’il lui accorde pour la calmer.

Cette petite fille, s’appelle Venus Williams et l’entraineur de l’autre côté du filet n’est autre que son père, Richard. Ce dernier indiquera plus tard que, ce jour-là, il sut que Venus serait une championne. Elle avait la hargne, la pugnacité, la combativité.

Richard Williams avait raison. Venus et ensuite sa sœur Serena, devaient atteindre les sommets du tennis mondial où elles sont toujours, au moment où j’écris ces lignes. Une longévité assez rare parmi les joueuses de tennis.

Pourquoi la petite Venus avait cette combativité à 4 ans ? Et Serena également ? Est-ce que cette volonté de ne pas abandonner était dans leur gènes ?

Pour mieux comprendre, il faut savoir que Richard Williams lui-même n’avait jamais mis les pieds sur un court de tennis jusqu’à l’âge de 36 ans, c’est à dire, à peine 2 ans avant la naissance de Venus. C’est d’autant plus intéressant lorsqu’il explique la raison pour laquelle il s’y était mis.

C’est en découvrant, par hasard à la télé, combien une femme pouvait gagner en jouant au tennis, qu’il décida de mettre ses futurs enfants à ce sport. Et donc, il s’acheta sa première raquette et s’initia au sport pour pouvoir ensuite aider ses enfants.

En gros, cela veut dire qu’au moment où Venus est née, l’ambiance à la maison était déjà extrêmement tennistique. Ainsi, on pourrait aussi penser que Richard fit de ses deux filles des machines à “smasher”.

Pas du tout.

Par exemple, il les retira des tournois nationaux de tennis où elles brillaient – Venus avait alors 11 ans – parce qu’il trouvait qu’elles n’avaient pas assez de temps pour être juste des petites filles et également, pour leur épargner les blessures dues à la surcompétition.

C’est sans doute ce qui leur permet, à près de 30 ans, d’être toujours compétitives au plus haut niveau.

Qui sont les meilleurs ?

Je donne beaucoup de détails sur cet exemple parce qu’il reflète, comme dans les histoires de Tiger Woods et des sœurs Polgar dans la première partie, le même modèle. Un environnement propice à l’éclosion d’un talent, des parents supporters, motivants, un programme conçu spécifiquement pour les aider à s’épanouir dans ce domaine et, un esprit poussé vers l’accomplissement, la réussite.

Bien sûr, on me dira que les exemples cités ne représentent que ceux ou celles qui ont réussi. Qu’en est-il des histoires de tous les autres parents qui ont voulu aider leurs enfants mais qui n’ont jamais fait la une des journaux ? Cela ne veut pas dire qu’ils ne se sont pas épanouis, surtout dans les domaines en dehors du sport ou de la musique,  domaines qui sont bien moins médiatiques. D’un autre côté, il y a aussi les histoires des parents qui, peu soucieux de l’équilibre de leur progéniture, l’ont poussé trop violemment avec les conséquences que l’on peut imaginer.

Néanmoins à travers ces témoignages, gènes ou pas, inné ou pas, on peut remarquer une tendance. A chaque fois c’est à peu près le même scénario. Le premier à le noter de façon rigoureuse et scientifique fut un suédois, Anders Ericsson, qui en 1993, sortit un papier (pdf) qui allait faire beaucoup de bruit dans le monde de la recherche en psychologie.

Après de nombreuses années de tests, ce professeur, chercheur à l’Université de Floride, expliqua dans ses résultats que ceux et celles qui devenaient des experts dans leur domaine le devaient à leur travail et pas à un talent inné. Bien entendu, cela va à l’encontre de ce que nous pensons. L’idée générale que l’on se fait du succès est que ceux ou celles qui vont le plus haut sont les plus talentueux d’entre nous et donc qu’ils le doivent en priorité à des facultés naturelles exceptionnelles.

Ils ou elles sont nés comme ça, c’est tout. C’est en général ce que l’on pense.

Dans ses recherches, le professeur Ericsson ne put trouver un seul exemple d’une personne qui aurait pu atteindre les sommets de son art sans faire de réels efforts, juste portée par son talent naturel. Mais pour tout le reste, excepté pour le poids ou la taille dans certains sports, Ericsson découvrit toujours la même chose : seul le travail payait. Il put même calculer le temps qu’il fallait à tous ces champions ou virtuoses pour atteindre leur plus haut niveau.

10 ans, ou à peu près 10 000 heures de pratique.

Ce chiffre est maintenant presque devenu mythique et a souvent été repris dans la littérature sur le développement personnel, comme par exemple dans Outliers, le livre de Malcolm Gladwell, ou dans Talent is Overrated de Geoff Colvin.

L’une des expériences intéressantes réalisées par le professeur Ericsson fut avec les jeunes violonistes de l’Académie de musique de Berlin (ouest) entre 1987 et 1989. A la fin de sa recherche avec eux, il put confirmer que les meilleurs étaient ceux qui pratiquaient le plus, ceux qui répétaient le plus longtemps. Il ne put trouver un violoniste qui sans faire d’effort se trouvait parmi les premiers classés. Inversement, il ne put en trouver un qui pratiquait plus que tout le monde et qui était classé, en bas de tableau.

Une chance pour tous ?

Ainsi, il suffirait de travailler dur, de pratiquer sans relâche pour devenir un champion ou un expert dans son domaine ?

Pourquoi dans ce cas, ne sommes-nous pas des gens qui avons déjà réussi ? Nous devrions tous et toutes avoir rencontré le succès, quelque soit le sens que vous donniez à ce mot. Nous travaillons tous dur, pendant de longues heures et je suis certain que dans votre entourage vous connaissez de nombreuses personnes qui travaillent d’arrache-pied. Pourtant, nous ne sommes ni vraiment riches, ni reconnus et nous continuons souvent à être employés dans des professions qui ne nous apportent pas grande satisfaction.

Alors, qu’est-ce qui fait la différence entre les “champions” et les autres ?

Anders Ericsson pense avoir trouvé.

Dans ses recherches, il a noté que tous ceux et toutes celles qui étaient les meilleurs dans leur domaine, apprenaient et travaillaient d’une manière différente des “moins performants”.

Et le plus intéressant, c’est que cette méthode, il l’a retrouvé pratiquement appliquée à l’identique de champion en champion, quelque soit le domaine dans lequel il excellait.

Cette pratique, qu’il appelle pratique délibérée, il l’a décomposé en 5 éléments et c’est ce que l’on détaillera dans la troisième partie de cette série.

Un indice ?

C’est exactement ce qu’a accompli – intuitivement – Richard Williams avec ses filles, Venus et Serena. 😉

(Photo : DaveMontPhotography)

Commentaires

33 commentaires pour “Les génies que nous sommes (2)”
  1. Article attendu, et j’attends la suite avec impatience.
    Excellent.
    J’adore ce genre de feuilleton.

  2. Jean-Philippe says:

    Merci Yann ! La suite ce sera lundi prochain. 😉

  3. Vince says:

    Idem, j’attends la suite avec impatience :D.

    PS : Je suis le blog depuis quelques mois et suis ravi du contenu, il est depuis dans le top de mes fils rss, et je ne compte maintenant plus les references au site et surtout a son contenu, dans mes dialogues avec les autres :D.
    PS2 : desole pour les accents, je suis sur un clavier chinois.

  4. Siyimane says:

    Je confirme excellent article! J’ai pris beaucoup de plaisir à le lire, vivement la suite! Merci pour ces délicieux articles .

  5. Jean-Philippe says:

    @Vince Merci pour ton franc soutien et surtout d’en parler avec les autres ! C’est le meilleur marketing pour moi. :)

    @Siyimane Merci pour le commentaire et bonne chance pour ton nouveau blog ! J’ai voulu y laisser un message mais je n’ai pas pu. Les options d’identité ne me le permettent pas. :)

  6. Thomas says:

    Tu commences à jouer avec notre curiosité on dirait 😉 J’aime ça ! MerCi

  7. Ce 2e article est aussi passionnant que le premier de la série.

    Toute la semaine j’ai réfléchi à cette notion de génie. Il me semble que 2 composantes sont essentielles pour produire un génie: une passion et l’obsession pour actualiser cette passion.

    Cette obsession amène l’individu à consacrer temps et efforts pour exceller dans le domaine qui le passionne et ce qu’il met de côté pour y parvenir ne constitue pas un sacrifice puisqu’il y trouve une très grande satisfaction.

    Je pense entre autres au compositeur André Mathieu : http://www.da-go.com/musique/mathieu-a/

    Vivement la suite, Jean-Philippe et merci à toi de stimuler ainsi nos neurones et notre curiosité !

  8. Bonjour encore Jean-Philippe,

    J’ai trouvé ce résumé en français sur la pratique délibérée :
    http://www.ordrepsy.qc.ca/pdf/ArtDossier_Performance_Mai02.pdf

    Petite question : y a-t-il des « génies » célèbres qui n’ont pas été soutenus par leur famille ?

  9. Jean-Philippe says:

    @Thomas Merci ! La curiosité est un moyen, je pense, de rendre les lectures plus intéressantes. Donc j’essaie… 😉

    @MarieBo Merci pour toutes ses infos ! Tu as raison passion et obsession sont primordiales… maintenant la question qui divise les scientifiques : est-ce inné ou acquis cette obsession ? Y a-t-il un gène de l'”achiever” ?

  10. Coumarine says:

    merci à toi pour cette série d’articles passionnants (et bien écrits!)
    J’attends la suite avec impatience…

  11. Noé says:

    La suite !!!!!!!!!!!

  12. Jean-Philippe says:

    @Coumarine Merci pour ces mots qui me touchent, comme d’habitude. :)

    @Noé Ça vient !!!!! 😉

  13. OK OK, je vois qu’on est passé a la vitesse superieure dans le coin mdr
    Serieusement j’ai adoré lire l’article, fluide, histoire vraiment interessante a suivre MAIS (ben oui :) je trouve que le debat de l’inne et de l’acquis, c’est de la m***, autrement dit une excuse !

    Henry FORD a dit l’une des phrases qui m’ont le plus fait comprendre le genre humain : Certains disent qu’ils peuvent, d’autres disent qu’ils ne peuvent pas… en general ils ont tous raison !

    A vrai dire, je ne sais pas si l’inné existe et franchement JE M’EN CONTREFOU !!! Mais les etudes disent ceci et les chiantifiques disent cela… et la je citerais une phrase que je me repete souvent : Ce qui etait impossible hier est aujourd’hui scientifiquement prouvé. Qui peut dire que ce qui est impossible et faux aujourd’hui le sera toujours dans 50 ans ? On POURRAIT debattre des heures de l’heredite et de la validite de tels ou tels etudes MAIS on est pas orgueilleux au point de penser que ce que nous savons aujourd’hui est figé dans le marbre (MEESSAAGGEE)

    Tous ce que mon cerveau et mon coeur m’ont dit jusqu’a aujourd’hui s’est revele vrai un jour… et faux le lendemain… et vrai le jour d’apres et ainsi de suite. Je ne connais qu’une seule equation qui n’a jamais failli en 29 ans : Patience + Perseverance = Recompenses.

    Je n’ai aucune Patience donc je travaille beaucoup pour meubler mon impatience. Ma perseverance est l’un des resultats de mon impatience. Les Recompenses, chez moi elles sont bonnes ET mauvaises. Mon impatience ne m’apporte pas que des bonnes recompenses, ma perseverance me permet aujourd’hui de recolter des fruits semer il y a pres de 5 ans maintenant.

    Voila, un excellent article qui donne envie de poser son opinion et remercier l’auteur : Jean-Philippe… toi t’es un bon (Copyright: Robert De Niro mdr)

    Mohamed Semeunacte

  14. Jean-Philippe says:

    Merci Mohamed pour ton long commentaire (comme d’habitude!) 😉

    Ce que tu dis sur la science est tout à fait vrai, puisque ce qu’on pensait être inné avant est devenu de l’acquis maintenant – à force de travail bien ciblé. Mais tout le monde n’en est pas persuadé comme toi. D’où le besoin d’en parler et d’insister sur ce fait. :)

  15. vrjbln says:

    j’attends aussi la suite avec impatience, ça me rappelle des articles que j’ai lus sur le blog Study Hacks, peut être es tu déjà tombé dessus : http://calnewport.com/blog/?s=deliberate

  16. Toujours aussi passionnant : un environnement propice,émulation par l’entourage proche, chercher l’admiration de ses parents, persévérance avec régularité ..;enfin suite au prochain épisode .
    Merci pour cette délicieuse série …. de 10 000 heures 😉

  17. Jean-Philippe says:

    @vrjbln Merci pour le lien ! Je lis de temps en temps Cal Newport qui est excellent mais j’avais raté ces articles. 😉

    @Fadhila Merci pour ton compliment ! 10 000 heures ?… Peut-être pas mais la série s’allonge de semaine en semaine car il y a beaucoup de choses à partager. :)

  18. Nicolas Pene says:

    Vraiment passionnant tout ça. Comme tout un chacun j’attends la suite avec impatience.

    Il est clair que l’inné, brut de fonderie, ne peut amener au génie. Le piège justement d’une personne talentueuse est de s’endormir sur ses acquis. Où est l’intérêt quant tous est trop facile ?

  19. Hakim says:

    Et bien maintenant je sais ce qu’il me reste à faire et le temps nécessaire…Passer plus de 10 000 heures dans chaque compétence que je veux développer.

    Excellent Philippe,

    Bonne soirée 😉

  20. Jean-Philippe says:

    @Nicolas Merci et bien vu ! C’est le piège dans lequel tombent de nombreuses personnes considérées comme talentueuses, c’est à dire ayant un QI élevé. Mais ce QI ne mesure qu’une seule partie de notre intelligence…

    @Hakim Bravo ! Tu as tout compris. Comme les Beatles, comme Bill Gates, comme d’autres qui ont accompli leurs 10 000 heures, c’est la voie d’une réussite un peu plus certaine que par l’école. 😉

  21. Mickael says:

    Quel maîtrise du suspense !!!!! 😀 😀

  22. Mickael says:

    Quelle maîtrise du suspense !!!!! 😀 😀

  23. Alyne says:

    Super article!!
    J’ai hate de lire la troisieme partie…
    Ne nous faites pas trop attendre 😉

  24. Jean-Philippe says:

    @Mickael Merci pour le soutien ! Pour les scanneurs, je dois un peu repousser mais j’espère que ce sera encore plus intéressant. 😉

    @Alyne Merci pour votre commentaire ! Rendez-vous lundi prochain. :)

  25. Antoine says:

    Très intéressant et ça m’évoque une question… combien de temps cela vous prend pour rédiger un tel article ? et comment s’articule sa rédaction (réflexion, plan puis rédaction d’un trait ? ). Oui je sais je suis curieux 😀

    En tout cas merci Jean-Philippe :)

  26. FG says:

    merci pour cette suite (que je lis en retard… mea culpa).
    je suis assez d’accord avec ce que tu y développes, ou du moins ça rejoint mes observations.
    je suis sur qu’on va aboutir à une conclusion mettant en relation étroite l’environnement de l’individu et le développement de ses capacités.
    en tout cas c’est là que j’aboutis.

  27. Jean-Philippe says:

    @Antoine Ça me prend entre 5 et 10 d’heures de travail pour la rédaction et la révision. Il faut aussi penser, en amont, à la lecture des différents livres – j’en suis à 6 – et au travail de recherche pour vérifier les exemples ou en trouver de meilleurs.
    Par contre, le plan était tout simple car il me suffisait de suivre les 5 conditions de la pratique délibérée. 😉

    @FG Chaud ! :)

  28. Antoine says:

    Merci pour ta réponse Jean-Philippe. ça rejoint ce que je pensais : quel travail de titan ! … mais quel résultat : top !

    Au plaisir.

  29. Jean-Philippe says:

    Merci Antoine ! et bonne continuation en Australie. :)

  30. Nathalie says:

    je suis en retard, mais je continue… 😉

  31. Sidonie says:

    Je l’avoue : j’ai exercé cette ingrate profession d’enseignante… Des génies? Des idiots? Dans une classe? Il n’y en a pas… Il y a des gosses… De chacun, on peut tirer quelque chose… On n’est pas toujours la bonne personne au bon moment. On n’a pas toutes les clés… Ma toute petite fierté : une gamine de huit ans, échec scolaire total, délaissée pas son instit, engueulée par les parents, moquée parce que c’est une “rouquine”. Le premier jour qu’on me la confie, je comprends au moins ça, que ce sont ses – splendides – cheveux roux qui la hantent. Je vais chercher mes livres d’art et je lui montre toutes ces femmes aux cheveux roux qui ont inspiré les peintres. Elle veut tout regarder. Je découvre qu’elle a un formidable talent pour le dessin… Depuis, nous rigolons ensemble, nous prenons notre petit goûter ensemble, elle me raconte ses petites histoires, je l’écoute, etc….. Bref, elle n’est pas devenue un génie. Cependant, en deux ans de travail assidu – car elle en veut la petite – elle n’est pas devenue le génie de la classe mais toutes ses notes sont passées au-dessus de la moyenne… Mais comment faire un tel boulot avec une classe de trente gamins?

  32. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Sidonie, c’est une belle histoire et tu la racontes vraiment bien ! Le constat que tu fais est très juste et il y a des solutions mais je ne pense pas qu’en haut-lieu on soit prêt à les prendre. 😉

    PS : Géniale l’idée des livres d’art.

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