Écrire ses buts, c’est risquer sa vie

Le doigt de Ra ?
L’article ci-dessous est la mise à jour traditionnelle de mes bonnes résolutions pour 2011. L’histoire est longue, donc si vous préférez juste savoir où j’en suis dans ces bonnes résolutions, je fais un bilan en 5 lignes tout en bas. Ça vous économisera du temps !

—-

Tôt un matin, il y a quelques jours, on frappe à la porte. Quand j’ouvre, deux hommes vêtus de costumes sombres, me dévisagent d’un air inquisiteur.

“Monsieur Touzeau ?” me demande celui qui semble être le chef.
“Oui c’est bien moi,” je réponds, un peu inquiet quand même.
“Nous représentons le SCORA et nous avons à vous parler.”

Les derniers mots sont prononcés avec une voix encore plus grave, comme si plusieurs mauvaises nouvelles m’attendaient. Une carte tricolore est brandie sous mon nez.

J’essaie de sourire.

“Le SCORA ?”
“Oui monsieur Touzeau. Le Service de Contrôle des Objectifs Réellement Accomplis, organisme discret qui intervient toujours en derniers recours.”
“Mais moi j’ai rien fait !”
“Justement monsieur, c’est bien ça le problème. Pouvons-nous entrer ?”

Je les conduis dans ma cuisine.

Ils s’asseyent en face de moi, droits comme des piquets, le visage sombre. Le chef fait un signe à son assistant qui sort rapidement un dossier de son attaché-case. Il le tend à son chef qui le pose bien à plat devant lui. Je peux lire, à l’envers, mon nom écrit en grande lettres rouges.

Il ouvre le dossier, tourne quelques pages, stoppe quelques instants, reprend son manège pour finalement s’arrêter et tapoter de ses doigts parfaitement manucurés quelques lignes dactylographiées.

“Oui, monsieur Touzeau, c’est ça.”
“C’est ça, quoi ?”
“Vous n’avez rien fait.”

Un silence pesant s’installe dans la cuisine.

“Monsieur Touzeau, si vous le voulez bien, reprenons depuis le début.”

Il fait tourner le dossier à 180 degrés pour que je puisse lire ce qu’il y a d’écrit sur la page.

“Nous avons ici un document, daté du 3 janvier 2011. C’est bien ça ?”
“Euh… oui.”
“C’est bien vous qui l’avez écrit ?”
“Oui mais…”

Le chef porte son index à sa bouche pour mimer un “chut” tranquille. Il ramène ensuite son doigt sur la feuille et le pose doucement au-dessus de quatre lignes soulignées en rouge. Son ongle est parfaitement limé et vernis. Du travail de précision.

“Pouvez-vous lire ces quelques phrases ?”

J’hésite une seconde et je me penche un peu avant.

Continuer à écrire 2 articles par semaine jusqu’à la prochaine mise à jour dans 6 mois. Mener à bien le projetCloudbraining.”

Je m’arrête et je regarde le chef.

“Après, il y a une onomatopée écrite entre parenthèses. est-ce que je dois aussi la lire ?

Il hoche la tête. Je reprends sans conviction.

Yeah.”

Ça sonne vraiment faux dans ma cuisine, un dimanche matin.

Il me fait signe de poursuivre ma lecture.

Publier deux nouveaux ebooks. Écrire le premier jet d’un roman.”

J’ai prononcé les derniers mots avec difficulté.

De ses mains trop propres, il retourne à nouveau le dossier pour le consulter et poursuivre, sans me regarder.

“Voilà, monsieur Touzeau. Des promesses, rien que des promesses, écrites au lendemain de fêtes bien arrosées. Ce sont pourtant vos bonnes résolutions.”

Je commence à me réveiller.

“Dites donc, vous y allez un peu fort, là. Vous n’avez rien d’autre à faire que de lire des blogs et de venir ennuyer les gens au petit matin ?”

Il soupire.

“Notre équipe est trop petite pour contrôler toutes les promesses et buts écrits par tous les blogs de France. Ainsi, nous choisissons nos cibles. Comme vous avez déjà un lourd passé, nous vous suivons de près, car vous pourriez être un vrai danger.”

J’écarte les bras en signe d’incompréhension.

“Écrire ses objectifs est une chose facile. Les accomplir est une autre histoire. Nous voulons absolument éviter que nos concitoyens pensent qu’il suffise de rédiger quelques lignes sur un bout de papier pour y arriver. Nous poursuivons sans-merci les serial rédacteurs d’objectifs.”

Il se penche à nouveau sur mon dossier.

“Et vous en êtes un. Cela fait quatre fois que vous les écrivez. En deux ans !”

La façon dont il a prononcé le mot quatre ne me rassure pas. Comme si j’étais un prix. Un coup unique. L’occasion d’une vie.

“Alors monsieur Touzeau, ce premier jet d’un roman ?”

Silence dans la cuisine.

“Ces deux ebooks ?”

Nouveau silence pesant.

“De plus, nous avons perdu votre trace au Japon. Vous avez tenté de prendre la fuite et de disparaitre. Comme si vous vouliez échapper à vos responsabilités écrites. Mais nous vous avons retrouvé, caché ici, en France.”

Il fait une pause.

“On n’échappe pas au SCORA monsieur. On n’échappe pas à ses but écrits !”

Son doigt s’est levé, haut, vibrant dans l’air, illuminé par un rayon de soleil matinal.

J’aspire un grand coup.

“D’abord, je ne me suis pas échappé. Nous avons décidé, avec ma compagne, de venir en France à cause des conséquences actuelles et sans doute à venir, issues de l’accident de la centrale de Fukushima. On ne pense pas que l’endroit soit bon pour élever sereinement un enfant.”

Les deux hommes se regardent, surpris.

“Ensuite, même si je n’ai pas avancé d’un millimètre sur mon projet de roman, reconnaissez que j’ai des circonstances atténuantes. Avec ma coach en écriture on avait prévu de s’y mettre en mars et c’est le 11 de ce mois là que nous avons subi le tremblement de terre et le tsunami.”
“Un but reste un but, monsieur Touzeau. Des gens vous lisent et vous font confiance.”
“Je sais. Mais j’explique toujours moi-même qu’écrire ses objectifs, cela veut dire passer un contrat public pour s’aider à avancer et que, malgré tout, chaque année, environ 30% de ces buts échouent. C’est normal, nous ne sommes pas des robots, des choses se produisent, les circonstances changent.”

Pendant quelques instants, la cuisine est à nouveau silencieuse. On entend au loin une tondeuse à gazon.

“Et puis, il a déjà accompli certains de ses buts.”

Le chef et moi, surpris, nous nous tournons vers l’assistant qui, de sa voix fluette, vient de parler pour la première fois.

“Dites donc, vous travaillez pour le SCORA ou Révolution personnelle ?” lui lance le chef, pas content.

L’assistant rougit un peu et baisse la tête.

“Il a raison. J’ai quand même écrit mes deux articles par semaine jusqu’à ma pause estivale. J’ai lancé le challenge Cloudbraining qui s’est déjà déroulé par deux fois et qui sera à nouveau ouvert en septembre !”

Je crois entendre un “Yeah !” étouffé du côté de l’assistant.

“Et vos deux ebooks alors ?” demande le chef, un peu énervé.
“J’en ai déjà sorti un, Reconquérir sa vie et le deuxième est presque sur les rails.”

Nous entendons distinctement “Et toc !” et nous regardons à nouveau l’assistant qui lui, est maintenant rouge comme une pivoine.

“Ça suffit, maintenant !” aboie le chef. “Vous et moi, nous aurons à parler une fois rentrés au bureau.”
“D’accord, mais vous oubliez un détail important dans ce dossier,” lui répond, enhardi, son assistant. Sa voix, toujours fluette, prend de l’assurance. “Monsieur Touzeau a écrit ses objectifs sur un an. Il lui reste donc quatre mois pour les accomplir.”

A mon tour, je lève un doigt.

“Là oui, il apporte un bon point quand même.”

Le chef devient nerveux.

“Et ça va changer quoi ?”
“Jusqu’à la fin de l’année, je peux encore accomplir pas mal de choses. Je peux même les modifier…”

L’assistant, encore plus emballé, presque joyeux, m’interrompt en lisant une page de mon dossier.

“Et ici, vous dites même qu’à mi-parcours vous réajustez vos buts, vous en créez parfois de nouveaux, plus en résonance avec ce qui a changé dans votre existence !”

Le chef dévisage son assistant de haut en bas.

“Vous roulez pour qui, vous ?”
“Pour personne,” je réponds. “Ce qu’il dit est vrai. Je change toujours certaines choses à mi-parcours car un chemin de vie doit rester souple.”

Le chef se retourne vers moi, fronçant les sourcils. Il sort un stylo de sa poche et tourne la dernière page de mon dossier qui est blanche.

“Alors monsieur Touzeau,” dit-il d’une voix trop suave, “quels changements comptez-vous donc implémenter d’ici la fin de l’année ?”

J’avale lentement ma salive.

“Eh bien… tout d’abord, j’ai commencé à sérieusement développer mon activité d’accompagnement, Les clefs pour changer. Cela concerne tous ceux et toutes celles qui veulent franchir des caps, atteindre un but, sortir de situations où ils procrastinent pour aller vers des choses dont ils ont envie. Après le tsunami, c’est devenu très important pour moi d’accomplir ça. Comme une prise de conscience.”

Le chef arrête d’écrire.

“Ça va nous faire du travail en plus, tous ces petits nouveaux avec des objectifs. Vous ne pourriez pas un peu arrêter d’encourager les gens à atteindre leurs buts, non ?”

Je ne relève pas et je continue.

“Concernant le premier jet de mon roman, là, je reconnais que ce sera plus dur. J’ai déjà pas mal écrit pour différenteshistoires et il faut simplement que je décide laquelle poursuivre jusqu’au bout.”
“Moi j’aime bien La baiseuse,” lance l’assistant avec un petit sourire.
“Restez professionnel s’il vous plait,” lui répond le chef en tapant violemment du doigt sur la table. “Et puis, on ne sympathise pas avec les suspects.”

Sa remarque me fait bondir.

“Vous y allez un peu fort ! Je suis suspecté de quoi ?”

Le chef me répond sans me regarder. Il est plus occupé à observer son index. Il craint d’avoir abîmé son ongle.

“Vous êtes soupçonné de désinformation et d’abus de pouvoir. Je vous le rappelle : on ne lance pas de paroles en l’air, monsieur Touzeau.”
“Mais j’ai bien l’intention de les atteindre ces buts, au moins à 70% et ce sera déjà pas mal !”
“Oui !” souffle l’assistant.

Le chef porte d’un coup son attention de son ongle à son assistant, pour le foudroyer du regard. Il  se lève brusquement.

“Nous partons. Rester dans cette atmosphère nocive de serial rédacteur d’objectifs risque de nous contaminer,” dit-il en lançant un autre regard oblique à son assistant. Il pointe son index au vernis écaillé vers mon visage. “Le SCORA vous garde à l’œil, monsieur Touzeau et soyez certain que nous ne manquerons pas de vous rendre une petite visite de contrôle, début 2012.”

J’ai envie de mordre ce doigt.

Il commence à partir puis fait volte-face.

“Et nous vous retrouverons. Où que vous vous cachiez dans le monde.”

Il sort de la cuisine en regardant encore son index.

L’assistant range mon dossier dans l’attaché-case et se lève à son tour pour le suivre. Il me jette un bref coup d’œil puis, discrètement, il pose une feuille de papier sur la table. Il s’éloigne rapidement et j’entends la porte claquer derrière eux.

Le silence envahit la maison. J’ai l’impression d’avoir rêvé.

Oui c’est ça, j’ai dû rêver.

Pourtant, sur la table, il y a cette feuille.

Doucement, j’avance la main et la fait glisser vers moi.

Je lis. C’est une simple citation.

Savoir Continuer ses Objectifs Reste Admirable.

———

Pour les pressés, voici donc mes buts réajustés :

– Continuer à proposer deux articles par semaine
– Publier mon deuxième ebook de l’année
– Continuer à développer Les clés pour changer et Cloudbraining
– Atteindre 50 000 mots de brouillon pour mon roman
– Et évidemment, bien nous installer en France. 😉 (Chut, ne le dites pas au SCORA !)

——–

(Photo : Bill Gracey)

Commentaires

27 commentaires pour “Écrire ses buts, c’est risquer sa vie”
  1. Coumarine says:

    J’adore la façon dont tu nous parles de tes objectifs, cher Jean-Philippe… avec humour et pourtant très clairement
    J’ai l’impression vraiment que tu n’as plus aucun besoin de quelque coach que ce soit… tu as fait des progrès incroyables depuis les débuts de tes billets
    C’est tout un art d’introduire des petits détails concrets (le type qui observe l’état de ses ongles….)
    J’ai souri tout au long de ma lecture… rien que pour ça je te remercie
    (et puis j’ai pensé que je pourrais bien avoir aussi la visite de la SCORA oups!

  2. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Nicole ! Ces jours-ci, je pense beaucoup à toi et à la belle leçon de vie que tu nous donnes. Ton dernier billet en est d’ailleurs un exemple touchant. Mais de toute façon, nous allons encore faire un bout de chemin ensemble, que ce soit en Arizona ou dans le désert. 😉

    PS : Le SCORA ne nous aura pas ! 😀

  3. nana fafo says:

    ohhh j’ai beaucoup ri, bienvenue parmi les “serials” pour moi “crocheteuse” et pour toi “rédacteur d’objectif”. Ton style est vraiment captivant ! j’ai hâte de lire la suite des 9 étoiles du désert … et j’espère que tu sortiras ce roman un jour, car l’important est d’avancer peu importe le rythme.

  4. Jean-Philippe says:

    Merci nana ! On s’en occupe et je te souhaite une bonne rentrée. Pour le roman, ça se fera aussi, tranquillement, avec ou sans le SCORA derrière moi. 😉

  5. Michael says:

    Salut Jean Philippe,

    la forme de ton article est super! Tu as vraiment beaucoup d’imagination, j’adore!

    l’image est d’autant plus vrai que la SCORA est déjà venu plusieurs fois chez moi. Mais seulement pour me critiquer et me rabaisser sans tenir compte de mes succes… ou alors en les minimisant. Maintenant, je me donne de plus petits objectifs et je mets en valeur mes succes.

    A bientot. :)

  6. A Algérie says:

    je découvre cette page, et je la trouve intéressent, cette lecture ma donnée l’envie de fixer des nouveaux objectif dans ma vie.

    merci

  7. ChrisToonet says:

    Bonjour ! Je ne trouve pas de page avec le lien ” Les clés pour changer ” ??
    Sinon toujours bravo ! Quel talent d’écrivain ! Et quoi qu’en disent les gens du SCORA je suis certain que les objectifs seront tenus !! Et que nous en profiterons avec bonheur ! Merci JP !

  8. ChrisToonet says:

    Encore moi ! je parlais du lien dans le texte, car celui en bas dans le résumé fonctionne bien !

  9. Jean-Philippe says:

    @A Algérie Merci pour les compliments et bonne chance pour les objectifs. 😉

    @ChrisToonet Merci à toi pour ton soutien sans failles ! et merci aussi pour la remarque sur les liens. Voilà, tout est rentré dans l’ordre. :)

  10. Jean-Philippe says:

    @Michael Exactement ce qu’il faut faire ! Belle stratégie et surtout, on ne dit rien au SCORA. 😉

  11. Philippe says:

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne rigole pas ‘chez les Touzeau’ au petit matin !!! En tout cas, moi aussi, j’aime bien ‘La baiseuse’. C’est peut être une impression erronée, mais j’ai ressenti en lisant cette histoire une différence de style et une nouvelle assurance. Que du prometteur quoi :) !!!
    Bon promis, on ne dit rien au SCORA et on laisse venir la suite ^^

  12. fabrice says:

    Bon courage pour les objectifs!
    Lequel te semble le plus dur?

  13. Jean-Philippe says:

    @Philippe Merci pour les compliments sur La baiseuse ! Maintenant nos matins sont beaucoup plus calmes. 😉

    @fabrice Tu vas rire : la réadaptation à la France. Plein de petites choses auxquelles je ne pense pas. Par exemple, j’ai encore du mal à prendre mon grand sac plastique pour aller faire mes courses. Systématiquement, je me retrouve à la caisse, sans sac, avec juste mon caddy… Ceci dit, je trouve que c’est une excellente mesure, simple et efficace. Il y a une leçon à tirer là, sans doute l’objet d’un futur article. 😉

  14. Moi aussi j’avais un projet de roman… il est toujours la, dans les cartons. 20 premières pages qui trainent ^^

  15. Jean-Philippe says:

    Ah oui ? C’est dommage, mais peut-être que ce n’était pas ton truc ? Sinon, il y a NaNoWriMo qui pourrait t’aider, mais c’est intense. 😉

  16. Grégory says:

    Voila, c’est malin : maintenant je n’ose plus ouvrir ma porte quand quelqu’un vient y taper …

  17. Jean-Philippe says:

    Grégory, méfie-toi ! Maintenant, c’est certain, tu es en bonne place sur les listes du SCORA. 😀

  18. Grégory says:

    @Jea-Philippe: vu mes scores de l’année, j’en doute pas :-( !

  19. Jean-Philippe says:

    @Grégory …promis, si j’ai un tuyau je te préviens de leur venue. 😉

    (De “scores” à SCORA, il y a un pas (et un jeu de mots) que je n’oserai faire de peur de représailles !)

  20. Grégory says:

    @Jean-Philippe: Arf ! C’est sur, après un tel jeu de mots, pourtant totalement involontaire, je vais y avoir droit …

  21. infoalgerie says:

    au contraire je trouve qu’il faut écrire ses objectifs. toutefois bravo pour la manière dont tu écris les tiens.

  22. Agathe says:

    Tout comme Piotr moi aussi j’avais un projet de livre, j’ai écrit quelques pages il y a 15 ans, puis 4 pages il y a 5 ans. Je viens de retomber dessus et ça me travaille, et si je m’y remettais pour 2013 ??

    • Merci beaucoup Agathe pour ton commentaire !

      Si tu ne veux pas te faire attraper par le SCORA, on va commencer demain un challenge Cloudbraining qui sera justement consacré à l’écriture et à la publication de son livre. 😉

      PS : Mais, chut !… moi je ne t’ai rien dit, d’accord ?

  23. Annick says:

    Bonjour Jean-Philippe,

    J’ai bien aimé ce recul que tu as sur toi-même. Reste un démarreur d’objectifs ! Tu fais du bien à beaucoup. Je te remercie d’expliquer que c’est possible même avec rien.
    Bon vent à toi et à tout tes projets !

Commentez ce billet