Le secret de la vraie communication

Par le 24 August 2009
dans Solutions simples

La sincérité c'est comme un bébé qui sourit. Tout le monde y est sensible.

La communication est la base de notre vie. Et pas seulement de nos jours où nous sommes tous connectés à travers de multiples réseaux sociaux comme facebook ou twitter. La communication a toujours été la clef du développement de l’être humain, par exemple avec l’apparition de l’écriture il y a plus de 5000 ans.

Communication codée

La vraie communication, celle qui a le plus d’impact, celle qui est directe, d’homme à homme, est bien plus ancienne et elle n’a pas changé. Lorsque vous arrivez le matin face à votre collègue de bureau et que vous lui dites “Bonjour, ça va?”, vous pratiquez la forme de communication la plus ancienne qui existe, celle de deux êtres qui échangent des sons codés.

Je sais, ça fait un peu primaire comme définition, car on imagine tout de suite deux hommes de Cro-Magnon échangeant quelques râles avant de se taper dessus à coups de gourdin. Oui, ça aussi c’est une image incorrecte de l’Homo sapiens, mais je n’ai pas pu résister. ;)

De nos jours, nous avons rangé les “gourdins” pour sortir les portables. Pourtant les résultats sont les mêmes. Souvent nous faisons des erreurs dans notre façon de communiquer avec ceux qui nous entourent. A force, cela peut provoquer des conséquences graves, que ce soit dans le domaine privé ou professionnel. Alors, comment communiquer vrai?

Une seule voie

Il n’y a pas de formule magique. Il n’y a qu’une seule solution. Ce secret vous le connaissez bien: la vraie communication est fondée sur la sincérité. Depuis des millénaires, cela n’a pas changé. La seule forme de communication efficace entre deux êtres humains est basée sur ce principe. C’est si simple, mais si difficile à appliquer.

Revenons à votre collègue de travail. Quand vous lui demandez “Comment ça va?”, bien-sûr vous ne pensez pas réellement ce que vous dites. Vous n’êtes pas inquiet pour sa santé. C’est juste un code que nous utilisons pour nous dire bonjour. Il serait épuisant d’être sincère à chaque fois que vous dites “Ça va bien?”. D’ailleurs la réponse “oui merci et toi?” fait aussi partie de ces règles sociales que nous apprenons dès l’enfance. Ces codes ont tendance à nous faire oublier qu’une phrase prononcée a un impact réel sur la personne avec qui l’on parle.

Le pouvoir des mots

Quand vous êtes face à face avec quelqu’un, chaque phrase que vous allez prononcer est comme un message subtil qui va toucher votre interlocuteur ou interlocutrice au plus profond. Même s’il n’en a pas conscience. Même si elle ne le montre pas. Vous avez toujours, à ce moment-là, une décision à prendre. Est-ce que vous allez être sincère dans vos paroles ou est-ce que vous allez les envelopper dans un voile d’hypocrisie?

Votre patron, votre copine, votre compagnon, votre collègue, votre femme, votre enfant vous leur parlez comment? Par omissions ou en leur disant toute la vérité? Personnellement, je sais que je ne peux pas toujours être réellement sincère. Il y a des moments où la vérité est trop difficile à dire, à accepter. Alors je joue sur les mots, je biaise.

Pourtant cette sincérité c’est notre seul billet pour une vraie communication. Elle nous permet de faire le tri dans notre vie. Quand vous dites vraiment ce que vous pensez à un ami qui vous demande un conseil, vous lui rendez service. S’il n’est pas content de votre réponse et vous fait la tronche, est-il vraiment un ami?

Au travail, ça semble difficile d’être sincère. Mais si vous évitez de répéter les commérages et vous dites la vérité quand on vous demande votre opinion, vous vous forgerez une réputation d’honnêteté. Elle fera de vous une personne incontournable au sein de votre entreprise. Si cette attitude n’est pas appréciée, pourquoi voudriez-vous continuer à travailler dans un lieu qui accepte la malhonnêteté?

Et en famille? Si vous n’êtes pas sincère avec votre femme, votre compagnon, vos enfants, qu’espérez-vous recevoir d’eux en retour?

Dites-le avec des fleurs

Ma compagne, Takako, est d’une sincérité redoutable. C’est un trait commun à beaucoup de Japonais. Quand je lui pose une question, elle me répond franchement. Lorqu’elle n’aime pas quelque chose, elle me le fait savoir. Si j’essaie un t-shirt que j’aime beaucoup et que je veux acheter, un “non, la couleur ne te va pas” clair et net de sa part, me laissera pantois et bouche bée. Quand quelque chose dans notre relation ne lui plaît pas, j’en suis informé très vite. Encore une fois, c’est clair, c’est net mais sans sous-entendus ni calculs.

Si vous êtes comme moi, un fan d’Astérix, il y a une chose que j’adore c’est quand Uderzo dessine des fleurs dans les bulles de dialogue, pour indiquer qu’un personnage essaie de parler avec diplomatie. Je rêve parfois que Takako me parle de cette façon, surtout pour les sujets qui touchent mon ego. :)

Ceci dit, avec le temps, j’ai appris à apprécier cette sincérité nippone. Je sais que je peux lui faire totalement confiance. Par contre, si vous n’êtes pas Japonais, je vous recommande d’être un peu plus diplomate quand vous êtes sincère. Pensez aux fleurs d’Uderzo!

Le prix de l’hypocrisie

Mais, à chaque fois que dans ma vie je ne suis pas sincère, plus tard, j’ai toujours une petite sensation d’inconfort, une petite gêne. Vous aussi? J’essaie de l’oublier en mangeant des biscuits, du chocolat. D’autres utilisent l’alcool.

Je le redis car c’est important, ce manque de sincérité, mon interlocuteur le ressent aussi. Ce n’est pas toujours conscient mais on sent quand quelqu’un ne nous dit pas la vérité. On le sent bien lorsque quelqu’un enjolive. On a ce feeling, cette petite voix dans la tête qui nous souffle qu’il y a quelque chose de “pas clair” dans cette histoire. Bien-sûr, nous sommes adultes, alors on étouffe souvent cette petite voix.

Si vous me dites qu’un jour, vous avez vraiment cru quelqu’un et qu’en fait cette personne vous a menti sur toute la ligne, je doute que ce soit vrai. Il est probable que vous vouliez vous convaincre que votre interlocuteur ou interlocutrice disait la vérité, c’est tout. D’ailleurs, c’est pour ça que “les histoires d’amours finissent mal, en général”, comme disaient les Rita Mitsouko.

Notre société n’encourage pas vraiment une communication sincère mais ce n’est pas une raison pour ne pas l’appliquer. Chaque fois que vous ouvrez la bouche, pensez que ce que vous allez dire a un poids émotionnel. Vous avez une responsabilité.

Lorsque vous vous retrouverez en face de votre client ou de votre fils de 15 ans, quelle sera la meilleure solution? Leur servir un discours tout préparé et emballé dans du papier cellophane ou vraiment, vraiment, vraiment, leur parler avec sincérité? Quel est votre niveau de respect pour eux?

A long terme, l’hypocrisie ne paie pas. La sincérité oui. Avec les fleurs d’Uderzo. ;)

(Photo: adroit)

Commentaires

74 commentaires pour “Le secret de la vraie communication”
  1. Mehdi says:

    Salut JP, en haut de l’article c’est mentionné 54 commentaires alors qu’il n’ya que deux + celui là :D

    J’aimerai vous demander un article ou bien proposer a la “foire des blogs” de choisir le sujet de la “Persistance” .

    Merci

  2. lilia says:

    veuillez m’informer si vous êtes un journaliste ou un éducateur SVP…car votre article est proposé au sujet de BAC et on demande à la première question si l’auteur est un journaliste ou un éducateur..malheureusement il n’y aucun indice qui indique l’un ou l’autre.merci d’avance.

  3. nani says:

    Bonjour à tous.
    J’aimerais avant tout rassurer les candidats au bac algérien 2011.
    Certes le texte était très intéressant. Toutefois, les questions portaient à confusion. D’abord, on ne cite que le prénom de l’auteur. Ensuite, on embrouille le candidat à travers des propositions qui se rapprochent énormément.
    Alors chers candidats, sachez que pour le sujet 1: dans le corrigé officiel, on a accepté les deux propositions ( journaliste + éducateur)
    pour la question 8: on a accepté deux propositions ( exprimer un point de vue + inciter les gens à communiquer entre eux).
    Au nom de tous les enseignants et inspecteurs de français, je vous présente nos excuses pour vous avoir proposé un sujet ( et là je parle du questionnaire) qui a dû vous brouiller les idées.
    Je remercie Mr Philippe Touzeau pour la gentillesse qu’il a eu en répondant à nos chers enfants.
    Cordialement une correctrice de français

    • Mohand says:

      Bonjour,
      Il me semble que les critiques ne sont pas fondées. Pour les questions de compréhension, il me semble qu’elles sont judicieuses.
      La question 1 , le candidat du BAC (et non pas du brevet) est amené à partir d’indices du texte à cerner l’émetteur : l’origine et la date laisseraient surement supposer qu’il s’agit d’un article de presse et le contenu est très pédagogique.
      Pour la question 8, loin d’embrouiller le candidat avec des propositions très rapprochées, celui-ci doit faire preuve de discernement. Il s’agit bien d’une question de compréhension et les items proposés doivent être rapprochés tout en s’excluant.

  4. lydia says:

    monsieur jean-philippe est connu il est educateur :)

  5. Jean-Philippe says:

    @nani Merci beaucoup pour ces précisions ! J’étais moi-même un peu troublé pour répondre aux questions, mais maintenant c’est clair. :)

  6. nani says:

    Pas de quoi et merci encore pour vos textes.

  7. Rédha says:

    Bonjour

    pour la 9e question dans le sujet de la communication :

    je pense qu’elle est vague .

    je ne pense pas que le blogueur incite les gens à communiquer entre eux

    le thème , les idées et le but du texte est loin de cette proposition

    à mon avis , si vous voulez accepter deux réponses , de préférence acceptez (exprimer un point de vue + présenter les avantages de la vraie communication )
    car l’idée de la vraie communication existe dans le texte et elle a une relation avec son but …

    Qu’en pensez vous ؟
    je veux l’intervention de l’enseignant , les élèves et de Jean-Philippe
    S.V.P

  8. nani says:

    Bonsoir Rédha.
    J’avais pensé comme vous au début et le fait que des enseignant et des inspecteurs butent sur une question, il est injuste de sanctionner les élèves en leur demandant d’être plus intelligents que nous.
    Cependant, je souhaite que cette méprise ne se répète plus jamais.
    Cordialement…

  9. hamza says:

    je pense que la 9 question été trés inormalllll

  10. Philippe says:

    Bonsoir Jean-Philippe,

    Je ne sais pas si c’est typique au japonais. Ma femme est chinoise, et c’est un peu la même chose. Concernant l’apparence, elle est super directe, et le dit franchement quand ça ne lui plait pas, ou ça quand ça lui plait aussi d’ailleurs. ;)
    Parfois ça fait un peu l’effet d’une claque, mais au moins ça a le super mérite d’être clair, et honnête. :)

    Je suis donc d’accord avec toi pour l’honnêteté, et encore plus sur les fleurs d’Uderzo.
    Tu as probablement déjà entendu parler de Mehrabian, qui a fait des études sur les formes de communications, où il en ressort que 93% du message passé est dans la communication non-verbal. Etonnant non?
    Donc vive les fleurs d’Uderzo ;)

    Je me permet de refaire 2 liens (j’espère que ça ne t’embête pas) où j’aborde le sujet de la relation/communication et du pouvoir des mots.
    http://apprendresursoi-et-avancer.com/relation-parle/
    http://apprendresursoi-et-avancer.com/pouvoir-des-mots/

    Parce-que même si le non verbal est capital, le verbal, comme tu le dis, est à mon sens aussi, super important.
    Les mots peuvent engendrer des maux… ou les guérir.
    :)

    • Merci beaucoup Philippe ! Je vois que nous avons le même type d’expérience. ;)

      PS : Merci aussi pour tes excellents articles que je recommande fortement fleurement. :)

  11. Super article , merci

  12. Philippe says:

    Domo arigato Jean-Philippe sensei ;)
    Et merci aussi par la qualité de tes articles
    :)

    • 先生じゃないよ! ;)

      (Ça fait très cool d’écrire en japonais mais, soyons “honnête”, je ne le parle que très peu. Il y a peut-être même une faute dans la phrase au-dessus. Je vais demander à Takako… qui me répondra “honnêtement” qu’une classe de CP japonais ferait mieux que ça…)

  13. Philippe says:

    Sensei janai?
    Oh, un peu quand même non? ;)
    Mes restes de japonais sont très lointains. Là j’ai pu transcrire, mais c’est grâce au traducteur google :p

  14. Philippe says:

    Maitriser c’est un très grand mot.

    Je le parle pour les conversations courantes de la vie de tous les jours, mais dès que ça devient un peu trop technique ou avec du vocable un peu complexe, je suis vite largué.

    Je le lis un petit peu. Disons que j’arrive à reconnaitre certains caractères, par contre je ne l’écris pas encore.
    Ca c’est une autre histoire… ;)

    Et toi, tu le lis et écris un peu (les gana ou les kanji)?

    • Moi je ne fais rien de tout ça, chapeau ! Je peux juste lire les kana et quelques kanji, c’est tout. :)

      A Tokyo, si tu parles anglais, tu peux vivre sans devoir parler un mot de japonais… et c’est bien mon erreur. :D

  15. Philippe says:

    C’est toujours ça.
    A Pékin, hormis les endroits super touristiques et les universités,avec que l’anglais, c’est assez dur. Donc là, j’avais pas le choix: pour langer je devais parler… Ca motive… ;)
    Tu es encore à Tokyo ou tu es rentré?

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