Un vague surfeur qui cueille son nord

Par le 26 January 2015
dans Ma vie en sashimi

Surfons !

Bizarre comme titre, non ?

Croyez-moi, d’ici la fin de cet article, il sera beaucoup plus clair et vous ne l’oublierez plus. 😉

Alors, nous-y voilà !

C’est reparti pour un peu moins d’un an. Un an d’espoir, de doutes, de questionnements, de rêves, de désirs, d’envies.

Un an pour se dire que, enfin, cette année, ce sera la bonne, celle du succès, du passage à l’étape (étage ?) supérieur, celle où enfin ceux qui nous connaissent vont nous regarder d’un air admiratif ou avec envie.

Ce sera celle où on aura atteint notre plein potentiel et où l’on va s’épanouir.

Ce sera notre apogée.

Ou peut-être pas.

Comment ne pas la rater ?

Périgée

Pour l’instant, dans ma propre existence c’est plutôt le contraire…

Je ne m’en suis pas rendu compte mais après avoir atteint grosso-modo mes buts principaux sur 5 ans en 2014, je me suis laissé porter par la vague.

Le problème avec les vagues, c’est qu’elles sont fortes au début (et très utiles pour les scanneurs !) mais qu’inévitablement, elles finissent par s’affaiblir puis disparaitre.

Et moi, je trouve que j’ai l’air d’un surfeur avec sa planche bien plantée à plat, dans le sable sec.

Pourtant, il m’a fallu du temps pour comprendre pourquoi je stagnais.

En fait, c’est tout simple, je n’ai plus de but, plus de direction, plus de boussole qui m’indique la voie. Ces 5 années ont été si intenses que je m’étais habitué à aller toujours dans le même sens. Une fois mes objectifs atteints, j’ai continué par pure inertie encore quelques mois et maintenant… et bien j’ai mon surf bloqué dans le sable.

Bon, évidemment, je ne me plains pas. :)

Tout va bien. Le petit samouraï grandit et ma série, La femme sans peur, vient encore d’écouler plus de 2000 exemplaires. Mais, étant un scanneur, j’ai besoin de nouveaux challenges.

Si je parle de tout cela, c’est que, peut-être, il se passe la même chose pour vous (buts passés réussis ou pas).

Apsides

Ainsi, je crois fermement que si on ne trouve pas son nord “intérieur” on gaspille son précieux temps sur Terre. C’est logique, non ? Si notre GPS n’a pas d’adresse programmée, comment peut-il nous guider ?

Ceci dit, tout cela n’a pas besoin d’être compliqué. Il suffit de savoir ce que l’on veut et puis d’y aller pas à pas, avec reculs, contretemps et réussites. Moi, en 2009, je voulais vivre en indépendant de mes revenus, créer un club privé type mastermind et avoir un bébé.

On peut se fixer des choses beaucoup plus précises ou plus vagues (de surfeur). Mais il faut à tout prix savoir où on se situe sur la carte et vers où l’on se dirige. Appelez-le ikigaï ou par tout autre nom néanmoins, il vous faut un point A et un point B.

Regardez autour de vous. La majorité des gens ne savent pas. Ils ont une “vie” routinière sans excès, ni écarts. Souvent même, ils ne se rendent même pas compte qu’ils vivent, respirent, vieillissent…

Je ne les blâme pas. Personne ne leur a expliqué. Ou alors on leur a bourré la tête de peurs toutes aussi imaginaires les unes que les autres.

Par contre, vous, vous savez.

Ne le niez pas car vous venez de lire ces lignes. Vous ne pouvez plus secouer la tête et vous boucher les oreilles. Maintenant vous connaissez le secret. Vous n’avez plus aucune excuse.

A vous d’y aller, maintenant !

D’ailleurs, qu’est-ce que vous risquez ? :)

Apogée

Pour en revenir à mon cas, malgré mon expérience, je suis retombé dans le même panneau trop bien concocté par la société. Je suis redevenu un vague surfeur, debout sur sa planche au milieu des sables et qui se demande pourquoi il n’avance pas. 😉

Bon, comme vous, je connais le secret, donc je ne peux décemment pas rester dans mon désert, sur mon surf, sans direction.

Mon intention dans cet article n’est pas de parler des détails techniques sur comment trouver son “truc”. Il s’agit plus de vous (et me) secouer par cette prise de conscience. Il y a de toute façon plein de bonnes méthodes qui vous expliquent comment trouver votre nord, votre vague.

Ainsi, faites comme moi, prenez quelques jours ou semaines afin de (re)définir vos objectifs pour 2015 et au-delà ! Posez-vous des questions, testez différentes réponses. Quelles sont celles qui vous donnent un délicieux frisson ?

Même si elles vous apparaissent incongrues maintenant, elles ne le seront peut-être pas dans le futur. En 2009, je n’aurais jamais cru que je pourrais vivre de ma plume et de mes histoires, sans appartenir à une maison d’édition.

Mais ça, c’était avant.

Et il y aura encore beaucoup “d’avant”. Il y aura autant d’avants qu’il y aura de futur, c’est à dire une infinité où chaque instant pourra être cueilli par celle ou celui qui le désire.

Ça laisse du choix, non ?

Alors, cueillez et surfez. 😉

Commentaires

26 commentaires pour “Un vague surfeur qui cueille son nord”
  1. MarieBo says:

    Intéressante réflexion, mais qui donne toujours un peu le vertige.
    L’important, c’est de bien choisir nos buts et de garder le focus. Personnellement, j’avoue que je dois développer de nouvelles habitudes dans un cas comme dans l’autre.
    Sinon, mes efforts partent de tous les côtés et l’attrait pour de nouvelles idées, de nouveaux projets me fait perdre ce cher “focus” régulièrement.
    Merci Jean-Philippe pour ce rappel ! 😉

  2. Julie Huleux says:

    Ô Surfeur dans le sable, ne te faudrait il pas tout simplement une toute nouvelle vague ?
    Une toute nouvelle série et donc un nouveau défi ?

    Nous vivons en effet tous des moments comme celui que tu décris, J-P, et cela fait du bien de se rappeler comment en sortir. De secouer le sable sur la planche pour pouvoir repartir.

    2015 sera une année de challenge. Même pour un homme accompli tel que toi ! 😉

    • Merci Julie ! Je me demande si je n’en ai pas trop fait finalement… parce que je ne me plains pas du tout de ma situation, j’ai beaucoup de chance. Simplement, je suis à la croisée des chemins et tes mots sont les bienvenus. :)

  3. emmanuelle says:

    Message reçu 5 sur 5 ! J’ai toujours eu besoin d’avoir des projets, des rêves réalisables pour me sentir vivre et évoluer. Ceux de 2015 sont encore trop vagues (de surfeur!), alors ton billet m’incite à préciser tout cela…
    à bientôt alors avec tout plein de projets enthousiasmants dans nos besaces !

  4. Fred says:

    Bonjour Jean-Philippe,

    Merci pour ce rappel !
    Chacun devrait imprimer cet article, l’afficher sur le frigo et le relire chaque matin. Sinon, il est si facile de retomber dans ses travers.

    Mais difficile pour moi d’imaginer que l’auteur de “La femme sans peur” puisse échouer sur le sable.
    Trinity n’est-elle pas censée nous faire vibrer, 10 volumes durant ?
    Elle et son acolyte Speedy ne vont-ils pas se lancer à l’assaut de l’Amérique ?
    Que de projets ambitieux et enthousiasmants !

    Sinon, comme tu le dis, le moment difficile est la redescente de la vague, lorsque l’on a atteint son sommet. Il faut avoir l’énergie de reprendre une suivante.
    Et c’est pour nous aider en ce sens que des coachs comme toi sont là 😉

    A bientôt,
    Fred

    • Exactement Fred ! Les 10 volumes sortiront et d’autres séries sont en préparation. Disons que je finis un chapitre de ma vie et que j’en entame un autre. La sortie US y est d’ailleurs aussi pour quelque chose. Merci pour ton soutien. 😉

    • Carla says:

      je pense que fred a parfaitement raison sur ces dires je te tire mon chapeau Fred

  5. Plumaplume says:

    Si je me laisse porter par ces mots, qui traduisent bien et le fond de ma pensée, et mon objectif pour cette année, je reste sceptique sur les possibilités de vivre de ma plume sans entrée quelconque dans le monde de l’édition… il faudra partager le secret ;-p

    • Merci Plumeaplume pour ton commentaire ! Si, si, c’est possible puisque je le fais. J’en ai déjà beaucoup parlé, il y a toute une façon de faire qui est différente et qui n’a rien à voir avec le monde de l’édition traditionnelle… 😉

  6. B. Majour says:

    Bonjour

    Des rêves ou des buts réalisables ?

    Où sont ceux irréalistes ? (Les : je n’aurais jamais cru)
    C’est dans ceux-là qu’on puise sa force… sa force d’idées, sa force de challenges.

    C’est vrai, on vieillit, on devient plus raisonnable. Ce genre de truc prend beaucoup moins d’importance “celle où enfin ceux qui nous connaissent vont nous regarder d’un air admiratif ou avec envie.“… s’il en a jamais eu.

    Ce qui compte, c’est la vague, c’est le vent dans le dos, le souffle du sable autour de toi. La folle farandole des projets et de leur écume. C’est le délicieux frisson de ceux qui nous font vibrer plus que les autres.
    Le haut de la vague.

    Intéressant de s’arrêter sur le sable pour mieux regarder la prochaine vague, son sommet, son point culminant. Ce n’est jamais du temps perdu de réfléchir pour mieux se re-élancer.

    Si le Père Noël a des élans, ce n’est pas pour rien. :o)

    Regarde les élans des enfants, eux ne regardent pas le temps précieux, eux ne regardent pas la difficulté : ils observent, ils font. Et si ce n’est pas pour aujourd’hui, ce sera pour demain quand ils auront grandi.

    Nous pouvons tous grandir chaque jour.
    C’est vrai que le désir de quelque chose, ça aide.
    l’Amibe_R Nard

    • Ah l’Amibe, toujours égal à toi-même !

      Qu’est-ce que tu veux que je rajoute après un commentaire comme ça ? Tu dis les choses si bien… alors comme dirait Nougaro, il faut juste “sourire et puis se taire.” 😉

  7. isabelle says:

    après des projets multiples, jamais aboutis, toujours remis à zéro, j’avais perdu mon élan, ma foi en moi.

    Les autres me dépassaient et me laissaient sur le sable, plutôt la tête dedans style autruche le cul en l’air mais en pleine asphyxie.

    Là ma vie pratique redémarre vraiment pour de bon.

    J’efface les mauvaises années même si je les occultais avec un vernis pour cacher mes misères…

    2015, nouveau logement, nouvelles belles et bonnes habitudes pour moi et mes filles.

    entre cartons, poussières et envie de pleurer de joie, je navigue et slalomme vers la vraie vie, la mienne.

    Merci Jean Phi d’avoir toujours les mots pour dire des ressentis tellement vrais, ceux des coeurs qui palpitent avec toi sur le chemin.

    • Bravo Isabelle, tu es comme le roseau (et je m’en doutais bien) ! Et rappelle-toi : je pense toujours que tu as un gros potentiel au niveau de l’écriture… 😉

  8. Jonathan says:

    Génial de voir une telle évolution en quelques années, tu nous inspires tous pour en faire autant de notre coté 😉

    • Comme moi j’ai été inspiré par d’autres et comme toi tu en inspireras d’autres Jonathan !

      Ah, je me sens poète ce matin… est-ce dû au soleil nippon qui se lève sur Shinagawa ? 😉

  9. scapa says:

    Eh bien, tout ça me rappelle le domaine de Nara, avec les daims en liberté…
    Bon blog, je vais en mettre le lien sur mon propre “travail”…
    Tu es en train de me redonner “la pêche”… ou l”abricot, comme tu veux.
    Depuis mes dernières “publications”, je suis un peu dans le creux de la création. Bien loin des 500 mots ! mais je vais me soigner…
    S.

    • Ta, ta, ta, Sylvain, 500 mots, c’est 500 mots. Même s’il y a des jours où cela ne “vient” pas, tu te dois à toi-même d’écrire ces fichus 500 mots. Y compris si c’est nul. Ne te juge pas. Écris. Souvent tu auras des surprises… 😉

      • scapa says:

        J’essaye ! Parfois 400 ou 600 (je fais une moyenne)…
        Mais en ce moment pas d’inspiration….

        • Moi quand je n’ai pas d’inspiration, je me lance sur une histoire complètement différente… pour voir ! Souvent, ce n’est pas brillant (comme ici) mais parfois cela me plait et cela débouche sur une publication. C’est le cas pour ma prochaine sortie, Les trois extases, une nouvelle série. 😉

    • Carla says:

      Lol, scapa c’est bien

  10. MarieBo says:

    Wow ! Les extases, ça promet ! 😉

  11. 500 mots, il faut que j’essaie !

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