La parabole du joint

Mon monde est juste là...

Cet article, sous une forme différente, est apparu ce matin pour tous les membres de la formation “Écrire et publier sur le Kindle”. Si, comme eux, vous voulez enfin finir ce roman ou ce guide que vous avez en vous et qui vous tient à cœur, vous pouvez encore nous rejoindre. Suivez vite ce lien pour en savoir plus. :)

Ce matin, je me lève, comme d’habitude, à 5h00.

Dans ma tête, tout est (plus ou moins) clair. Je sais ce que je vais faire. C’est ce que je fais tous les matins, histoire de me mettre en condition avant de commencer à écrire.

J’entre dans la cuisine et, sans allumer la lumière, je m’avance dans le noir pour aller boire mon verre d’eau matinal. Soudain, je m’arrête. Mes pieds touchent quelque chose de froid et d’humide.

De l’eau ?

Mon cerveau est tellement habitué aux mêmes gestes, à la même routine matinale que, pendant un instant, je reste immobile, les pieds dans l’eau, enveloppé par le silence de la nuit. (Et puis, je ne suis pas bien réveillé non plus…)

Pendant quelques secondes, je sens le froid qui s’immisce entre mes orteils et remonte déjà vers mes chevilles. En même temps, tout là-haut, ma conscience tente de lancer le moteur instinctif pour m’indiquer la marche à suivre…

Après un moment qui me parait assez long, je fais (enfin) un pas en arrière, hors de cette petite nappe d’eau et attrape une serviette pour me sécher les pieds.

Ce qui m’est arrivé ce matin, m’a tout de suite fait penser à ce qui se passe dans notre vie. On se crée des routines, on est content d’avoir trouvé son rythme de croisière existentiel quand soudain, patatras ! (pas Ricardo) un grain de sable (ou une goutte d’eau) vient enrayer la machine.

Et pourtant, il faut se préparer à cela : les imprévus de la vie.

Vous les connaissez, ils arrivent toujours au mauvais moment et, dans nos existences ultra occupées, calibrées, organisées, ils n’ont strictement rien à faire. Mais la nature à une jolie façon de se rappeler à nous, en nous montrant que nous vivons dans un chaos cosmique dont nous ne sortirons pas vainqueurs.

Sauf si on s’adapte. 😉

Alors le défi que constitue tout projet personnel dans lequel vous vous lancez est beau mais, malgré les innombrables précautions que vous prendrez, attendez-vous à des surprises, à des choses incongrues, à des événements non-prévus par votre agenda.

Avancer vers son objectif, spécialement s’il est artistique, c’est être en perpétuel équilibre entre sa créativité et tout le reste du monde qui vous rappelle constamment qu’il existe aussi. En clair, ce sont deux univers puissants qui se côtoient et parfois se heurtent, comme deux galaxies fonçant l’une vers l’autre, dans le grand vide sidéral.

Personnellement, je resterais bien dans mon monde à moi, où tout ce que je crée, histoires et personnages, correspond exactement à ce que je veux. Je le répète : ce n’est pas une bonne idée. On ne peut pas lutter contre la nature sauf à s’enfermer pour de bon (et pour toujours) dans son propre univers. Dans ce cas, on y perd tout le reste et le sens de la réalité.

Mais, si on accepte l’imprévisible, après le chaos, la paix revient. :)

Si vos plans sont chamboulés aujourd’hui, demain vous pourrez les suivre à nouveau, car bien que la nature bouleverse le monde, elle le fait avec élégance. Ainsi, vous n’êtes pas prisonniers. Vous pouvez toujours recommencer. Et vous devrez. C’est inévitable pour atteindre le but que vous vous êtes fixé. Les seules personnes qui ne réussissent pas ce qu’elles entreprennent, sont celles qui abandonnent en cours de route.

Alors, c’est facile : demain re-com-men-cez.

En douceur, d’un coup, en râlant (eh oui Christine !), sans respirer, sans réfléchir mais oui, demain, reprenez votre chemin (humide). :)

Pour aujourd’hui, prenez juste le temps d’observer l’inattendu qui va peut-être venir chambouler votre journée. Vous allez voir, il y en aura toujours un. Plus souvent petit que gros. Quand, il se produira, essayez de le voir comme une nouvelle manifestation de la nature, réajustez votre optimisme et dites-vous bien que c’est l’univers qui vous fait un clin d’œil.

Moi, ce matin, c’est mon frigo qui a fait des siennes. Le caoutchouc qui le tient hermétiquement fermé, a décidé de ne plus adhérer. Pourtant ce n’est pas vraiment lui le coupable. Il est juste impliqué parce qu’il est constitué de ces mêmes éléments qui constitue notre monde connu. Les atomes bougent. Les molécules valsent. Les portes de frigo s’ouvrent et se referment.

Selon le principe du perpétuel renouveau.

Pour tout recommencer, pour retrouver cette routine si confortable qui me permet de me sentir à ma place dans notre monde, il me suffit de remplacer le joint.

Alors, à nouveau, tout est en place, en parfait équilibre.

Et je peux retourner dans mon monde coloré, écrire, la tête dans mes nuages et les pieds dans l’eau. :)

Commentaires

18 commentaires pour “La parabole du joint”
  1. Thomas says:

    Beau regard sur les imprévus qui viennent parfois casser le déroulement de nos journées et qui peuvent générer de la frustration chez les adeptes des “to do lists”. Et pourtant tu le soulignes bien dans ta courte nouvelle : il suffit de re-com-men-cez demain et de vivre pleinement l’élégance de l’imprévu qui nous fait parfois découvrir de merveilleuses choses. C’est toujours un plaisir de te lire.

    • Merci Thomas ! Je reconnais que ce n’est pas facile tous les jours mais, à force, on devient un peu plus philosophe. On se rend mieux compte de ce qui est important. 😉

  2. Albin says:

    Voilà ce que sais de se balader pieds nus 😉

    J’ai le souvenir d’un livre que j’ai lu il y a longtemps, son auteur nous suggérait de prévoir chaque jour une dose d’imprévu. Je crois même qu’il parlait de 15%.

    Commencer votre journée en exécutant vos priorités, planifiées la veille, mais attendez-vous à une certaine dose d’imprévu.

    Je préfère cependant la définition que tu nous fais partager, ” et dites-vous bien que c’est l’univers qui vous fait un clin d’œil. ”

    Merci Jean-Philippe, de nous le rappeler.
    Bon maintenant il va falloir changer ce joint 😉

    Excellente journée,

    Albin

    • Merci Albin pour cette recommandation que je ne connaissais pas ! Je trouve ça excellent. Personnellement, je fais beaucoup de place à l’imprévu, certains diront même trop, à tel point que cela peut ressembler à de la procrastination déguisée… ce qui vrai, soyons franc. 😀

  3. Philippe says:

    J’adore les imprévus: ils me sortent de ma routine. Je m’en sert parfois comme opportunité.
    Toujours aussi génial tes écrits. Un vrai plaisir de te lire .

    Bises à tous !
    Philippe

  4. Merci beaucoup Philippe ! Je ne sais pas si tu te considères, comme certains d’entre nous, un scanneur mais nous on adore ça… tant que nos pieds ne sont pas mouillés. 😉

  5. Amibe_R Nard says:

    Comment tu n’as pas une case “imprévu” dans ta Todo list ? 😉

    Bon, c’était le jour du dégivrage, un peu plus tôt que prévu.

    Mais regardons le bon côté des choses. Tu étais pieds nus, tu aurais pu être en charentaises et devoir en plus les faire sécher. Ou mettre de l’eau partout avec des chaussures.

    Comme quoi c’était une bonne journée… pour changer (un peu) ses plans !

    Pour se rappeler que la vie est faite d’imprévus, autant que d’opportunités. 😉
    C’était le moment opportun pour s’occuper du frigo et être tranquille quelques années, ou quelques mois.

    Bien Amicalement
    l’Amibe_R Nard

  6. Merci beaucoup l’Amibe pour ta leçon d’optimisme !

    Je suis tout à fait d’accord avec toi et puis pour répondre à ta question sur la case “imprévu”, cela fait bien longtemps que je n’ai plus de Todo lists, ou alors juste pour les regarder. 😉

  7. Anna says:

    Simplement magnifique

  8. MarieBo says:

    Bonjour Jean-Philippe,
    Je re-lis le récit de ton aventure imprévue pour une 2e fois, vu qu’elle nous était offerte sur Cloudbraining. Ce qui est chouette avec ces incidents, c’est qu’on peut les noter dans notre journal personnel ou, dans un coin de notre mémoire (ou comme toi, sur un blog) et qu’éventuellement, on peut les réutiliser dans le cadre d’une histoire.

    Imagine que Trinity, par exemple, loue une maison. Je ne sais pas moi, en Italie, toujours par exemple. Et un beau matin, elle se lève et se rend dans la cuisine, pieds nus. Et elle se retrouve les pieds dans l’eau, tout comme son “créateur”.

    La description de sa réaction sera d’un réalisme sans pareil !

    Quand on écrit, il faut savoir engranger les surprises du quotidien. On ne sait jamais, ça pourra toujours servir. 😉

    • Merci MarieBo, tu as parfaitement raison ! Nous nourrissons nos écrits de nos expériences et je crois qu’on peut dire qu’on utilise aussi celle des autres (tout du moins dans mon cas). C’est ça qui est génial avec l’imagination, car avec des bases réelles, on peut extrapoler et rendre un récit parfaitement crédible… pour ses lecteurs et lectrices. 😉

  9. MarieBo says:

    Tu as bien raison, les expériences vécues par les autres sont aussi une excellente source d’inspiration. 😉

    Après tout, on ne peut pas TOUT expérimenter.

    Heureusement d’ailleurs. 😀

    • Excellent ! 😀

      (Disons que je n’ai vraiment pas pu expérimenter tous les ressentis de Trinity… et je ne parle même pas de ceux de Speedy !)

  10. Ah le fameux dégât des eaux qui ruine tous nos plans! Même si ça n’en était pas vraiment un dans ton histoire, ça me rappelle tous ces petits évènements qui viennent perturber le cours des choses. Sur le coup on rage et on peste, et avec le recul on se rend compte que cela nous a permis d’avoir d’autres opportunités ou de voir les choses autrement.

    • Merci Nicole ! Voilà exactement ce que je pense. Après, on peut le voir comme une opportunité ou comme une réévaluation de nos buts mais ce n’est pas grave, tant qu’on avance. 😉

  11. Yashamaru says:

    C’est écris avec beaucoup de légèreté.! Merci pour ce petit texte très intéressant à lire et à partager avec des gens qui ne sont pas forcément à l’aise avec la philosophie.

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