Croisade pour sa passion

Touchez pas à ma passion !

Cet article constitue ma participation à cette rencontre amicale, “À la croisée des blogs” qui est un évènement inter-blog dédié au développement personnel. Il est publié mensuellement et chaque nouvelle édition traite d’un thème original. Ce mois-ci, c’est Virginie, du blog éponyme, qui en est l’organisateur et qui nous a proposé de plancher sur “Devenir qui l’on veut vraiment être“.

“Je veux être pompier !” lance Baptiste, 8 ans, à sa famille.
“Mais tu voulais être policier le mois dernier,” lui répond son père, un peu surpris.
“Et il voudra sans doute être docteur ou footballeur dans 6 mois,” ajoute sa mère en riant.

Ce que les parents de Baptiste oublient un peu, c’est que, lorsqu’ils avaient son âge, ils avaient ces mêmes tendances à changer de carrière selon les évènements qui entouraient leur jeune vie.

Si je me rappelle bien, la première profession à laquelle j’ai songé très sérieusement à consacrer toute mon existence, a été celle de croisé. Vous savez, au Moyen-Âge, ces fous qui partaient en Croisade pour “sauver” Jérusalem ?

Une page d’Histoire

A l’époque évidemment, nous étudiions cette période historique et les récits fascinants des exploits de Godefroy de Bouillon et compagnie – complaisamment nettoyés de toute violence pour des élèves de CM1 – ne pouvaient que plaire à des garçons en culottes courtes au trop plein d’énergie.

D’ailleurs, si Godefroy était venu recruter de nouveaux éléments pour son armée, il aurait fait un carton dans la cour de notre école. Peu importe le salaire, tout ce qui comptait c’était la passion !

Vingt ans après, que sont devenus tous ces croisés en puissance ?

Au lieu de suivre l’appel de leur cœur qui, je vous le rassure, avait évolué avec leur âge et n’en était pas resté à la conquête de Jérusalem, ces anciens futurs héros ce sont, pour la plupart, retrouvés dans des bureaux gris où le seul danger auquel ils faisaient face était celui de l’imprimante au moment de changer la cartouche d’encre.

Comment en sont-ils arrivés là ?

Une histoire à faire peur

C’est très simple. Notre société adore suggérer.

Avec force.

Que ce soient nos parents – bien intentionnés – , nos profs, nos amis, les conseillers d’orientation, la télé, tout est fait pour nous pousser dans une embuscade. Et ceci est réalisé de manière très sournoise dans une attaque en tenaille que n’aurait pas reniée Godefroy de Bouillon dans les plaines de Palestine.

D’abord, on nous fait peur. Bouh ! Le grand méchant chômage montre toujours son ombre menaçante. On s’y habitue, il devient une part de notre vie. Ajoutez à cela une économie qui va toujours mal – depuis 1973 – et vous avez une attaque sur le flanc gauche de nos passions.

Et par la droite ? C’est très simple : une incitation à la consommation comme on n’en a jamais connue depuis que l’homme existe… et nous tombons dans le piège.

Nous achetons trop de choses inutiles.
Dès que nous avons une augmentation de salaire nous dépensons plus.
Nous voyons notre compte en banque systématiquement flirter avec le rouge.
Nous nous inquiétons toujours pour notre job qui doit financer tous ces achats.

Le cercle est vicieux.

La tenaille se referme et… ça fait mal, souvent pendant toute une vie.

Dans cette situation, on a depuis longtemps oublié qui l’on voulait être, quelles étaient nos possibilités, nos atouts, nos talents.

La peur fait tout oublier.

Une nouvelle histoire

Pour revenir à ses passions premières, je pense qu’il y a tout un travail de lavage de cerveau sur soi-même à faire. Oui, j’ai bien dit un auto-lavage-de-cerveau ! Il faut tout effacer. Remettre en cause tout ce qui nous a été dit. Sur la vie. Sur notre société. Sur nos talents. Sur nos possibilités.

Certains, avant la grande attaque en tenailles ont eu de la chance. Le hasard – ou des personnes bien informées – les ont guidés à travers les méandres du passage de l’enfant à l’ado à l’adulte, en leur donnant des clefs indispensables pour éviter les pièges et ainsi s’épanouir.

Mais, pour la plupart d’entre nous, ce travail reste à faire une fois “devenu grand”. Une vie comblée ne tombe pas du ciel. Il faut y travailler. La bonne nouvelle c’est qu’en tant qu’adulte, on est libre. On ne dépend plus de personne. On n’a plus à faire plaisir à des parents ou à un prof. Certains vont me dire qu’il y a toujours un patron à satisfaire, ce à quoi je répondrai que si plaire à votre patron consiste à vous humilier et à vous morfondre jour après jour, peut-être qu’il est grand temps de changer de vie.

Votre vraie histoire

Ceci dit, changer ne veut pas nécessairement tirer un grand trait sur tout et c’est souvent impossible d’ailleurs. Le système en tenaille est trop bien fait. :)

Par contre, par petites touches on peut changer. Une fois l’auto-lavage-de-cerveau sur la réalité qu’on nous impose effectué, on découvre certaines directions qu’on aimerait explorer. Que ce soit dans les arts ou dans d’autres domaines, il est toujours possible de commencer par une petite contribution, histoire de voir si on aime vraiment.

L’exploration alors, ne fait que commencer. Épée à la main (voilà que ça me reprend !), vous avancez dans des zones nouvelles et inconnues, vous découvrez des idées fraiches sur la façon de vous épanouir. Certaines ne vous plaisent pas, alors vous rebroussez chemin (pensez à votre arrière-garde !) pour aller explorer d’autres chemins, d’autres possibilités.

Petit à petit, pas à pas, comme pour les participants du challenge Cloudbraining, vous avancerez, vous progresserez, tout en douceur. Vous vous habituerez à cette nouvelle sensation de liberté qui est enivrante, parfois même déstabilisante pour ceux qui n’y sont pas habitués.

A chacun son histoire

Il est aussi possible de ne pas savoir qui l’on veut être, qui l’on veut devenir.

Je vous rassure tout de suite, nous avons tous et toutes assez de potentiels pour avancer et trouver quelque chose qui nous corresponde. C’est en nous, quelque part, souvent bien caché mais ça existe ! Il se peut que ce talent ait été dissimulé, renié, moqué dès l’enfance mais, au fond de nous-même, il est toujours là. D’où l’intérêt de faire table rase avec l’auto-lavage-de-cerveau (Godefroy, à l’attaque !), histoire d’y voir plus clair.

Le mois prochain, je sortirai mon nouveau guide, Reconquérir sa vie, un ebook qui vous proposera des solutions concrètes pour, justement, redécouvrir ses talents et devenir cette personne heureuse de vivre une existence bien plus intéressante. Ce guide s’adresse d’abord aux scanneurs mais tout le monde peut y trouver ses clefs. Pour connaitre la date de parution exacte de mon guide et pouvoir en lire un extrait en avant-première, inscrivez-vous à ma newsletter. C’est en haut et à droite de cette page. 😉

C’est quoi votre histoire ?

Trouver sa voie, chercher ce que l’on aimerait faire, découvrir une existence qui a un sens ne doit pas nécessairement devenir un parcours du combattant. (Pardon Godefroy !)

Nous avons beaucoup de chance car nous vivons à une époque où tout nous est vraiment possible. La seule chose qui puisse nous retenir, sincèrement, c’est nous. Alors, ôtons notre casque à œillères pour admirer les paysages tout autour de nous et découvrir toutes les possibilités qui nous sont offertes. Ensuite, petit à petit, nous pouvons avancer et expérimenter.

Bon, maintenant, si vous êtes pressé et si tout cela vous parait bien long, il vous reste une autre solution.

Comme Godefroy de Bouillon et ses nouvelles recrues du CM1, vous pouvez tout simplement charger droit devant vers votre but, en poussant de grands cris joyeux.

De toute façon, vous arriverez quelque part.

Et finalement, pour moi, cette solution n’a pas trop mal fonctionné. 😉

(Photo : ON1TZUKA)

Commentaires

14 commentaires pour “Croisade pour sa passion”
  1. Excellente réflexion à lire un samedi mation !

    Une façon d’amorcer un auto-lavage de cerveau et de reconnecter avec nos vrais désirs c’est de s’imaginer qu’on a gagné à la loterie et que tout devient possible matériellement.

    Ou encore, de se demander, s’il me restait seulement un an à vivre : qu’est-ce que je voudrais absolument réaliser avant la grande envolée.

    Ouais, il faut que je me remette sérieusement à planifier mon tour d’Amérique du Nord : pas besoin de millions pour ça. 😉

    Merci pour ce billet stimulant !

  2. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup MarieBo pour ton commentaire ! Et surtout merci pour les deux tactiques que tu suggères. Ce sont deux excellentes idées qui peuvent amener des prises de conscience assez étonnantes. Un vrai lavage quoi. :)

    Bon alors toi, tu vas partir en croisade en Amérique du nord ? Bravo ! 😉

  3. Ton article a fait resurgir une promesse que je me suis faite le jour de mon anniversaire quand j’ai eu …5 ans. Je me suis dit, quand je serai grande “j’irai très loin et j’irai partout”.

    J’ai toujours conservé ce goût pour le “tour du monde”. J’ai vécu en France, en Colombie-Britannique (Port-Simpson) et en Ontario. Un petit début. Il y a quelque temps, j’ai travaillé au Nunavut (Iqaluit), ce qui devait être le point de départ d’un VRAI tour du monde qui aurait commencé par le tour complet de l’Amérique du Nord.

    Je veux particulièrement visiter la Louisiane, Santa Fé, le grand Canyon, la côte Ouest, et en particulier San Diego. Puis remonter vers le nord jusqu’en Alaska (où j’ai déjà fait un saut de puce) pour revenir ensuite lentement vers le Québec.

    Malheureusement, j’ai dû revenir au Québec en urgence à cause d’obligations familiales. Ton article me fait réaliser que je peux poursuivre mon rêve d’une autre façon plutôt que de le mettre “sur la glace”. Comme le tourisme ne me satisfait pas, je devrai trouver une formule où je peux passer au moins1 mois (ou +) à chaque destination, en revenant à Montréal régulièrement pour remplir mes obligations. J’aime bien vivre le quotidien avec le monde “de la place” plutôt que de jouer à la touriste.

    Ton article m’a secouée parce qu’il m’a fait sortir du “tout ou rien” où je m’étais enlisée. Si un projet ne peut pas exister comme on le planifiait, pourquoi ne pas envisager de le faire AUTREMENT ?

    J’ai bien sûr bien d’autres destinations en tête, mais après avoir contemplé la lune énorme de l’Arctique, ses 3 soleils et les aurores boréales, je rêve aussi de serrer la pince à quelques pingouins tout là-bas dans le grand Sud.

    Bon, un bien long commentaire, mais c’est de ta faute, avec un sujet pareil 😉

    Merci encore !

  4. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup MarieBo de partager ton histoire avec nous ! Et tu nous donnes, encore une fois, une bonne leçon. Si on finit par être bloqué dans une voie ou une idée, n’y a-t-il pas d’autres façons de faire ? En fait, il y en a toujours mais souvent nous nous bloquons sur une méthode ou un ordre précis. Pourtant, il suffit de prendre un peu de recul et de se demander s’il n’y a pas une autre solution pour arriver à ses fins. Bien entendu, c’est plus facile à dire qu’à faire. 😉

    Quand tu verras les pingouins, demande-leur comment ils font pour garder le moral avec un temps pareil ? 😀

  5. Merci Jean-Philippe pour ta participation,

    C’est mon coup de coeur !

    Je pense qu’en effet, notre plus gros frein finalement, c’est nous même, c’est à dire tout ce qui est enfoui en nous et que nous prenons pour vérité car nous avons écouté nos aînés ou les sources d’autorité “qualifiées”. C’est très dur de se débarrasser de tout ça, c’est très dur de se rendre compte que l’on ne fait pas partie du moule et de ne pas se culpabiliser de ne pas rentrer dedans, mais je crois bien que ce petit lavage de cerveau dont tu parles est obligatoire pour arriver à vivre pleinement heureux !

    Merci :-)

  6. Jean-Philippe says:

    Ah super Virginie ! Je suis très heureux d’apprendre que je suis ton coup de cœur de cette Croisée des blogs. Il y aurait tellement à dire sur ce sujet que cela pourrait faire l’objet d’un bouquin. Néanmoins, en nous rappelant constamment que nous avons toutes les ressources dont nous avons besoin en nous – au moins pour démarrer – le lavage s’effectue petit à petit. Ceci dit, je ne pense pas qu’il se termine un jour. 😉

  7. Jérémy says:

    Je suis bien d’accord avec toi. Il faut arrêter de subir sa vie, et commencer à la prendre par la main pour l’amener où on veut.
    Hâte que tu sortes ton e-book :)

  8. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Jérémy ! Le guide Reconquérir sa vie tu l’auras avant tout le monde, mais ça tu le sais déjà. 😉

    (Dommage que tu n’aies pas de blog, car je suis en train de préparer les listes d’affiliés )

  9. Cindy says:

    Excellent article ! Il est effectivement important de se faire un “lavage de cerveau” pour se nettoyer des croyances limitantes que nous avons intégrées.

  10. Jean-Philippe says:

    Merci pour le commentaire Cindy ! Un bon lavage de cerveau en utilisant la PNL par exemple ? 😉 (Ah, ce bon vieux Pavlov !)

  11. Fab says:

    Je viens de découvrir ton site te je suis tombé sous le charme de ta plume, j’adore la façon dont tu écris !

    Concernant le lavage de cerveau, je suis en train de le finir, je viens de me lancer en auto entrepreneur, je compte parcourir le monde et vivre mes rêves, ça m’a pris pas loin de 3 ans entre le début du processus et l’action pure, le plus gros frein pour moi ça a été mon entourage, les amis qui n’y croient pas (et qui pensent surement nous aider en essayant de nous dissuader pour pas qu’on aille dans le mur) les parents qu’on a pas envie de décevoir, qui nous ont aidé à faire des études, qui nous voient grandir et s’attendent à ce qu’on vive une vie “normale”. Et bien moi, je vais vais vivre MA vie, elle sera peut être pleine de galères, mais ça sera la mienne, elle sera pas calquée sur les normes qu’on essaie de nous inculquer depuis tout petit !

  12. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Fab pour tous les compliments ! J’aime beaucoup ta façon de voir les choses et je crois qu’on se rapproche beaucoup. Quand tu dis que ta vie sera la tienne, peut-être avec des galères mais TA vie, là je te rejoins complètement. :)
    A quoi ça sert de vivre une existence fade parce que l’on se conforme aux désirs des autres ? N’avons-nous pas des passions qui vont nous faire vivre pleinement ? Peut-être que ce sera parfois douloureux mais au final, à la fin, on aura certainement vécu des choses plus intenses et apporté plus à la société.

    Alors Fab, fonce. Ta vie t’attends !… 😉

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