Pourquoi c’est important d’avoir des buts

Par le 28 October 2009
dans Vous êtes bloqués?

Aller plus haut, toujours plus haut. En n'oubliant pas de regarder à gauche et à droite, comme c'est beau!

Une vie sans buts est fade. Une vie sans buts ne mène nulle part. Une vie sans buts est gaspillée. Et je pense que vous n’avez pas le droit de gâcher votre vie. Car ce qui nous fait avancer ce sont bien ces petits ou grands désirs que nous transformons en objectifs afin d’accomplir des choses concrètes dans la vie.

En fait, nous avons tous des buts. Oui tous. Dans notre tête nous avons tous des rêves, des choses que nous désirons accomplir. Le problème, c’est que souvent personne ne nous a appris à poursuivre un but. Ce n’est pas quelque chose de naturel chez l’être humain. Notre besoin de confort, nous pousse même vers l’opposé, vers le status-quo. A rester dans une situation où nous sommes tranquilles, sans faire de vagues. Donc si on ne sait pas créer de buts et agir dessus, il est très difficile de se bouger. Souvent cela conduit au doute, à la déception, au rejet de soi-même, et parfois, à la dépression.

Les plus jeunes

On devrait apprendre aux enfants le plus tôt possible à avoir des buts et à les accomplir. Cela donne de la confiance en soi. Trop souvent on voit des ados qui se lancent dans un projet et qui abandonnent trop rapidement. Ce n’est pas leur talent qui est en cause mais plus leur désir, leur persistance qui sont fragiles. A un enfant qui veut acheter un jouet un peu cher, on a pas besoin de lui dire non ou alors de le lui payer directement. Pourquoi le priver d’une leçon sur les buts?

Demandez-lui s’il veut vraiment ce jouet et proposez-lui de gagner l’argent pour l’acheter, en accomplissant certaines tâches à la maison. Payez-le petit à petit pour ces petits travaux qu’il a accepté. S’il ou elle fait un mauvais travail, ne payez pas. Les enfants ont besoin de comprendre le respect du travail bien fait (qui correspond au respect de soi.) Quelques semaines plus tard, cet enfant, les yeux brillants, ira lui-même acheter son jouet, ayant compris que s’il veut vraiment quelque chose, il peut l’obtenir.

Au-delà du jouet, ce petit jeu est un des plus beau cadeau que vous puissiez faire à votre enfant. Le fait d’avoir confiance en soi, en sachant qu’on est capable d’avoir des buts et de les accomplir vaut tous les jouets du monde. C’est une des clefs d’une vie heureuse et bien remplie.

L’art de la peinture

Alors comment se créer un but et aller jusqu’au bout? Il existe de nombreuses méthodes et de nombreux livres sur ce sujet, mais à mon avis, un élément important de tout objectif c’est de le diviser en petites étapes.

Par exemple, vous avez décidé de repeindre votre salle à manger vous-même. C’est quelque chose qui peut être très amusant à faire en famille, si c’est bien planifié. Vous n’allez pas arriver un matin en lançant à la cantonade: “Bon, allez on peint!” Le reste de votre famille va vous regarder avec des yeux ronds en ce demandant si vous n’êtes pas devenu fou. C’est le problème de ceux qui se lancent trop vite, sans réfléchir, pour finalement s’épuiser rapidement.

Non. Vous allez commencer par faire des recherches sur le net. Aller à votre magasin de bricolage pour vous renseigner auprès d’un expert. Décider des couleurs en famille (le vert fluo choisit par le petit dernier a été unanimement rejeté.) Acheter le matériel. Diviser le travail. Choisir la date. Toutes ces petites étapes rendent l’objectif final moins difficile à accomplir.

Lorsque le grand jour arrive, vous ne serez même pas stressé et vous pourrez vous amuser en famille. Peut-être que le résultat final ne sera pas parfait, et alors? Peut-être que le petit dernier aura finalement réussi à repeindre le chien, et alors? et bon, ça veut dire qu’il a du talent pour la peinture. Néanmoins, vous aurez transformé une corvée en jeu, tout en économisant sur le budget qu’il vous aurait fallu débourser pour payer un peintre professionnel.

Le principe de l’échelle

Pour reprendre une image très courante, accomplir un objectif c’est comme lorsque vous voulez atteindre le sommet d’un mur. Vous y adossez une échelle et vous grimpez barreau après barreau. Chaque barreau est une étape de ce but, plus ou moins difficile, mais un barreau est facile à négocier. Vous ne regardez même pas le haut de l’échelle, gardant votre concentration sur votre équilibre pour négocier chaque barreau.

En fait, vous n’avez pas besoin de regarder en haut. Vous savez que l’échelle ne va pas bifurquer. Elle va vous emmener tout droit à votre objectif. C’est pour ça qu’il est important de diviser un but en plusieurs petites étapes. Ça fait moins peur et chaque étape est plus facile à accomplir. Chaque pas en avant, ou chaque barreau, va inexorablement vous amener vers votre but.

Encore un conseil. Soyez certain que vous ayez adossé votre échelle au bon mur. Vous ne voudriez pas arriver en haut et vous apercevoir que ce but ne vous intéresse pas du tout.

Les grands buts

Les grands buts paraissent plus difficiles à saisir car ils sont loin dans le temps. De plus lorsqu’on les couche sur papier, on pense souvent que c’est fini, qu’on ne peut plus les modifier. Bien au contraire. Je ne dis pas qu’il faut passer de “faire le tour du monde en vélo”, à “devenir chirurgien plastique” pour changer en décidant de “monter un cirque”.

En général, j’écris mes buts pour les 3 ou 4 années à venir. Ils sont professionnels et personnels et vous pouvez les voir ici en bas de page. Vous voyez c’est tout simple. Ces grandes lignes, je les divise ensuite en étapes plus concrètes, qui sont elles-mêmes divisées, jusqu’à ce que je me sente confortable avec mes petits buts.

Tous les six mois, je revois ces grands buts et je les révise quelque peu si c’est nécessaire. Vos grands objectifs doivent avoir une certaine souplesse, car les choses changent, des opportunités apparaissent régulièrement et vous permettent de modifier vos buts pour les rendre meilleurs, plus ciblés.

Les retraités

Si vous n’avez pas de buts, vous stagnez, vous êtes fini. C’est souvent ce qui arrive à de nombreuses personnes lorsqu’elles prennent leur retraite. Elles ont, certes été actives toute leur vie mais toujours avec des buts imposés par une autorité extérieure. Soudain, la soixantaine passée, ils se retrouvent seuls, avec des journées à remplir et complètement coupés de leur habituel tissu de relations. Alors, c’est la panique et la mort à petit feu.

Au Japon, de nombreux salarymen ayant dévoué toute leur vie à leur entreprise, se retrouvent comme des enfants, perdus, ne sachant que faire de leur temps libre. Leur angoisse est palpable et souvent leurs femmes finissent par les quitter. Il existe donc ici des écoles pour jeunes retraités afin de leur apprendre à gérer leur temps et à se créer des buts.

Car c’est vrai, il n’y a pas d’âge pour avoir des buts. Même à 70 ans passés, on peut décider d’aider les autres, de passer son savoir à des plus jeunes qui en ont besoin. Non seulement votre moral sera bien meilleur, mais en plus, physiquement, vous garderez une activité, ce qui est très important pour la santé.

Magie

Ce qui est intéressant finalement c’est que les buts, une fois atteints, disparaissent très vite de notre radar. Ils perdent toute leur valeur. Parce qu’en fin de compte ce n’est pas le but lui-même qui est le plus important mais bien le chemin parcouru pour l’atteindre. C’est pour ça qu’il faut bien les choisir. Non pas pour les buts eux-mêmes mais pour toutes les expériences que vous allez acquérir en les atteignant.

(Photo: footloosiety)

Commentaires

15 commentaires pour “Pourquoi c’est important d’avoir des buts”
  1. Nicolas says:

    Bonjour (depuis Marseille, France)

    Concernant “les plus jeunes”, je suis tout à fait d’accord pour dire que nous devons être probablement, vis à vis d’eux, plus exigeants. Il ne s’agit pas d’autoritarisme mais d’être capable, et on le voir quand on est parents, d’expliquer, parfois avec vigueur – et à contre-courant des forces “du marché” – que les choses se méritent, nécessitent effort et implication.
    Nos pays occidentaux se sont un peu affaissés dans l’abondance de ces dernières décennies et le réveil est (ou va être) très dur !! Les difficultés économiques qui guettent, ou se sont déjà emparés dans bien des cas, de millions de familles, couples, personnes seules, vont nous ramener à des façons de vivre un peu plus raisonnables.
    Quant aux “jeunes retraités”, c’est là aussi un vrai problème. En France, il est délirant de voir ces “quinquas”, et oui, des quinquagénaires sans acivité professionnelle, de jeunes retraités réfugiés dans l’hyper consommation (voyage, activités ludiques, dans le meilleure des cas associative) mais totalement déconnectés de la réalité socio-économique. (la côté d’azur en est remplie).

    Bref, beaucoup de deséquilibres qu’il va nous falloir corriger !

    A bientôt !

  2. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Nicolas de partager ton avis. :)

    De nouvelles études et livres sont en train de montrer que toute une génération de jeunes ont été trop “protégés” et n’ont pas les qualités nécessaires pour affronter la vie active qui s’annonce rude dans les années à venir. C’est quelque chose auquel ils peuvent remédier, s’ils le désirent, en apprenant et pratiquant ses types de savoir-faire. J’espère qu’ils le veulent, et alors tous les espoirs leurs seront permis! 😉

  3. Stan says:

    Je te rejoins complètement.

    Pour ma part, ma vie a vraiment eu un gout différent (comprendre : meilleur) quand j’ai commencé à m’invesitr dans des projets.

    Va fait tellement plaisir de se sentir acteur de sa vie, de se sentir utile et de voir les progrès réalisés !

    Et c’est aussi vrai que ca m’a donné beaucoup de confiance en moi… ce qui est en revanche parfois mal perçu des autres (ou mal géré de ma part ?).

    En tout cas ça donne la pêche le matin :-)

  4. C’est sûr qu’une vie sans but est bien fade. Je rajouterais juste que pour réaliser ces buts, il est important de se donner une date de réalisation, autrement ils risquent de rester des rêves jamais réalisés.

  5. Jean-Philippe says:

    @Stan: Merci pour ton témoignage. :) La confiance en soi c’est plus important que ce qu’en pense les autres. Si tes vrais amis sont toujours là, les autres ne sont pas importants. Peut-être qu’ils sont juste un peu envieux.

    @Alex: Oui, tu as raison, c’est important de le préciser! 😉

  6. mounaque says:

    Bonjour !
    Ce que tu dis pour les enfants est juste, il faudrait les habituer à “travailler” pour avoir le plaisir et la fierté de la récompense. Malheureusement, beaucoup de parents vivent pour l’image qu’ils donnent et savoir que leur enfant n’aura pas le xx dernier cri alors que les enfants des autres l’ont déjà est inconcevable et relève presque de l’honneur. De plus avec la société de consommation, ils sont en permanence sollicités par les pubs et après le boulot, préfèrent éviter les conflits à la maison(sans compter les grands-parents qui font de la sur-enchère..).

    Je rejoins ce que vous dites tous : avoir des projets est très enrichissant et apporte confiance en soi. La vie passe tellement vite, on a tellement à apprendre qu’il serait dommage de passer à côté. En plus cela aide à garder le moral même lorsque la situation n’est pas au top car au lieu de se concentrer sur son nombril et déformer la réalité, on est déjà à cette étape ou notre projet sera réalisé et où on pourra en bénéficier..

    Pour ma part, en tant que parent, c’est l’exemple que je veux donner à mes enfants et petits enfants : être une personne active, avoir toujours en cours 2 ou 3 projets ou travaux manuels. Et surtout en tirer du bonheur !!

    Et tout cas ce n’est pas forcémment une question d’argent. C’est mieux d’AIDER son enfant à faire une maquette que d’acheter un jouet (ou un ordinateur) et le laisser jouer tout seul dans son coin. Cela prend le temps d’apprendre, d’échanger (l’enfant se rappelera toute sa vie de cette complicité), d’attendre le prochain rendez vous pour continuer le travail…

    C’est ce qui fera la richesse de l’adulte de demain…

  7. Jean-Philippe says:

    Merci Mounaque! Toujours des commentaires qui ajoutent de la valeur aux articles :)

    Je suis d’accord avec tes exemples, surtout celui de la complicité! Qui n’a pas de souvenirs comme ça avec un adulte de la famille ou pas? Ces petites choses paraîssent banales mais elles aident vraiment à former l’esprit de l’enfant. Lui-même devenu adulte, fera de même avec d’autres enfants. :)

  8. Mehdi says:

    Paragraphe “L’art de la peinture”
    Première ligne: Comment “se” créer des buts.

    Ps: tu n’est pas obligé de publier ce commentaire 😉

  9. Jean-Philippe says:

    Merci Mehdi !

  10. BVL says:

    Concernant le paragraphe “l’art de la peinture” cela me rappelle la méthode GTD et les méthodes agiles. Pour GTD, on découpe en tâches réalisables tout de suite. Dans le cas des méthodes agiles, idem, avec en plus un feedback rapide et fréquent.
    Par analogie, on peut dire que, pour réaliser ses buts il faut découper en petites tâches réalisables tout de suite, et évaluer le résultat rapidement et si nécessaire, changer la méthode.

  11. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup BVL pour ton commentaire ! Oui c’est ça, l’idée est la même que GTD et aussi ZTD (la version allégée de Léo Babauta). C’est aussi le principe qu’on applique dans le challenge Cloudbraining qui redémarre bientôt. 😉

  12. josh says:

    Chaque fois que je vous lis j’apprends beaucoup :)
    Me donner des buts est quelque chose que je cherche à faire très souvent, en particulier car j’ai l’impression que je déprimerais sinon. Ca peut être préparer un beau voyage, battre mon record à tel jeu ou des trucs plus farfelus comme prendre une photo par jour comme dit ici http://www.ted.com/talks/matt_cutts_try_something_new_for_30_days.html (j’imagine que vous connaissez très bien les conférences TED!)
    Du coup je regrette que mes parents ne m’aient pas plus “challengé” quand j’étais plus jeune. Je suis fils unique et j’ai été assez chouchouté. Par exemple dès que je voulais abandonner un sport parce que je préfèrais privilégier les aprèms de jeu vidéo ou de sortie entre amis, ils acceptaient.
    Mais bon il n’est jamais trop tard, et ça sera toujours ça de pris pour mes futurs enfants 😉
    Merci à vous mister, continuez svp.

    • Merci beaucoup josh pour ton commentaire !

      Tu montres un bel esprit et je suis certain que tes enfants auront beaucoup de chance de t’avoir comme papa. Tu as raison, il n’est jamais trop tard, c’est que je me tue (presque) à dire autour de moi et sur mon blog. Une des façons de le faire – et tu as raison – c’est par exemple de visionner les conférences de TED qui, sous un couvert léger, t’apprennent beaucoup de choses. 😉

  13. Morena says:

    Tu as tellement raison JP. On a tendance à ne rien faire par peur de l’échec. Car on se fixe des buts beaucoup trop élevés (je sais de quoi je parle, je suis une éternelle insatisfaite car je mets la barre vraiment haut! Mais je me soigne 😉
    Du coup, le plus difficile est d’arriver à identifier, pour chacun de ses buts lointains, les étapes, les jalons qui nous mèneront sûrement vers ce but et le rendront moins inquiétant. Ce qui est drôle c’est que l’on n’a aucun mal à faire cela au travail, c’est même la base de la gestion de projet: arriver à découper le projet en étapes, chacune avec un timing (et un budget) bien précis. Pourquoi est-ce que lorsqu’il s’agit de nous projets de vie on voudrait brûler les étapes au risque de tout laisser tomber…? Certainement l’impatience qu’il faut arriver à gérer dans un monde où tout va si vite.
    En tout cas je vais essayer de découper mes objectifs en jalons et voir ce que ça donne 😉

    • Merci beaucoup Morena pour ton commentaire !

      J’ai aussi une réponse très personnelle : c’est plus facile au travail parce que nous avons été “dressés” de cette façon depuis l’enfance. l’école n’est que ça, un lieu de formatage avant la vie professionnelle. Par contre, on ne nous y apprend pas (à l’école) à gérer nos propres vies. Y a-t-il des cours d’estime de soi, d’optimisme, de recherche de ses passions, d’empathie, de gestion de ses émotions et même de “parentage” (pour les futurs parents) ?

      Voilà, à mon avis, pourquoi ça cloche. Les blogs de développement personnel, comme le mien, essaient d’aider à combler ce manque… mais il faut plus de temps, car il faut aussi “désapprendre” beaucoup de choses scolaires… 😉

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