La femme sans peur (26)

Par le 3 December 2012
dans Des histoires

Cet article est la suite de la saga de Trinity Silverman, commencée ici.

>> Note super importante pour l’avenir du monde (enfin, jusqu’au 21 de ce mois. Après…)

Vous avez remarqué ? Il n’y a pas de chapitre 25 dans la saga de Trinity et Speedy. En fait, oui, il y en a un mais je suis un peu embêté car le chapitre 25 est celui ou intervient le ou la gagnante du concours que j’avais organisé l’été dernier pour offrir à un lecteur ou lectrice studieux(se) le rôle d’un personnage dans l’histoire.

Vous avez été plus de 130 à postuler pour ce prix (à ma grande surprise !) et donc, j’ai procédé au tirage au sort du ou de la gagnante que j’ai contacté par le biais de son mail et… pas de réponse.

J’ai ainsi tiré au sort le nom de trois personnes et je n’ai au-cu-ne réponse. Le trac ? La peur de la première scène face à Trinity ? 😉

Bref, je dois sortir le premier volume de la saga avant noël et je ne peux plus attendre. Je remets donc en jeu ce magnifique prix (je trouve) que vous pouvez garder pour vous ou offrir à quelqu’un, en secret. Imaginez sa surprise lorsqu’il ou elle lira le chapitre 25 de l’ebook ou de la version papier et qu’elle se reconnaitra… vraiment, un beau cadeau ! :)

Alors, pour participer et gagner ce rôle, c’est simple, d’abord laissez un commentaire ci-dessous. Ensuite, faites obligatoirement circuler ce tweet. Plus vous le retweetez, plus vous avez de chances. Si vous n’êtes pas sur twitter, likez/facebookez cet article.

Ça va être très rapide, alors dépêchez-vous !

Donc, voilà la fin du chapitre 25 et ensuite le chapitre 26 complet, non mais !

Bonne lecture et préparez votre meilleur profil. 😉

PS : Sous le chapitre 26, vous pouvez vous inscrire à la newsletter spéciale Trinity & Speedy.

—-

[…]

Ce n’est qu’une fois dans l’avion, à destination de Los Angeles, qu’elle avait ouvert le mystérieux livre.

Trinity sourit en repensant à cette histoire.

Assise sur son canapé, dans cette chambre de Las Vegas, elle mesure le chemin parcouru. En grande partie grâce à cette petite “bible”, hors de prix.

Elle va pour reprendre une autre gorgée lorsqu’elle remarque que le téléphone sur la table de chevet clignote. Un message ? Ce doit être le room-service qui la rappelle.

S’asseyant sur le rebord du lit, elle pose sa bouteille sur la petite table, saisit le combiné, pianote sur quelques touches et, alors qu’elle allait encore reprendre une gorgée de thé glacé, elle entend le début du message, qui la fige.

“… Bonjour… bonjour Trinity, c’est… c’est Gianmarco.”

Chapitre 26

La voix du jeune chercheur avec son accent italien est comme un éclair suivi d’un coup de tonnerre dans le cœur de Trinity. Il se met soudain à battre la chamade.

“Je…” poursuit la voix de Gianmarco embarrassée, “… je m’excuse pour… hier soir et aussi pour ce matin. Peut-être que je… que j’ai voulu aller trop vite mais vous… vous me… enfin, je voudrais juste vous inviter à diner ce soir… c’est, c’est possible ?…  A 19h30 au Verandah, le restaurant italien du Four Seasons… Et si… si, vous ne venez pas, je comprendrai… Portez-vous bien, au revoir.”

Le clic au bout du fil indique que Gianmarco a raccroché mais Trinity reste immobile, combiné à l’oreille, comme si le chercheur italien allait reprendre le téléphone pour ajouter quelque chose.

Au bout de quelques secondes, elle revient enfin à la réalité. Elle se penche sur le téléphone et appuie sur la touche “Replay” et écoute une deuxième fois le message.

Elle rappuie sur le même bouton pour l’entendre une troisième fois. Son doigt finalement reste sur la touche pour faire repartir le message dès qu’il est terminé. Au bout d’un moment, allongée sur son lit, les yeux au plafond, elle connait le message par cœur.

“Gianmarco,” murmure-t-elle.

Elle ne pensait pas que juste de prononcer son prénom lui ferait autant d’effet. Elle repense à cette rencontre au bar de l’hôtel. Ils se connaissent à peine et pourtant, si la chambre n’avait pas eu ce numéro maudit…

Elle rougit en pensant à son audace, hier soir.

Audace ?

Elle se redresse d’un coup dans son lit.

Audace ? Assurance ? Courage ?… L’image de Paul Davenport se superpose lentement sur le visage de Gianmarco jusqu’à effacer celui du jeune Italien. Le chimiste des laboratoires Marck sourit aussi mais c’est un rictus méprisant qui anime son visage.

Elle se frotte les yeux pour essayer d’effacer ce mélange des deux visages.

Trinity se laisse retomber sur le lit.

Si je veux revoir Gianmarco, il va falloir que je prenne une pilule, pense-t-elle, autrement je n’aurai pas la force de soutenir son regard. Il me croit une femme à l’aise, libérée, intelligente. Mais sans les cachets, je ne suis que peureuse, moche et complexée.

Elle cache sa tête sous la couette et repousse encore, non sans effort, l’image faustienne de Paul Davenport. Trinity ramène le visage séduisant du jeune chercheur italien devant ses yeux. Ce n’est finalement pas si difficile. Elle s’imagine, heureuse, tout naturellement, dans ses bras. Elle serre très fort la couette contre elle. Elle est bien, au chaud, avec plein de sensations qui l’envahissent.

Elle se laisse porter par son imagination et construit dans sa tête de multiples scénarios futurs où la vie à deux est simple et belle.

Lorsque Trinity se réveille, la chambre est pratiquement plongée dans le noir. Lorsqu’elle réalise qu’il doit être tard, elle pousse un petit cri et regarde l’heure incrustée dans la table de chevet, priant intérieurement pour qu’il ne soit pas trop tard.

19h15.

D’un bond, elle se lève et fonce dans la salle de bains tout en ôtant ses vêtements. Elle met la douche en marche, se jette dedans, commence à asperger son corps avant d’arrêter brutalement le jet et de ressortir presque immédiatement.

“La pilule !” souffle-t-elle.

Trempée, elle inonde le carrelage en marbre, manque de glisser et attrape le flacon blanc et rouge. Après avoir avalé un cachet blanc, mentalement elle se dit : 30 minutes !

De toute façon, il lui faut au moins ça pour se préparer de façon décente.

Pourvu qu’il ne soit pas trop tard.

La douche est finalement expédiée, le corps frotté et essuyé, les cheveux séchés et brossés en sages mèches qui lui passent derrière les oreilles.

Elle hésite à sauter l’étape “crème de corps hydratante et nourrissante” puis se dit, on ne sait jamais, en rougissant un peu.

Elle aurait bien aimé se vernir à nouveau les ongles mais elle n’aura pas le temps. Alors elle opte pour un maquillage simple en pensant déjà à ce qu’elle va se mettre.

Les minutes passent. 19h35. 19h40.

Malgré tout, une confiance irrésistible se glisse peu à peu en elle. Elle commence à bien connaitre cette sensation profonde et puissante. Elle la sent monter dans ses veines, balayant tout doute sur son passage. Elle s’en veut un peu de se laisser dominer comme ça mais, en même temps, elle se sent soulagée.

Ce soir, elle sera forte. Elle ne peut s’empêcher de sourire.

Elle enfile le slip brésilien rejeté ce matin et se glisse dans une robe fourreau noire, légère et courte d’Emilio Pucci. Une folie, hors de prix, achetée chez Saks à San Diego. Seyante, avec des manches courtes au ras des coudes, Trinity avait adoré le large motif de dentelle noire laissant voir sa peau et qui coupait entièrement la robe en deux, au niveau de la ceinture, juste en dessous des seins.

Pieds nus, elle court chercher dans sa valise sa paire d’escarpins noirs, les seuls qui aillent avec toute sa garde-robe.

Il est 19h55 lorsqu’elle claque la porte de la chambre derrière elle et s’élance, pieds nus, en courant dans le couloir. Alors qu’elle attend l’ascenseur, elle enfile ses chaussures à talons hauts.

Dans le miroir de l’ascenseur, elle se regarde sous toutes les coutures afin d’être certaine que tout est bien là où il doit être. Elle lisse sa robe, replace une mèche et se regarde dans les yeux. A nouveau, elle y voit des images audacieuses qui l’inquiètent un peu mais qu’elle ne peut plus stopper.

Elle ne va pas faire demi-tour maintenant. Elle en a bien rêvé tout à l’heure, non ?

Il y a du monde dans le lobby et Trinity se fraie un chemin, aussi vite que ses escarpins le lui permettent, vers le restaurant.

Au maitre d’hôtel qui, devant son pupitre, s’enquiert de sa réservation, elle lui répond qu’elle est attendue et continue son chemin, sans attendre d’être accompagnée.

Lorsqu’elle débouche à grands pas dans la salle du restaurant à l’atmosphère feutrée, elle sent plusieurs regards se poser sur elle. Sans se démonter, elle s’avance, se sentant grande et pleine de confiance. Elle cherche parmi les tables, où se trouve Gianmarco.

Trinity regarde sa montre. 20h01. Elle se dit qu’il est peut-être déjà parti. La déception l’envahit. Elle arrive en bout de salle sans le voir et doit faire demi-tour. A regrets. Soudain, elle aperçoit, à l’opposé tout là-bas, le maître d’hôtel bien campé sur ses pieds. le visage austère, les mains croisées.

Visiblement, il n’a pas apprécié l’attitude cavalière de la jeune femme.

A regrets, désappointée, elle avance dans sa direction.

Et puis, elle remarque que le maitre d’hôtel fait un petit geste du doigt pour lui indiquer une table sur sa droite, haussant les sourcils comme pour lui confirmer qu’il suffisait de lui demander.

Lorsque Trinity tourne la tête dans la direction indiquée, elle remarque une touffe de cheveux, savamment décoiffée, qu’elle connait bien. Elle cache le visage de quelqu’un qui, la tête posée sur une main, est en train de lire sur son iPhone tout en sirotant un Bolli-Stoli.

(A suivre)

(Photo : lhomme.argent)

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Pour être tenu au courant de la sortie du 1er volume de La femme sans peur, inscrivez-vous (“subscribe !” comme dirait Trinity) ci-dessous. Entrez votre adresse email et vous pourrez gagner plein de cadeaux dont d’autres rôles dans les volumes suivants. 😉

Commentaires

8 commentaires pour “La femme sans peur (26)”
  1. Morena says:

    Bon je croise les doigts pour être l’heureuse gagnante et partager un épisode avec Trinity 😉

  2. Je tente ma chance moi aussi :)

  3. nadia says:

    quelle doux moment que de lire un épisode de la femme sans peur, je retente ma chance aussi !!! j’espère que tout roule pour toi,, HUG NJ

  4. Gizele Anne says:

    Une belle intrigue, j’adore le jeu des émotions et du doute.
    je tente ma chance

    Merci

  5. Christian says:

    Salut Jean-Philippe,

    Aïe, les malheureux non-tweetistes dépassés par l’évolution des communications sociales du 21ème siècle se contenteront de lire ce chapitre en regrettant amérement de ne pouvoir figurer en place d’honneur pour la suite de l’aventure.

    Paresse intelectuelle quand tu nous tiens…

    @+
    Christian.

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