Le taxi, le portable et l’iPod

Par le 16 July 2012
dans Article invité

(J’ai le plaisir d’accueillir Damien Ponçon, coach professionnel, qui est l’auteur de cet article)

 

Ce matin, à la radio, j’ai entendu une fable moderne relatée par Thomas Friedman, célèbre journaliste américain au New York Times, et détenteur de trois Prix Pulitzer.

À l’aéroport de Paris, Friedman demande à un taxi de le conduire à son hôtel. Il prend place et voit sur le tableau de bord du taxi une petite télévision allumée sur laquelle se déroule un DVD. Quant au chauffeur, il est au téléphone avec de la famille, en Afrique semble-t-il.

Friedman doit terminer un article. Il profite du trajet pour sortir son ordinateur portable et il se met au travail sans délai. Son article terminé, il prend son iPod et écoute de la musique.

Une fois à son hôtel, Friedman réfléchit un instant à ce qu’il vient de se passer. Il se rend compte que durant ce trajet, qui a duré 1h30, le chauffeur de taxi a fait 3 choses en même temps et lui, Friedman, pratiquement deux.

En ce qui concerne le chauffeur, conduire, parler au téléphone et regarder un film. En ce qui concerne Friedman lui-même, écrire un article et écouter de la musique.

Il conclut « Nous n’avons jamais eu autant d’outils à notre disposition pour communiquer. Et pourtant, nous pouvons nous retrouver dans un taxi à un mètre l’un de l’autre, pendant 1h 30, sans nous adresser une seule fois la parole. »

Les outils de communication modernes ont pour effet de transporter notre esprit là où notre corps n’est pas. Quand on sait que ce phénomène est la cause principale du stress, vous comprendrez pourquoi nous vivons dans une société de stressés.

Les outils de communication modernes ont l’intérêt de nous rapprocher des gens qui sont loin. Je suis le premier à les utiliser pour mon service d’accompagnement individuel à distance qui est apprécié par les gens qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à Lyon.

En même temps, faisons attention à ce que ces outils ne nous éloignent pas des gens qui sont près. Attention à ce que ces outils n’alimentent pas la mauvaise habitude que nous avons de séparer notre esprit du corps pour nous retrouver plongés dans un insupportable stress.

On me demande souvent si je suis contre tous ces outils modernes.
Pas du tout, ils sont magiques. Ils ont aboli les distances, réuni les personnes, permis de communiquer avec des proches éloignés, de créer de nouveaux marchés, etc. Je les utilise abondamment pour mon travail de coaching.

Je ne fais qu’observer. Que peut-on observer ? Que la séparation est toujours douloureuse, frustrante… l’outil de communication atténue cette frustration… en connectant.

Mais j’observe aussi que le corps est toujours ici alors que “nous” nous n’y sommes que très rarement ici.

N’est-ce pas tout autant une séparation parfois exaltante, souvent douloureuse ?
Alors « qu’ici et maintenant » est notre abri anti-stress, le lieu de la paix et de la sécurité intérieure.

Ce “fondamental” est valable pour tous: dirigeants, salariés et sportifs.

Quand vous êtes ailleurs, vous ne pouvez l’être qu’en pensée !

Quand cela devient une habitude presque inconsciente, vous saturez votre conscience de pensées qui finissent par l’encombrer. Vous perdez alors des unités d’attention consciente.

Attention : Les 4 phrases qui suivent, je le sais par les réactions déjà reçues, inspirent, parlent, font prendre conscience… ou énervent carrément !
Ne tirez pas sur le blogueur. Si vous êtes touché de quelque manière que ce soit, … c’est parfait ! Ressentez pourquoi !

Un ordinateur “rame” quand sa mémoire vive est saturée par trop de programmes résidents. De même, une personne “rame” quand son cerveau est saturé par un flot ininterrompu de pensées.

Utiliser 10 % de votre cerveau signifie que les 90 % restant sont occupés par ces « programmes résidents » qui vous empêchent d’agir comme vous le souhaiteriez. C’est alors que “vous ramez” dans l’existence.

Par conséquent, tout manager, profession libérale, sportif professionnel ou chef d’entreprise, … qui apprendra à faire la chasse à ces programmes résidents se changera la vie. Dans nos séminaires de coaching manager en équipe nous démontrons que l’application de ce principe est même un des prémices à un management de qualité.

La capacité à “agir bien à propos” est directement dépendante de la capacité à neutraliser ce flot de pensées qui monopolise une part considérable de nos forces vives.

Agir à propos, je trouve cette expression géniale, … car elle n’est pas de moi, mais de notre Michel de Montaigne national, l’auteur « Des Essais » en 1608.

Si vous y réfléchissez bien, quand vous vous laissez guider par un flot continuel de pensées qui vous transporte ailleurs, vous rejoignez un espace qui se crée, souvent malgré vous, quelque part dans votre conscience.

Vous êtes bloqué quelque part dans un passé ou un futur que votre mental a créé.

Si vous lâchez tout « ça » vous revenez ICI et MAINTENANT dans un espace illimité que nous appelons « présent » faute de mieux. Car pour le philosophe et sage qu’était Montaigne, le présent n’existait pas.  Car à peine en parle-t-on… qu’il est déjà passé.

Si bien qu’il a remplacé vivre l’instant présent par répondre, agir, vivre à propos.

Autrement dit, par cette expression il ne parle que de ce qui existe. Tout le reste, présent, passé et futur n’est qu’un concept mental, une construction.

Une construction pratique pour fonctionner entre humains, mais en prenant cette construction abstraite pour la réalité, nous sommes devenus un peuple de stressés.

Car vivre dans l’abstraction, c’est-à-dire dans nos constructions mentales, les pensées, nous empêche d’être présents à ce qui est présent.

Ce qui est à l’origine du stress.

Damien est coach professionnel, personnel et mental (golf, ping-pong).
En mai 2000, il a créé un cabinet de coaching qui propose un coaching individuel et d’équipe aux entreprises et aux personnes.
Trouvez le moyen d’atteindre vos objectifs et de surmonter ce qui vous en empêche en visitant le site de son cabinet de coaching.

 

(Photo : onesevenone)

Commentaires

13 commentaires pour “Le taxi, le portable et l’iPod”
  1. Albin says:

    Bonjour Damien,

    et merci pour cette jolie analyse de nos comportements actuels face à toute cette technologie qui nous englobent !

    Oui vous avez raison, il nous faut faire la part des choses. Savoir s’en servir pour notre commodité personnelle ou professionnelle ou les deux, sans oublier l’importance de rester présent dans l’instant présent pour agir dans la direction souhaitée.

    Excellente journée,

    Albin

  2. Damien says:

    Merci Albin pour votre commentaire. Belle synthése. Oui, c’est ça, j’ai le sentiment qu’être attentif à ce qui est présent est une saine habitude à cultiver.

    • Merci beaucoup Damien pour cet article plein de sagesse ! Il nous faut vraiment “vivre à propos” selon la magnifique expression de Montaigne et je te remercie sincèrement de l’avoir mise en avant. Ainsi, plus de “vie à propos” sera l’objectif de mon prochain challenge Cloudbraining à la fin du mois… et c’est pas gagné d’avance. 😉

      • Damien says:

        Merci de partager ce que tu ressens.
        En effet la simplicité demande un peu d’effort pour abandonner des lustres d’habitudes à faire compliqué. Mais ça vaut le coup !

  3. sophie says:

    Merci pour cet excellent article. Je vois ce que vous décrivez chaque jour: des gens s’enferment et s’isolent de l’extérieur avec des casques et des écrans qui accaparent toute notre attention. Au-delà du stress, je pense que cela conduit à un individualisme dangereux pour les rapports humains. Qui fait aujourd’hui attention dans les transports pour aider une femme enceinte ou une poussette? Personne. Tout le monde s’isole et s’évite, c’est bien triste.

    • Damien says:

      Merci pour ton partage Sophie. C’est là où ceux qui ont conscience de ce que tu écris peuvent faire la différence par leur gentillesse et en apportant leur différence. Et tu connais l’histoire de la masse critique. À partir du moment où un nombre suffisant de personnes se mettent à agir et se comporter autrement… la majorité finit par adopter le nouveau comportement.

  4. Olivier says:

    Bonjour,

    Excellent article. Je pratique les arts martiaux de façon “passionnée”, et je dois dire que dès que l’esprit n’est plus avec le corops, on tombe …

    Pourtant au début de chaque scéance, il me faut du temps avant de réellement “ramener” l’esprit là, avec moi.

    Et effectivement, on se rend compte que notre vie moderne et ses jouets technologiques nous disperse.

    Je m’essaie à la méditation pour parvenir à remettre mon esprit dans mon corps.

    Evidemment il faut de la régularité, justement difficile à créer dans ce monde moderne.

    Mais j’essaie, car lorsque l’esprit est bien avec le corps, les sensations sportives sont incroyables !

    Merci,

    Olivier

    • Damien says:

      Merci Olivier de donner ton exemple parlant de pratiquant d’arts martiaux. Ceci est vrai aussi dans tous les sports, dans le théâtre et, par extension, à toutes nos activités finalement. Un chalenge pour toi pourrait être que cette réunification entre corp et esprit que tu réalises sur le tatami, que tu la prolonges ensuite dans toute ta vie !

      Va voir vivre au présent et tous les articles que j’ai écrit sur le sujet.

  5. Amibe_R Nard says:

    Une fois à son hôtel, Friedman réfléchit un instant à ce qu’il vient de se passer. Il se rend compte que durant ce trajet, qui a duré 1h30, le chauffeur de taxi a fait 3 choses en même temps et lui, Friedman, pratiquement deux.

    Friedman ne sait pas compter. :-)

    Il a bel et bien accompli trois choses dans ce taxi.

    Il a rédigé un article, écouté de la musique… et a noté le comportement du chauffeur.

    Oui, sa bulle s’est étendue jusqu’à noter les actes du chauffeur de taxi. Et s’il avait poussé un peu sa réflexion, il aurait noté ses propres mots “avec sa famille” et “en Afrique, semble-t-il”.

    Trois choses, et non deux.

    Est-ce que sa bulle a été plus loin ?
    Non. A l’évidence, non.

    Rien sur le décor extérieur. Rien sur Paris. Rien sur l’apparence du chauffeur de taxi.
    Sa bulle se limite à une sphère d’intérêts assez réduite au final.

    Il a été aspiré par tous les appareils technologiques, Ipad, télévision incrustée et téléphone portable. Mais rien sur le reste.

    A quel moment a-t-il été présent ? (à propos d’après Montaigne 😉 )

    Lorsqu’il a écouté son chauffeur de taxi, même un court moment.
    Comme le chauffeur de taxi a été présent avec sa famille.

    Le problème est : Friedman, pouvait-il espérer mieux ?
    Pouvaient-ils, tous deux, espérer mieux ?

    Pouvons-nous espérer la présence des gens, lorsqu’ils sont reliés en permanence sur leur bulle privée ? Au point, souvent (et non plus parfois) de nous inclure dans le champ sonore de leur portable ! De nous inclure, à notre corps… ou plutôt à notre esprit défendant, dans leur bulle personnelle…

    Je ne pense pas.

    Pour espérer mieux, il faut couper le cordon ombilical. Accepter d’être patient et ouvert à ce que propose la vie. Reprendre, comme le faisait nos grands-parents, l’envie de saluer tous les gens qu’ils rencontraient. De discuter, parfois avec eux.
    Bref, sortir de sa bulle.

    Se ménager des temps avec et sans cordon ombilical avec sa sphère de connexions.

    Bien sûr, ça inquiète terriblement ceux qui ont la terreur de se retrouver en tête à tête avec eux-mêmes.

    Se surcharger l’esprit, c’est bien pratique pour ne plus avoir cette peur, ou cette angoisse du temps qui passe… à ne rien faire.
    A ne rien faire, l’horreur pour la majorité des gens occidentalisés. Dans notre société, mieux vaut avoir l’air occupé, non ?

    C’est un peu ce que dit Damien avec son histoire d’ordinateur qui “rame”.

    Même s’il se trompe d’ailleurs à ce niveau.
    Un ordinateur ne rame pas à cause des programmes résidents. Si les programmes résidents ne peuvent pas entrer en mémoire, l’ordinateur se plante dès le démarrage.
    Le moment où ça “rame”, c’est quand l’ordinateur arrive en saturation de sa mémoire vive et qu’on lui demande d’introduire un nouveau programme. Là, il doit choisir lequel parmi ceux déjà présents en mémoire est le moins important… celui qu’il va pouvoir mettre en arrière-plan.
    Soit sur disque dur, là où ça va mille fois moins vite. 100 km/heure réduit à 100 mètres/heure.

    Ça rame aussi à cause des programmes lancés (dont les résidents, bien sûr). Avec un seul processeur (un seul cerveau), chaque programme doit être chargé et déchargé du processeur à tour de rôle, avec tout son environnement.
    Exemple humain : changer bébé et préparer le repas de la famille. En effectuant chaque tâche par tranche d’une seule minute.
    Une minute pour le derrière du bébé, une minute pour peler les pommes de terre… Vous l’avez compris, il faudra se laver les mains entre chaque tâche, toutes les minutes.
    L’ordinateur, c’est pareil.

    Plus on a de programmes qui tournent, plus on se lave les mains souvent.

    Les pertes de temps deviennent énormes, et les mains pas forcément très propres au bout du compte. Au moins pour les humains ;-)… et, à la réflexion, de même pour les ordinateurs. Tous les programmes ne sont pas programmés de manière propre.

    Tiens, à se demander si on ne peut pas faire un parallèle avec les soucis humains, avec l’angoisse de toujours faire mieux, mieux, mieux et encore mieux. De gagner, de réussir à tous prix. Là aussi, des programmes pas très propres, pas très nets… qui laissent des traces sur le processeur central.

    J’aime aussi beaucoup l’idée que nous n’utilisons que 10 % de notre cerveau.
    Fait sorti du chapeau par un scientifique en mal d’annonce, puisque nous ne savons même pas comment fonctionne notre cerveau.

    Mais bon, perso, je trouve pas mal de pouvoir recevoir 25 millions de photons dans les yeux et d’en décoder un film, de recevoir autant de sons et d’en décoder une musique, de récupérer la même quantité d’odeurs et d’être capable d’en annihiler une et une seule au profit de celle que je préfère. Sans parler de la régulation de plusieurs milliards de cellules, de la gestion électrique de tous les nerfs de mon corps, avec le transfert d’oxygène et de nutriments sur des kilomètres de canalisation sanguine, plus la digestion, plus l’évacuation des déchets, plus… avec des points de contrôle de bien être de tout ce petit monde !
    Et je ne parle ici que des vrais programmes résidents. :-))
    Ça se passe même quand mon processeur central est off ! Quand je ne fais rien, quand je dors.

    Même 10 % qui reste à la conscience active, je trouve ça plutôt pas mal.

    Bien sûr, je comprends l’image proposée par Damien. Si j’encombre ma conscience active de 90 % de programmes inutiles ou perturbateurs (soucis, stress, coup de fil de l’un, coup de fil de l’autre, mail ici, twitter par là et Facebook dans le dernier quart), il ne me reste plus que 10 % de conscience active… ce qui m’amène vite à saturation dès qu’un autre programme arrive.

    Savoir prendre une minute, voire deux, trois, quatre… pour faire le vide, avant de se lancer dans une activité, ça me paraît évident d’intelligence. Comme fermer les programmes en trop de mon ordinateur lorsqu’ils sont inutiles sur l’instant.

    Mais qui le fait ?
    Qui pense à le faire sans être coaché ? (ou rappelé à l’ordre)

    Vivre le moment présent… Faire le vide en soi pour vivre le moment présent. Méditer.
    Méditer pour être plus présent.
    C’est un enseignement récurrent dans les philosophies asiatiques.

    Je trouve particulièrement intéressant de le retrouver sous les mots de Montaigne.

    Merci à Damien pour ce rappel.

    Bien Amicalement
    L’Amibe_R Nard (qui aime bien Eckhart TOLLE Le pouvoir du moment présent, sur le sujet. On peut l’écouter sur Youtube, même si ça va plus loin, bien plus loin que le simple moment présent 😉 )

    • Damien says:

      Merci pour ce commentaire, que dis-je, cet article ! J’ai aimé tes rectificatifs, tes explications, précisions et compléments.

      En ce qui concerne ce petit bonjour que les anciens se donnait, j’ai entendu dire que dans l’Himalaya les habitants fond la même chose en joignant les mains et en disant : “Namasté”.

      Ce qui signifie, en gros : “Je me prosterne devant ce qu’il y a de plus sacré en toi !” Pour le chrétien que je suis cela voudrait dire : “Je me prosterne devant Jésus en toi”.

      Sortir de sa bulle est de cet ordre de là. Ce qui relève encore de l’Attention. Par exemple, à la caisse du supermarché, c’est palpable. Parfois tu sens que pour la personne de derrière tu ne vas pas assez vite et ça te fout le stress. Alors quand je suis derrière une personne qui ne sait plus ce qu’elle a fait de son billet de 100 €, pour la faire accélérer je me réunifie corps et esprit. Je me prosterne intérieurement devant elle.

      Ma paix augmente, celle de la personne aussi et il n’est pas rare que par magie, elle retrouve à ce moment-là son billet.

      Dans les magasins de bricolage, c’est pareil. Vous êtes avec un vendeur pour un truc long… et il y a une personne qui aimerait lui poser une question.

      Souvent elle s’excuse un peu gênée de vous prendre votre vendeur pendant quelques minutes. Et elle vous remercie ensuite pour « faire passer la pilule ». Si vous lui dites, je fais pareil, etc…, bref que vous agissez à propos (car ce serait peut-être différent avec une autre personne), vous avez injecté un peu de conscience dans ce magasin. La personne qui en a eu le bénéfice se sent en paix ! Vous aussi d’ailleurs. Faire un « Namasté » intérieur aide grandement à avoir des marques d’attention bien à propos envers autrui.

      Sortir de sa bulle est donc possible, c’est plus une réponse à propos de ce qui survient ICI et MAINTENANT que systématiquement parler et encore parler, ce qui pourrait être un manque d’attention.

      Quant à faire le vide oui, c’est important de lâcher toutes ces pensées qui nous parasitent l’esprit. Comme il est important de marquer un petit temps d’arrêt quand on change d’activité. Par exemple, le téléphone sonne, je prends 3 respirations avant de répondre plutôt que de me précipiter. Ralentir le rythme pour agir en conscience et répondre à propos fait gagner du temps. Tout est plus juste. La personne est en meilleure posture pour répondre à propos.

  6. Alexis says:

    Bonjour Damien, article vraiment intéressant !

    Cela fait du bien de voir que d’autres personnes sont aussi prises dans l’émerveillement de la magie des technologies et dans la conscience qu’elles sont tout autant maléfiques..

    Au début, elles étaient là pour nous simplifier la vie mais au final on se rend comte qu’on en abuse. C’est tout à l'”honneur” de la nature humaine puisqu’elle a toujours abusé de tout dès qu’elle l’a pu ; entre le pouvoir, l’argent, la technologie, le sexe, etc.

    Mais disons qu’aujourd’hui nous en sommes devenus des esclaves, et même des inconscients. Là je parle surtout pour moi qui suis né dans la technologie même : j’ai appris à me servir d’un ordinateur à 2 ans et demi, j’ai eu plusieurs consoles, j’ai été plongé dans l’effusion des réseaux sociaux dès leurs balbutiements et internet a été ma vie secondaire au point d’en être il y a quelques années ma première vie.. C’est un esclavage qu’on subit depuis la naissance et la petite éducation, c’est donc des caractéristiques du “normal” et c’est pourquoi peu (pour ne pas dire aucun) jeune ne se pose des questions là-dessus.

    Au final nous vivons vraiment dans le faux, dans l’irréel. Au lieu de communiquer avec les personnes qui sont proches de nous, nous tentons d’atteindre (avec succès) celles qui sont le plus loin.. au détriment ainsi de nouvelles rencontres et du profit de ce qu’on a.

    Quand on y réfléchit bien, les effets secondaires de ces technologies ont été une sorte de renforcement de la timidité, ça rend les gens asociaux dans leur milieu “réel” puisque pourquoi s’embêter à aborder des inconnus quand on peut parler à ses potes sur son iPhone ?

    Et le pire, c’est l’éloignement de la sagesse. (oui je dis le pire parce qu’à mon avis le but ultime d’une vie est d’acquérir un niveau (relatif) de sagesse). Quand on sait que les sages ont toujours eu pour philosophie de vie de faire coopérer et vivre en harmonie le corps et l’esprit tandis que les technologies font l’exact inverse.. on remarque qu’elles ont finalement franchi un stade d’excès (comme tant de choses au XXIème siècle) qui fait passer les technologies dans le côté des défaillances de la société.. et dire qu’au début c’était plutôt une aide, une solution..

    J’ai l’impression d’être un vieux râleur anti-progrès alors que je n’ai que 17 ans et suis pour le “progrès sage”..

    Merci pour cet article qui, comme dans les espérances dites, semble bien faire réfléchir !
    À bientôt

  7. Damien says:

    Merci Alexis de nous faire partager ton expérience et tes réflexions, c’est enrichissant de te lire.

    En fait, depuis Cro-Magnon il semble que l’homme n’est pas beaucoup changé. Il est fait pour vivre et communiquer de cœur à cœur avec ses semblables.

    Et une profusion de technologie ne change rien à ça. Garr Reynolds dans ses bouquins en parle très bien. Il nous apprend dans nos présentations publiques à mettre PowerPoint en arrière-plan et à prendre le risque de nous présenter à nu en étant nous-même dans l’instant.

  8. Damien says:

    En complément de cet article, j’invite les lecteurs du charmant blog de Jean-philippe à lire management par le stress que je viens de publier sur mon blog.

    Il vous enlévera, je crois,l’envie d’utiliser le levier du stress comme outil “efficace” de management.

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