Savez-vous tirer un penalty ?

Visez la lucarne !

Ça fait combien de temps que vous hésitez ?

Ça fait combien de temps que vous avez posé le ballon devant vous et que vous attendez immobile ?

Ça fait combien de temps que dans votre tête vous y pensez ?

A quoi ?

A ce projet, cette idée, ce voyage, sans pouvoir vous décider à vous lancer ?

Qu’est-ce que vous allez encore trouver comme excuse pour ne pas tenter, pour ne pas vous élancer, pour ne pas oser quelque chose qui vous rapprocherait de ce rêve secret ?

En foot, lorsque l’arbitre siffle un penalty, que le joueur s’avance et le tire en le manquant, il a toujours “la” bonne excuse.

Tous les matins, lorsque vous vous levez, vous êtes le/la tireur de penalty.

Mais vous, vous êtes seul(e) devant votre beau ballon et vous n’avez qu’à donner un grand coup de pied dedans et pourtant, tous les jours vous le manquez.

Votre supporter numéro 1 que je suis, vous demande alors, pourquoi ?

C’est la faute du terrain

Ça c’est l’excuse traditionnelle. Cela veut dire en gros qu’on n’a pas le l’entourage qu’il nous faut, le lieu qu’il nous faut pour nous permettre de nous épanouir.

On se dit que lorsque l’on déménagera de ce petit appartement, lorsqu’on sera diplômé, lorsque l’on aura étudié le SEO, lorsqu’on aura la vue sur la mer (pour l’inspiration !), on pourra commencer à poursuivre ce qui nous titillle vraiment.

Mais pour l’instant, il faut se réserver, ne pas trop s’éparpiller, continuer à travailler dans la branche qui ne nous plait guère pour, plus tard, faire le grand saut.

En fait, plus on attend, moins au saute et de moins en moins loin. Attendre le meilleur cadre – la meilleure pelouse – pour faire parler de soi, accomplir ses exploits ou tout simplement s’exprimer est la meilleure façon de ne jamais commencer quelque chose.

C’est la faute du ballon

C’est promis, on va les poursuivre ces rêves mais d’abord, il nous faut un bureau plus confortable, un ordinateur plus puissant, des outils plus professionnels.

Si on veut pouvoir accomplir des choses exceptionnelles c’est la moindre des choses, non ? On ne va pas quand même faire de la daube ?

Ben si, on commence par faire des trucs nuls en s’améliorant petit à petit. Il n’y a pas un génie qui, dès le début a sorti des chefs d’œuvres, cela n’existe pas. J’insiste toujours beaucoup là-dessus, au cas où vous auriez un complexe mozartien ou léonardien…

C’est un peu comme les sportifs “du dimanche” qui ont les tous derniers équipements avec la meilleure technologie mais qui sont incapables de la moindre performance. Tant qu’ils tiennent le ballon à la main, pour la photo, ça va mais s’ils doivent taper dedans, c’est une autre histoire… et pourtant.

Il faut bien commencer par le début.

On ne peut pas s’improviser “pro”. Il y a tout un apprentissage à faire qui commence par faire un premier pas, tomber et recommencer, un peu comme les bébés. Tapez dans cette boule de papier que vous venez de vous fabriquer.

Pas besoin du ballon officiel de la Coupe du monde.

C’est la faute de l’arbitre

Y a-t-il un match où il n’est pas mis en cause par l’équipe perdante ?

Notre entourage est souvent la bonne excuse. Une famille qui ne nous soutient pas, des amis qui rient de nos idées en nous disant “Oui, c’est ça, on en reparle l’année prochaine…” ou un prof qui nous dit qu’on ferait mieux d’étudier. Il y a plein de gens qui font un immense mur entre le ballon et la cage du gardien.

Et je ne dis pas que ce sont des illusions ! Non, nous avons tous et toutes dans nos entourages, des personnes qui nous veulent le plus grand bien du monde, en nous donnant des conseils. Ces donneurs de conseils, famille ou pas, regardez un peu ce qu’ils ont accomplis et demandez-vous honnêtement si vous voulez finir comme eux.

Mes parents eux, en sont toujours à me demander quand je vais trouver un vrai boulot. Pour eux “écrire des livres numériques” ne rentre dans aucune case qu’ils connaissent. Peut-être que pour vous, il y a d’autres raisons (jalousie, peur, mépris) pour que votre entourage vous empêche d’avancer mais, est-ce que ça doit vous arrêter ?

Moi je dis non. Quelques soient vos circonstances, vous ne voulez pas vivre la vie des autres, j’ai raison ? Alors laissez l’arbitre siffler autant qu’il le veut et tapez-moi dans ce ballon !

Le coup de pied de réparation (Loi 14 du football)

Et si finalement c’était la faute du penalty lui-même ?

Et si on devenait trop obnubilé par l’idée de mettre à tout prix la balle dans les filets ? Si la peur nous tenaillait parce qu’on pourrait le manquer ?

Imaginer une seconde, un joueur (un vrai) qui rate son penalty.

Le reste de son équipe vient le voir en lui tapant dans le dos pour avoir osé, en le félicitant d’avoir tenté un brossé difficile qui est passé à raz de la lucarne droite (en dehors), qu’il aura d’autres occasions d’en tirer d’autres et puis que finalement une Coupe, c’est juste un bout de métal et que ça ne vaut pas le plaisir de jouer ensemble.

Utopique ?

Oui, vous avez raison. On met, de nos jours, un tel prix sur le succès final, qu’on a peur de commencer, tellement le spectre de l’échec nous paralyse.

Ce penalty (votre idée, votre projet, votre envie) commencez-là tout de suite ! Oubliez le terrain, la qualité du ballon et l’arbitre. N’hésitez pas. Vous n’avez pas besoin de vous lancer à 100% dedans en abandonnant le reste de votre vie mais au moins, faites-lui une petite place dans votre existence.

Il n’y a vraiment aucune excuse pour ne pas tirer ce penalty.

Et si vous ratez la cage, ce n’est pas grave car votre ballon, il aura bien roulé quelque part et, en allant le récupérer, vous ne savez pas ce que vous allez découvrir là où il s’est arrêté.

Tiens, ça me donne une idée pour une métaphore :

La vie c’est comme les penalties, la différence c’est qu’il n’y a pas besoin d’atteindre à chaque fois le but.

(Bon, métaphoriquement, je suis sûr que vous pouvez faire mieux que ça ! 😀 )

(Photo : scottwills)

Commentaires

23 commentaires pour “Savez-vous tirer un penalty ?”
  1. Philippe says:

    C’est tellement vrai! Et on peut aussi ne pas tirer le pénalty…

    Mais si on accable les autres, c’est pour ne pas s’accabler soi-même et se rendre la vie plus difficile.

    Il serait utile de remplacer notre vision de l’echec personnel et d’y voir à la place une expérience avec un feed-back (en tout cas ne pas le prendre à titre personnel).

    Je crois que c’est Jacques Welsh, qui reçoit un de ses directeurs qui avait mis un terme à un projet ayant couté 2 millions de dollars. Alors que le Directeur propose à Jacques sa démission, ce dernier lui répond : “je ne vais pas vous licencier. Je viens juste d’investir 2 millions de dollars dans votre formation…”

    Evidemment, je ne vous souhaite pas des essais à 2 millions de dollars…

  2. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Philippe pour ton commentaire et cette anecdote ! C’est bien de l’ancien PDG de G.E. (General Electric) dont tu parles et il est d’ailleurs devenu une figure “mythique” pour les Américains.

    Jack Welch a aussi dit : “Changez avant d’y être obligé”, une citation qu’adorent tous les scanneurs. 😉

  3. Je suis totalement d’accord avec Philippe.
    On peut aussi ne pas le tirer le penalty..

    Il faudrait que nous fassions de nos echecs une victoire..
    La citation de Jack Welch comme le dis Jean-Philippe prends alors tout son sens .

  4. Jean-Philippe says:

    Merci Sylvain pour ton commentaire ! C’est vrai que l’on est pas obligé de le tirer. Mais alors que fait-on ? On regarde le ballon en attendant le coup de sifflet final ? 😉

  5. Aude says:

    Belle métaphore en effet ! J’ai l’impression de pas savoir exactement avec quel ballon tirer mon pénalty, j’en prends toujours plusieurs quand je joue un match (collectionneuse un peu superstitieuse peut-être ? j’ai celui pour les petits pénaltys pas trop importants, celui pour les pénos qui valent plus le coup puisque c’est déjà perdu..etc) et des fois j’hésite, j’arrive pas bien à peser l’enjeu et à prendre le ballon adapté ! Alors je les aligne, les autres s’énervent en me voyant (rien) faire, et ça n’arrange rien à ma confusion ! Bon je finis par tirer, faut quand même bien se décider ! Et qui vivra verra, si c’était le bon ballon ou pas ?

  6. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Aude, tu enrichis bien cette métaphore ! Et je suis bien d’accord avec ta conclusion, il faut bien finir par donner un coup de pied dedans, histoire de voir ce que ça donne… car c’est le seul moyen d’apprendre. 😉

  7. ChrisToonet says:

    Tout à fait ! l’important c’est de donner ce coup de pied ! même si le ballon était “virtuel” et qu’on se retrouve assis !!!
    Encore un article qui nous “réveille” ! Merci JP !

  8. Jean-Philippe says:

    Merci pour ton commentaire ChrisToonet ! Tu as raison, le virtuel nous fait perdre le côté visuel de ce que nous créons. Il n’y a plus beaucoup de ballons réels mais plus des dossiers et des fichiers qui paraissent bien irréels sur notre desktop. Cela peut donner l’illusion que nous n’avançons pas alors que pourtant, nous les donnons ces coups de pieds. 😉

  9. Amibe_R Nard says:

    Un seul mot : shooooot ! :-)
    l’Amibe_R Nard

  10. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup, l’Amibe ! Je dois aimer les métaphores footballistiques car je viens de me rendre compte qu’il y a deux ans, j’avais déjà écrit – pour d’autres raisons – un article reprenant un peu la même idée : Shooter plus haut. Mais qui s’en souvient ? 😀

  11. Alexandre says:

    J’aime beaucoup l’image Jean-Philippe ! :)

    Première étape : osez tirer
    Deuxième étape : Marquer
    Troisième étape : Viser la lucarne :)

    A bientôt,

    Al

  12. Jean-Philippe says:

    Merci Alexandre ! Toi, tu as été entraineur de foot. 😉

  13. gally says:

    Hello. C’est exactement ce que j’avais besoin de lire. Et je retiens principalement de ce billet “on ne peut pas s’improviser pro”. Je pense avoir enfin un projet qui me tient à coeur ! Et c’est le coup de pieds dont javais besoin pour ne pas me trouver d’excuses.
    Merci et bonne journée à tous

  14. Jean-Philippe says:

    Merci Gally ! Bon coup de pied alors, et fonce ! 😉

  15. Excellent article, et les raisons que tu invoques pour ne pas tirer le pénalty sont tellement justes. J’ai bien aimé la citation de Jack Welsh mais moi non plus je ne voudrais pas d’un essai à 2 millions de dollars. Commencer à appliquer ces conseils dans le quotidien, ce sera déjà beaucoup.

  16. Jean-Philippe says:

    Merci Julia pour ton commentaire ! Sage décision en effet. 😉

  17. Salut Jean-Phillipe,

    Tu as réussi à me donner la pêche ce matin :).

    C’est vrai que l’on a tendance à remettre au lendemain nos projets essentiellement à cause des peurs qui nous hantent au quotidien. Notre vision du monde et des choses est complètement biaisée par nos croyances limitantes.

    On doute de nous-mêmes et de ce que l’on est capable de réaliser. La solution semble d’être conscient de son propre pouvoir. Avoir une confiance absolue en ses capacités et son potentiel.

    Après tout nous sommes tous nées, à quelques exceptions près, avec les mêmes attributs. Les champions ne sont pas nés champion, ils le sont devenus.

    Cordialement

  18. Jean-Philippe says:

    Merci Grégory pour ton commentaire ! Très heureux d’avoir pu te donner la pêche ce matin et, comme tu le signales à la fin, nous sommes tous nés égaux – même si c’est difficile de le croire – , tous et toutes des graines de champions… ou pas, et peu importe. 😉

  19. Pour ma part, je n’ai jamais tiré de penalty à plusieurs millions de dollars, mais je sais qu’il suffit de beaucoup moins pour être tétanisé et ne pas agir!
    Une belle métaphore pour nous remettre devant nos responsabilités!

    A bientôt,

  20. Jean-Philippe says:

    Merci Philippe ! Le maitre mot serait alors “Osons !”. Ce simple impératif vaut largement plusieurs millions de dollars. Et merci de nous aider à nous relancer, sur ton blog. 😉

  21. Hend says:

    Salut Jean-Philippe,

    merci bien pour l’article , la métaphore que vous avez cité est bien ce que je vis , je sais pas pkoi plus je grandis plus j’hésite , ça fait 1 an que je veux quitter mon job , mais chaque fois j’ai peur d’affronter le stress de chercher un nouveau job , le stress du nouveau job qui peut ne pas etre comme je veux ou mieux de ce que je fais mnt….La seule chose qui me fait oublier mon malheur c’est que je fait mon master dans un domaine que j’adore….mais parfois je me demande pourquoi ne pas quitter….Je suis vraiment arrivé à bout….meme mon reve commence à s’éteindre….Je me dis que juste qqs mois et j’arreterai….Mais je pense que dois vraiment tirer et oser par peur que quitter mon travail devient mon nouveau reve….

  22. Jean-Philippe says:

    Merci Hend pour votre commentaire et c’est vrai que ce n’est pas facile… Vous dites qu’il ne reste plus que quelques mois ? Dans ce cas, cela vaut perdre le coup d’attendre, non ? :)

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