La vie commence à 51 ans

Par le 26 September 2010
dans Des histoires

A quel âge achève-t-on de rêver ?

Cet article – surprise – constitue ma participation à cette rencontre amicale, “À la croisée des blogs” qui est un évènement inter-blog dédié au développement personnel. Il est publié mensuellement et chaque nouvelle édition traite d’un thème original. Ce mois-ci c’est Jérôme Hoarau, du blog Pourquoi entreprendre, qui en est l’organisateur et qui nous a proposé de plancher sur “Ambition et dépassement de soi“.

Il y a des jours où tout va mal.

Et puis après les choses s’arrangent.

Il y a aussi des jours où tout va mal et puis après, ça continue.

Ça parait ne plus vouloir s’arrêter, comme une spirale descendante que rien ne peut stopper.

Alors on se prend à rêver d’un fond de piscine. Pour toucher le fond. Pour s’oublier.

Comme les grands plongeurs en apnée, j’ai touché le fond. Pour toujours.

Voici mon histoire.

Je suis un ingénieur auto. J’ai un beau parcours. J’ai une belle maison. J’ai une belle fille.

J’avais une belle femme. Elle est partie le jour où j’ai été licencié.

En fait, elle était déjà partie depuis longtemps. J’étais trop occupé, j’étais trop avionné, j’étais trop hôtelisé.

Ma fille travaille. Elle parait heureuse dans ce qu’elle fait. C’est bien. Je suis fier d’elle.

Mais pas de moi.

Je ne trouve plus de travail parce que je suis trop vieux.

J’ai 50 ans.

Je vais perdre “notre maison” à cause du divorce et je me sens seul. Très seul.

En fait, j’ai peur.

Vous allez me demander, mais alors qu’est-ce que je fais sur une plage paradisiaque à l’autre bout du monde ?

J’ai pensé que le dépaysement me ferait du bien.

Ça ne marche pas et je vais vous dire pourquoi.

Quand vous prenez l’avion, la vitesse du vol fait que vos soucis n’ont pas le temps de vous suivre, ils restent en arrière.

Littéralement.

Mais, lorsque vous arrivez et que vous vous sentez plus léger, ce sentiment ne dure que quelques heures. Vos soucis, guidés par un GPS infaillible, vous rattrapent là où vous êtes et ensuite, vous montrent qui est le patron.

Plage de sable fin ou pas.

Mer turquoise ou pas.

Ciel azur ou pas.

Je suis resté deux jours affalé dans ma chaise longue à me battre avec mes réflexions. Et c’est alors que cette idée de toucher le fond m’est venue.

Et si je plongeais ? Et si je retenais ma respiration indéfiniment ? Et si je descendais le plus profond possible ? Loin, là où le bruit ne s’entend plus, là où le bleu n’existe plus, là où les soucis ne peuvent plus vous poursuivre.

Et puis, je ne remonterai pas. Je me laisserai porter par les fonds.

Le fond.

Touché.

Je suis alors parti à la recherche d’un lieu propice à mon grand saut dans l’abime. J’ai marché le long de la plage. J’ai laissé derrière moi les jardins bien tenus de l’hôtel et les rires des voyage-de-noceurs.

De petits nuages ont filé dans le ciel.

Le soleil a tourné.

Il m’a fait face et m’a aveuglé.

L’éclat était fort.

Et là, j’ai entendu… une voix.

“Où allez-vous ?”

Pendant un instant, j’ai cru au miracle. Je voulais y croire. Mais la voix a insisté.

“Vous marchez sur mon filet.”

Un ange qui me prend dans ses filets ?

J’ai baissé les yeux et là j’ai vu le filet sous mes pieds. Très fin. De couleur bleu. Quelqu’un tirait dessus. J’ai suivi des yeux ce filet. Il montait vers le haut de la petite plage et au bout, il y avait un vieil homme assis, à l’ombre.

“Excusez-moi.”
“Ce n’est pas grave mais pourquoi vous marchez les yeux fermés ?”
“C’est le soleil. Il m’aveugle.”
“Vous n’avez pas de lunettes ?”
“Je suis parti très vite de chez moi.”

Cette dernière phrase, l’a fait un petit peu rire. Il a posé le filet qu’il était en train de réparer.

“Je pensais que les touristes qui viennent de si loin, préparaient leurs vacances longtemps à l’avance…”
“Oui, c’est vrai, normalement. Mais pour moi, c’est un petit peu spécial.”
“Spécial ?”
“C’est compliqué.”

Il a repris son travail sur le filet.

“Vous avez raison. Ça ne me regarde pas.”

Le silence s’est fait entre nous. Seul, le bruit des petites vagues troublait l’après-midi.

Un peu gêné, j’ai dirigé mon regard vers la mer comme si je fixais un point précis. J’ai un peu attendu. Il n’a plus rien dit. Me sentant ridicule, j’ai lentement fait demi tour et je suis reparti vers l’hôtel.

En chemin, j’ai senti une grosse colère monter en moi. Même ici, les vieux se moquent de vous.

Le soir, aiguisé par mon irritation, j’ai mangé et bu bien plus que d’habitude. Dans ma chambre, je me suis affalé et je me suis rapidement endormi, épuisé par les coups de soleil et le vin.

Le lendemain, à la même heure, j’ai marché sur la même plage, dans la même direction. J’avais acheté, au magasin de l’hôtel, une casquette et des lunettes bien fumées qui maintenant me mangeaient le visage.

Je ne m’étais pas rendu compte que c’était aussi loin.

Mais le pêcheur était toujours là, concentré sur son filet, comme s’il n’avait pas bougé depuis la veille.

Je me suis approché, m’apprêtant à marmonner de fausses excuses que j’avais préparées en chemin.

Il a levé les yeux, m’a reconnu et a souri, creusant un peu plus les multiples rides autour de ses yeux.

Je me suis arrêté, pris de court. J’ai esquissé un sourire crispé.

Il m’a fait signe de m’assoir à ses côtés.

Nous sommes restés silencieux pendant de longues minutes. Il n’avait pas l’air de vouloir parler. A nouveau, je me suis senti gêné. Je me suis tourné vers lui.

“Vous habitez ici ?”

Il a pris une éternité pour répondre.

“Oui, un peu plus loin, là-bas, derrière.”

Il a fait un geste vague vers la forêt de palmiers.

“Vous étiez pêcheur avant ?”
“Avant quoi ?”
“… avant votre retraite ?”

Ses rides se sont encore un peu plus creusées alors qu’il s’ouvrait d’un grand rire, comme si je lui avais raconté la meilleure blague du monde.

“La retraite ? Quelle retraite ?”
“Pardon mais à votre âge, c’est pas un hobby votre pêche ?”

Il est carrément devenu hilare. Il a tellement ri et de si bon cœur que cela en est devenu contagieux. Je n’ai pas pu m’empêcher d’esquisser un petit sourire.

“D’abord je ne suis pas pêcheur mais plongeur. Ensuite, la retraite c’est bon pour les vieux !”

Là, c’est moi qui ait étouffé un rire. Il devait bien avoir dans les 70 ans et il me faisait une crise de jeunisme.

Pas décontenancé, il a poursuivi.

“Vous savez, je n’ai commencé à vivre qu’à 51 ans.”
“Ah bon ? Qu’est-ce que vous faisiez avant ?”
“J’ai travaillé dans différentes entreprises de la capitale.”
“Mais c’était pas votre “vraie” profession, ça ?”

Il a secoué la tête.

“Non, tout ça, c’était des essais, des idées, des rêves, des erreurs, des leçons. J’apprenais.”
“Vous appreniez quoi ?”
“J’apprenais à vivre.”

Là, c’est moi qui suis devenu silencieux.

Il a posé son filet.

“Vous, je crois que vous manquez d’ambition. Vous avez quel âge ?”
“Moi ? Tout juste 50.”

Il a hoché la tête.

“Voilà. Vous pensez tout connaitre parce que vous avez respiré pendant 50 ans.”

J’ai failli lui répondre que je n’avais pas de leçon à recevoir d’un vieux pêcheur à sandales. Qu’est-ce qu’il y connaissait à l’ambition ? Avait-il connu la gloire ? Le succès ? Les honneurs ? Moi oui !

Mais je me suis abstenu.

Il a pris une grande inspiration.

“Peu d’hommes ont une vraie ambition. Les autres visent un point à peine plus loin que la moitié de leur vie et après, ils se disent, c’est fini. Au moment où, enfin, ils ont assez vécu pour mieux comprendre les relations, le travail, la famille, tout ce qui est important, ils s’arrêtent et se laissent aller comme un petit feu qui s’étouffe lentement.”

Là, il m’a franchement énervé.

“J’ai étudié dur. J’ai des diplômes. Je gagnais très bien ma vie, moi.”

Il a posé son filet et m’a regardé dans les yeux.

“Et maintenant ?”

J’ai baissé la tête.

Les petites vagues ont continué leur ballet frémissant.

Elles ont poursuivi leur conquête téméraire de la plage, se fracassant le plus haut possible, vaillantes comme pas deux, ne reculant que pour prendre un plus grand élan. Elles ont noyé le bruit des pleurs qui m’étouffaient. Elles ont bercé mon âme pendant que je me vidais d’une peine trop longtemps dissimulée. Elles ont arraché les clichés d’un passé auquel je m’accrochais désespérément.

Chaque vague est entrée en moi et a emporté mon trop plein de douleur.

Mon pêcheur était toujours assis à mes côtés. Il n’a rien dit. Il a juste attendu. Longtemps. J’ai apprécié son silence.

Finalement, le paix est revenue. J’ai ôté mes lunettes et j’ai séché mes yeux sur les manches de mon t-shirt, me sentant vidé mais plus calme.

Il a tourné son visage tout ridé vers moi.

“Vous voyez, vous commencez enfin à vivre.”

(Photo : ajari)

Vous me connaissez, il y a – bien sûr – une suite à cette histoire. Mais cette fois-ci, c’est promis, je vous l’épargnerai ! 😉
La photo elle, correspond à l’endroit réel où se situe la rencontre entre les deux protagonistes.

Commentaires

110 commentaires pour “La vie commence à 51 ans”
  1. Milène says:

    Beau récit. Je ne doutes pas un seul instant que l’on se “réalise” à n’importe quel age. Surtout pas à l’obtention de ses diplômes ! La vie ne commence pas à 51 ans… elle continue. Si elle est plus belle ? J’en suis certaine !

  2. Jean-Philippe says:

    Merci Milène ! Oui, je suis d’accord avec toi. Mais peut-être que certains ont encore des doutes. 😉

  3. Superbe histoire. Elle mène à la réflexion.
    Introspection, peut-être !

  4. Sebastien says:

    Encore une belle histoire qui fait réfléchir!!
    Merci Jean-Phillipe.
    Par contre, pourquoi il n’y a pas de suite!? Je les aime bien tes suites :).

  5. Woaw, quel sens du récit ! C’est un plaisir de se laisser conduire par tes belles histoires. Il y a de la veine de Guerrier Pacifique là-dedans (Pour ceux qui ne connaîtraient pas, je fais référence à Dan Millman).
    J’espère que tu plaisantes en disant que tu nous épargneras la suite. Si la vie commence à 51 ans et que tu n’en as que 50, il faut bien que l’on sache ce qu’il va se passer en attendant…

  6. Jean-Philippe says:

    @Yann Merci beaucoup ! Introspection ? Je suis avec toi. 😉

    @Sébastien C’est à dire que j’ai déjà la suite de ça et ça en cours, mais celle de cette histoire est presque terminée, donc peut-être que je l’enverrai par la newsletter. 😀

    @Sophie Je vois que nous avons les mêmes lectures ! J’ai lu Dan Millman et c’était fascinant son histoire. :)

  7. Jérôme says:

    Super manière d’illustrer l’ambition. Je vais confirmer ce qu’écrit plus haut Sophie que ta manière d’écrire est vraiment captivante. Je complèterais en disant que ça sent l’influence japonaise :-).
    Et merci pour la citation plus haut également 😉

  8. David says:

    Belle réponse aux questions de tes lecteurs… “Quel est le meilleur âge pour être heureux ?”
    Vu la vitesse avec laquelle le temps passe, même quand on a 25 ans, c’est rassurant (mais j’y croyais déjà !) de se dire qu’il n’y pas d’âge pour réussir sa vie. C’est aussi une belle leçon d’humilité. Il n’y a qu’au crépuscule de notre vie que l’on aura acquis la maturité nécessaire à juger la réalisation de notre vie passée.

  9. AMie says:

    Avoir de l’ambition? La sienne propre? Ou celle qu’on croit avoir?
    Merci, Jean-Philippe, de nous chanter toutes ces histoires à… rester éveillé debout! 😉

  10. Jean-Philippe says:

    @Jérôme Merci et oui tu as raison, il y a du nippon là-dedans. 😉

    @David Oui c’est toujours bon de savoir que l’on a le temps et que les choses ne peuvent pas être hâtées. Je m’en rends compte tous les jours !

    @AMie Toujours poétesse ! Merci pour ton commentaire et l’ambition, même si cela à une connotation parfois négative est, je pense, intrinsèque de chaque être humain. :)

  11. Nico says:

    Toujours aussi agréable de lire tes récits.

    Le mot qui me vient à l’esprit à chaque fois c’est “voyages”, transporté dans une autre lieu, un autre univers. Bien loin du quotidien PC, clavier, souris.

    Merci JP pour cet instant d’évasion (ainsi que pour le contenu philosophique s’y trouvant, bien évidemment) :)

  12. Jean-Philippe, cette histoire est à la fois un réveil-matin et une inspiration. Quel beau récit comme les gens ont dit. Trop de gens se basent sur le passé pour justifier leurs actions au présent. Quel gâchi du temps qui nous est imparti.

    *Petite mention spéciale aussi à l’image du début, ça nous plonge directement dans l’histoire. Bravo !*

  13. Jean-Philippe says:

    @Nico Merci pour tes compliments ! Oui, c’est bien à travers les voyages, la découverte d’autres cultures que souvent, on comprend mieux les actions de sa vie et la suite à donner. 😉

    @CC Oui tu as parfaitement raison. Un passé, c’est juste ça, des évènements révolus. Certes, ils ont une influence sur notre personnalité mais ils ne doivent pas nous stopper dans nos buts. :)

  14. Alban says:

    C’est donc une histoire vraie ? Elle est vachement bien racontée en tout cas. Un vrai plaisir à lire, ça me donnerait presque envie de m’acheter un Kindle et de faire des pdf avec ton blog 😉

  15. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Alban ! C’est le lieu où se déroule l’histoire qui est vrai, il correspond d’ailleurs à la photo. L’histoire n’est pas réelle… ou un peu quand même. 😉

  16. J’ai été intriguée par le titre puis captivée par l’écriture de l’histoire : bravo pour ton talent.

    J’aime particulièrement la phrase :” Vous pensez tout connaître parce que vous avez respiré pendant 50 ans.”

    C’est moche d’attendre 50 ans pour comprendre que la vie c’est autre chose que les honneurs, l’agent, la réussite sociale et la gloire… Tiens, j’ai envie de pleurer un bon coup avec lui ! 😉

  17. Jean-Philippe says:

    Merci Mona Lisa de partager tes sentiments avec nous ! Cela m’est très utile pour comprendre si l’histoire fonctionne bien ou pas. Je pense qu’il y a des gens comme ça, j’en ai rencontré. Souvent, c’est dû à leur passé, à la façon dont ils ont été éduqués, alors quand arrive la cinquantaine – ou avant, ou après – cela fait un grand choc !

    Mais même à 50 ou 51 ans, ce n’est pas la fin… au contraire. 😉

  18. Grégory says:

    Belle histoire. Et très bien raconté. Je suis vraiment fan de ton style, Jean-Philippe. Quel est ton secret ?…

    Je pense qu’il n’y a pas d’age pour “commencer sa vie”. Ou plutôt commencer à être en accord avec soi-même et ses aspirations. En fait, c’est un peu comme à l’école : tous les jours, on a une leçon, plus ou moins simple/facile/compliquée/dure/… Encore faut il les assimiler, les comprendre, les recouper. Cela prend du temps. Et c’est cela qui donne de la saveur et la vraie valeur à ses leçons.

    Plus jeune, je pensais surtout “que de temps perdu …”. Peut-être. Mais si on me donne d’entrée une cuillère en argent, vais je vraiment l’apprécier ? Si je vais a chercher moi-même, je connaitrais sa valeur.

    Il y a peut être du temps perdu, mais j’en suis le seul responsable. A moi d’être conscient, réceptif, ouvert. Et de prendre mes responsabilités.

  19. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Grégory !

    Et belle leçon que tu nous donnes à tous et à toutes. Tu sais quoi ? Ça mériterait bien d’être développé dans un article parce c’est quelque chose qu’on a tendance à l’oublier. Alors j’espère avoir peut-être le plaisir de lire un jour, sur ton blog, quelque chose en rapport avec le mythe de la cuillère d’argent. 😉

  20. isabelle says:

    merci beaucoup jean philippe,
    j’ai 52ans et suis à un tournant de ma vie. je piétine et trouve que j’ai raté trop de choses, trop d’occasions, que le temps est passé trop vite et qu’il ne me reste plus beaucoup de temps. en ce moment je me ratatine le moral avec des regrets stériles et des peurs paralysantes. un GRAND, tres GRAND merci pour ton histoire qui m’a fait du bien, au bon moment. ce grand coup de bleu dans le blues grisaille de ma vie actuelle recolore les choses et les replace dans leur contexte. un pas en avant, rien n’est définitivement figé ni impossible. tout recommence sans cesse. une situation aussi horrible soit elle finit toujours par changer avec le flux de la vie. merci encore et gros bisous à toi.

  21. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Isabelle ! Tenter, tenter, il faut toujours tenter. Le jour où on se résigne, c’est fini. Mais, je vois et je sens que c’est loin d’être ton cas. 😉

  22. chrissie says:

    une belle histoire, j’aime beaucoup que l’on me raconte une belle histoire
    elle m’inspire différentes réflexions, mais j’ai ma façon de relier les idées qui sera peut-être pas très logique ou pertinente ici désolée..
    je fais partie de ces gens, enfin je suppose que je ne suis pas la seule qui ont eu besoin d’aller “se chercher au bout du monde”, ou bien d’aller y faire le point
    je suis allée au Canada (2 ans quand même) dans divers paradis tropicaux et aussi dans des établissements religieux au sein même de l’hexagone
    tous ces voyages furent très enrichissants , il FALLAIT que je les fasse
    mais c’est marrant : aller chercher son miroir ou sa loupe de l’introspection loin, très au delà des limites de son corps et de sa résidence habituelle
    enfin d’autres le font via la méditation, sans quitter leur fauteuil, mais ça je n’y arrive pas…

    au plaisir de te lire encore Jean-Philippe

  23. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Chrissie de partager un peu de ton histoire avec nous ! Je suis un peu comme ça, donc je te comprends bien. Alors bonne continuation vers d’autres aventures. 😉

  24. claire says:

    Je viens de découvrir ton article par l’intermédiaire de Cédric. Ma réponse est donc “un peu” tardive.
    Je vais avoir 56 ans bientôt. Bien sûr à son 50ème anniversaire tout le monde demande “si on se sent bien, si c’est vraiment le tournant”.
    Et bien non, c’est vraiment à 51 ans que j’ai dit “maintenant les choses ont changé” ou plus précisément “ma vision de la vie a changé”. Pas à 50 mais à 51.
    Pourquoi ? je ne sais pas vraiment,; peut être qu’à 50 ans on finit un parcours centré sur le passé et qu’à 51 on regarde le futur différemment.
    J’ai eu une vie bien remplie et je ne regrette rien : du boulot (en nuits, ce qui m’a donné beaucoup de temps pour faire pas mal de choses différentes), des pauses-carrières aussi pour m’occuper de mes 4 enfants qui sont ma fièreté et de ma belle mère tellement adorable.
    Cela m’a donné aussi l’occasion de reprendre à 36 ans la natation (que j’avais abandonnée à 16 ans) à haut niveau. Pour quoi? Avec le recul uniquement pour me prouver à moi-même ce dont j’étais capable, pour me lancer des défis gratuits.
    Je les ai gagnés; cela m’a beaucoup apporté.
    J’ai fait d’autres boulots à côté du principal que j’occupe encore depuis 34 ans. Toutes mes expériences “extra” ont duré environ 7 ans. La dernière vient de se terminer il y a quelques semaines.
    Depuis je suis devenue grand-mère et je le serai encore deux fois avant l’été 2012.
    Que s’est-il passé à 51 ans : ma vision de ma vie a viré à 180°.
    Le passé j’en ai fait (inconsciemment) un ballot qui contient toutes mes richesses (c’est comme quand on dit “l’apprentissage c’est ce qui reste quand on a tout oublié”.
    Oui, tout est oublié dans le fatras de 50 années de vie, tout est mélangé, on ne se souvient plus très bien . Mais ce qui reste c’est ce qu’on est devenu, la confiance en soi qu’on a acquise et l’expérience de la vie.
    A 51 ans, j’avais tout ce qu’il me fallait d’un point de vue personnel.
    Et puis en se tourne vers le futur : que me reste-t-il à faire ? Combien de temps ai-je pour faire cela.
    Car à partir de 51 ans, c’est comme si le temps rétrécissait : on compte le nombre d’années avant la pension, avant la maladie, avant la perte d’un être cher (mon mari à 59 ans); on fait ses comptes aussi: de quoi est-ce que je dispose, comment dois-je maintenant m’organiser pour arriver à vivre décemment pendant …?
    On ne se voit pas encore grand-mère et on espère que cela viendra le plus tard possible, comme si cela pouvait prolongé “la virginité” du passé.
    Puis on rouille petit à petit, il faut revoir ses rêves d’aventures “pour jeunes”, il faut se rendre compte que ce qu’on faisait à 25 ans, … ben c’est passé.
    Et puis vient le bonheur de passer de génération.
    A 56 ans, les 5 à 6 dernières années, m’ont ramené vers une vision réaliste de ce que sera mon futur.
    Nous avons encore pleins de projets, mon mari (depuis 34 ans) et moi, mais ils sont établis avec une toute autre vision, plus en accord avec la “réalité du terrain”.
    Avant 50 ans, même si on les a trouvées, on reste un peu “no-limit”.
    Après on fait avec, on s’organise autrement, on se projette dans l’avenir d’une autre manière, on laisse tomber les futilités, on profite de l’essentiel.
    Voilà ce qui se passe à 51 ans.
    Est-ce que cela se rapproche de la sagesse ?

    Claire

  25. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Claire pour votre très belle histoire !

    Nous avons besoin de témoignages comme le votre pour bien montrer aux autres tout ce qu’il est possible de réaliser dans la vie. Effectivement, la vraie vie commence donc à 51 ans… celle peut-être où la sagesse prend le pas sur les chimères. Je pense que vous avez trouvé le mot juste en parlant de “l’essentiel”. :)

    PS : Qui est Cédric, que je le remercie ?

  26. Annie R.Teo says:

    Merci pour ce tres bel article.

  27. Jean-Philippe says:

    Merci pour votre commentaire Annie ! Je pense que la vie à Bornéo doit être aussi belle et simple, non ? :)

  28. Robbe says:

    Il se trouve que j’ai 51 ans ! je suis né le 2 février 1961 à Paris ! je traverse une épreuve difficile ! Je suis au chômage ! ce matin, on m’a proposé un poste aux pompes funèbres, une formation qui va avec en qualité de thanatopractrice ! Suis-je assez vieille pour qu’on pense que je me sens mieux avec les morts qu’avec les vivants ? jusqu’ici, j’étais auxiliaire de vie.. Cher jean Philippe…Merci d’écrire un post qui me convienne bien.

    • Merci beaucoup pour tes compliments Robbe ! En fait, cette histoire n’est que la première partie d’une série qu’il faudra bien que je publie un jour ! Peut-être directement sur le kindle… 😉

      Bon courage pour la suite ! Thanatopractrice ? Ce ne doit pas être quelque chose de facile ça. En tout cas, bon courage. 😉

  29. Robbe says:

    Bonsoir Jean Philippe. Non, effectivement, ce n’est pas un travail très facil tous les jours, mais je suis heureuse de vivre et je ne me plains jamais alors que je cottoie la mort ts les jrs à Paris. J’ai 51 ans comme le Ricard. je ne les fais pas, c’est à force de travailler dans la fraicheur de mon atelier thanato. je mets de la musique Reggae,ça eggaye un peu mon obscure travail. Mais j’ai la pêche, c’est moi qui console les familles et les dirige dans le choix des vêtements pour leur mort. Suis solide. puis le jour où ce travail ne me plaira plus, je retournerai faire l’aide-soignante aux urgences.

  30. galiana says:

    faut faire la teuf , mettez de la bonne musique ,braquez des banques ,tous ceux qui vous agressent .

  31. Esther says:

    Il se trouve que j’ai 51 ans. Née le 2 Février 1961. Ma vie a été un peu chaotique pendant plusieur années : Que ce soit d’ordre financier ou santé.

    *Maintenant : je les ai toujours un peu mais moins grâce à une meilleure situation. j’ai acquis en même temps, une certaine sagesse. je me sers de la philosophie pour garder l’espoir et évoluer. je ne baratine pas, je suis ce que je suis et les gens me découvrent telle que je suis. Au moins, il n y a pas de surprises ! je ne suis ni foncièrement bonne, ni foncierement mauvaise. j’ai mon caractère de chien qui est devenu une légende, mais j’ai un bon fond. Quand ma famille ou mes amis sont dans la mouise, je leur viens en aide avec mes moyens. je les écoute quand ils me parlent de leurs soucis.
    Mais j’ai décidé de vivre plus simplement ! Avec des voyages à la clé. Nous choisissons de louer chez l’habitant plutôt que le luxe tapageur des hôtels : Hilton, Shératon, Astor, et & ! je me révèle enfin.

  32. christian says:

    Bonjour quel article manifique quelle belle histoire quelle qualité d’écriture défiant les auteurs célèbres. Ecirs nous un livre sur le sujet de ton choix,je mets tu car une lecture de ton article et on dirait que l’on te connait depuis longtemps. Merci et Bravo
    christian

  33. Esther says:

    Cc Jean-Philippe ! Bonne année ! Bonne santé à vous ! Je vous souhaite que de bonnes choses, tellement vous êtes adorable ! Où en est Trinity depuis qu’elle est célèbre ? Il sort quand le livre ?

  34. bondoux says:

    je vis une rupture très dur j’ai peur de l’avenir de la solitude de tout
    j’ai 47 ans et je ne sais pas si je vais arriver à gagner cette bataille
    si quelqu’un pouvait m’aider

    • Bien entendu que vous allez la gagner ! :)

      Le titre de l’histoire c’est bien que la vie commence à 51 ans, donc il faut être patiente et vous reconstruire. Je parie que lorsque vous atteindrez les 51 ans vous serez bien plus heureuse avec de nouveaux projets. A condition de commencer le travail maintenant. 😉

  35. Isabelle says:

    Belle histoire, j’aimerais tant y croire… A 50 ans, après une merveilleuse fête d’anniversaire laissant présager un doux passage de ce cap réputé difficile… tout est parti en brioche. Ma fille s’est éloignée, ma mère est partie au paradis des mamans, le chômage m’a rattrapée, j’ai quitté ma jolie maison, mon amant distrait s’est envolé vers des plus drôles, plus jeunes, plus disponibles… A 51 ans et 6 mois, l’espoir est mort…

    • Merci beaucoup Isabelle pour ton témoignage.

      L’espoir est mort si tu le décides. C’est en toi que ça se joue. C’est vrai, ce qui vient de t’arriver n’est pas du tout facile à vivre mais tout le monde a des moments difficiles voire très difficiles dans sa vie. Après, cela dépend de toi. On ne va pas tout résoudre en un commentaire mais je crois sincèrement que tout commence par ça : le filtre à travers lequel tu vois ta situation. D’après ce que j’ai compris, tu respires toujours et tu es encore capable de lire un blog. :)

      PS : Et puis arrête de parler des brioches comme ça. J’adore manger des brioches, moi ! 😉

  36. Phil says:

    49 ans, je vis à l´étranger, dans un pays de soleil, pays déprimé et qui me déprime. J´écumais l´Internet, en grattant sur Google “déprime 50 ans” , “changer de vie”, j´an ai marre 50 balais”, etc.

    Et je trouve ce petit site bien tranquille et oú l´on ne parle pas de changer de vie à 30 ans (quels cons !! …Pardon)

    Félicitations, vous écrivez et transmettez bien, joliment, merci…

    Mais comment expliquer aux autres que je suis comme vous tous, prodigieusement ennuyé parceque je vieillis, parceque je bosse toujours et encore pour mes gosses que j´adore, parceque j´ai grossi et je n´ai `lus envie de me mettre au régime, parceque je me laisse aller et tout le monde parait s´en foutre…Non, en réalité tout le monde s´en fout, et c´est irrémediable.

    C´est le stress, le spleen ou le blues?

    Enfin, excusez-moi, je suis quelque peu tristounet…

    • Merci pour ton commentaire Phil ! Si tu veux ma réponse, c’est les 3 en même temps. 😉

      Je plaisante mais tout le monde n’a pas ce que tu indiques, au même age. Ceci dit, je pense qu’à un moment ou un autre, tout le monde y fait face. Alors si tu as un projet de vie solide, ça ne se passera pas trop mal mais si tu t’ennuies énormément, là oui ça risque de faire mal pendant un petit moment… ou pour toujours. L’autre élément, incontournable, c’est de prendre conscience que la vie finalement, n’est pas éternelle. Alors on se retourne et on se demande mais qu’est-ce que j’ai fait de mon existence ? Enfin, tu ajoutes tout le côté physique/santé et tu as là un vrai cocktail explosif. :)

      Que faire ?

      Mon avis – que j’essaie d’appliquer à moi-même – c’est d’abord de ne pas me plaindre. La France est une nation de ronchonneurs, ce qui est parfois utile mais le plus souvent, handicapant. Se plaindre, ça n’avance à rien, sauf à devenir un peu plus passif ou assisté. Ensuite, c’est de commencer par agir sur une petite chose que l’on veut changer dans sa vie (on n’a généralement pas le luxe d’envoyer tout balader comme le héros de Como el viento). Enfin, c’est d’en parler. Tu le fais ici, c’est super mais c’est avec tes proches que tu dois plus communiquer et je suis certain qu’ils apprécieraient un papa plus svelte ou plus dynamique. 😉

      Je te donne juste ma façon de voir les choses, comme je ne connais pas tes détails, à toi d’adapter. Mais, une chose est certaine. A 49 ans, tu as accumulé assez d’expérience et de talents pour ne plus te voiler la face. Tu arrives au moment “pivot”, à la fameuse “deuxième vie” où tu peux te relancer (en douceur) ou sombrer (en douceur aussi). Au tout début, personne ne pourra t’aider. Ça se passe d’abord en toi.

      C’est tout la beauté (et la tragédie) de l’existence… 😉

  37. Albin says:

    Bonjour Jean-Philippe,

    je remercie Nicolas, qui m’a emmené ce soir sur cet article.

    Il faut que je l’avoues le titre m’a quelque peu intrigué et je suis bien content. J’adore cette histoire, oui elle me concerne, oui j’ai 49 ans bientôt 50 et enfin oui je me les pose aussi ses questions.

    Ce billet, comme la plupart du temps lorsque je te lis m’a donné de l’espoir et du bonheur et pour cela je te remercie. :-)

    Je vois que tu fais allusion à Dan Millman, c’est un livre que je me dois de lire. Comme j’ai eu la chance de voir le film, je vais enfin me décider à me plonger dans son récit.

    Merci d’exister Jean-Philippe.

    Albin

    • Merci infiniment Albin pour tes compliments !

      C’est amusant parce que j’avais écrit cette histoire (qui est, en fait une nouvelle, dont je n’ai jamais publié la suite) en pensant à un de mes bons amis qui atteignait les 51 ans.

      C’est vrai qu’il y a une sorte de questionnement lorsqu’on passe ce “numéro”. N’a-t-on pas gaspillé ses années passées ? Que faire du reste de son existence ? Je pense qu’à cet age on a acquis assez de maturité pour, si on le désire, vraiment aller vers des horizons nouveaux ou faire des choses qui nous tiennent à coeur. 😉

      Mais si, pour moi, “50” est la prise de conscience et le blues, je vois “51” comme l’ouverture de riches et nouveaux horizons.

      PS : Enfin, accessoirement, je les atteindrai aussi dans quelques mois… 😀

  38. Albin says:

    Cher Jean-Philippe,

    cela veut dire que peut-être un jour nous aurons le plaisir de découvrir la suite de cette nouvelle. Saches, que pour cela, je veux bien attendre (patiemment) que tu ai soufflé tes 52 ou 53 bougies :-)

    En attendant, je vais tenter d’entrevoir mes 50 de la même façon que tes 51.

    Et puis un jour peut-être j’aurai la chance et le bonheur de partager un 51 (servi avec un peu d’eau) à l’ombre d’un chêne ou d’un olivier dans l’un de nos petits bars de village, ici dans le Sud, ou ailleurs.

    Je te souhaite une excellente journée,

    Albin

  39. gerfaut says:

    Super tout ca, moi j’ai 58 Ans, largué à 53, mais obligé de tenir avec des bouts de ficelles et des emmerdes, pour mes enfants, parce que je souffrai aussi pour eux,et je devai faire barrage contre vents et marée, afin les aider à bâtir leurs fondations, c’est le devoir d’un père, mais aujourd’hui qu’ils sont à peu près en selle,mon parachute commence à s’ouvrir,et je me retrouve à faire le point seul comme un couillon, et toujours exangue, alors je pense à un sac à dos, et, avec le peu que j’ai un billet d’avion pour tataouine, peut- être qu’en me rendent utile, quelque part sur le globe j’aurai de quoi manger en retour, ainsi va la vie mes amis,et, merci encore pour ce rayon de soleil Jean Phippe

    • Merci beaucoup pour les compliments Gerfaut !

      Est-ce que c’est une bonne idée que de partir à Tataouine avec ton sac à dos ? Qui sait ? Peut-être que tu vas y faire des rencontres qui vont changer ta vie. Peut-être que tu vas t’y ennuyer et y tomber malade. Une chose est certaine, c’est à toi seul de décider. Si tu y vas, vas-y pour de bon, sans regret et en essayant d’apprécier chaque moment, chaque pas et chaque rencontre. Et quand tu reviendras, tu ne sera pas tout à fait le même. Dans le regard de tes enfants, tu y verras une lueur nouvelle mais le plus important, c’est que tu seras allé à la rencontre de toi-même.

      Alors si tu y vas, arrête-toi bien au Ksar de Drouiret. Là-bas, en regardant le paysage du sud-tunisien dans tout son minimalisme et son âpreté, tu comprendras ce que tu sais déjà : notre existence est belle de nos rencontres les plus simples et de nos galères les plus dures. Elles forment un tout qu’on appelle une vie riche et bien remplie. A 58 ans, tu as encore plein de temps pour la vivre. 😉

      PS : Et n’oublie pas de prendre une photo !

      PPS : D’autres, comme Christine, l’ont fait.

      PPPS : Ce commentaire est le 51ème. 😀

  40. louly says:

    Bonjour Jean Philippe

    Après lecture de ton récit qui m’a toucher et en regardant dans le miroir de la vie je me retrouve toujours a me poser les mêmes questions:
    Ma vie actuelle est elle bien la mienne??
    Celle que je veux vivre de tout mon être??
    Celle qui de donne envie de continuer mon existence!!

    Se n’est pas la misère, je gagne ma vie avec un petit salaire un travail plein de stress qui me ronge.
    Je part en vacances assez souvent
    Mes enfants sont grands en en bonnes santés.
    Mon compagnon de vie est agréable.

    Et malgrès ça j’étouffe, j’ai l’impression que le temps passe et que je n’en profite pas, je manque d’air se qui me donne l’impression de vivre sans vivre,
    Je cherche ma route mais j’ai déjà 51 ans et les prévision d’une retraire a 65 voir 67 ans m’est insurmontable, j’aimerais tout quitter mais pour allez ou? faire quoi?.
    Comme beaucoup la routine me ronge, me grignote, le temps passe et me marque,m’éteins petit a petit
    J’ai besoin que se rêve se réalise et ne pas être l’ombre de moi même,
    J’ai besoin de sentir la vie m’envahir tous les jour a chaque instant, nous somme là pour ça non?
    Je veux crier ,courir, sourire, découvre, aimer,créer, partager et après mais bien après je veux dormir.

    Corinne

    • Merci beaucoup Corinne pour ton témoignage ! Je suis certain que ce que tu exprimes là est ressenti par beaucoup d’autres qui passent la barre de la cinquantaine. Donc vraiment merci d’oser t’ouvrir. :)

      Moi aussi je viens d’avoir 51 ans et j’en parle dans cet article. N’y vois aucune condescendance dedans, juste le fait qu’il m’a fallu environ 4 ans pour changer et vivre plus en harmonie avec moi-même. Pour toi, peut-être qu’il faudra moins, ou plus, peu importe. Le plus important, c’est de faire un pas, le fameux premier pas.

      Tu te dois de te respecter et de t’offrir un premier cadeau en osant quelque chose de nouveau qui te tente. Mais attention, quelque chose de petit, pas “Le tour du monde en 80 jours” ! Quelque chose qui te fasse frissonner juste assez pour que ce soit en dehors de ta zone de confort. En effet, ce qui nous bloque et nous empêche de changer, c’est cette peur de l’inconnu et c’est normal que ça nous empêche de bouger.

      Donc, en y allant pas à pas, en communicant clairement avec ton partenaire, tu peux te lancer et goûter à tout ce que tu me cites en fin de message. Si l’expérience est concluante, va plus loin et profite de ces découvertes. Si ça ne t’emballe pas, essaie quelque chose d’autre, dans un domaine complètement différent mais qui t’intéresse vraiment.

      Il n’y a vraiment que toi qui puisse te stopper. Personne ne peut te dire “non”. C’est ta vie et tu n’en as qu’une, comme moi et comme tout le monde.

      Allez, ouvre la porte… 😉

  41. veronica says:

    Cher Jean Philippe,

    J’ai 49 ans, autant dire un siècle… je parais 10 ans de moins, je gruge facilement mon entourage et pourtant,dans ma tête, tout est bien clair, j’aurai 50 ans dans 1 an, demain..j’ai presque honte d’être aussi vieille, c’est ridicule, je sais.
    Je déteste vieillir, et sans raison particulière une idée lapidaire s’est imposée!
    je ne crois plus en Dieu.Comment un Dieu d’amour aurait il le cynisme de nous faire vieillir? Pourquoi nos cellules s’étiolent dès quelles cessent de proliférer? Pourquoi ne pas rester figer dans la beauté de la jeunesse en attendant la fin du compte ! j’ai si peur…La tristesse est mon ombre, personne ne le voit car je m’efforce de rayonner au quotidien. Les gens seraient surpris par ma réalité. Je cherche une philosophie capable de m’éduquer, j’ai encore 25 ans dans ma tête, c’est n’importe quoi ! L’avenir ne m’intéresse plus. Comment as-tu fait pour commencer à vivre là ou je pensais m’arrêter: A 50 ans?

    • Merci Veronica pour ton message. :)

      Je ne vais pas pouvoir répondre à toutes tes questions car il me faudrait un livre et ce ne serait que mes réponses… Ceci dit, tes questionnements sont passionnants ! Mon point de vue est que – pour l’instant – on ne peut rien contre ce qui nous attend tous et toutes (c’est à dire un étiolement des cellules comme tu le dis et ensuite la mort) donc je pars du principe que ça ne sert à rien de se battre contre ça.

      Par contre, l’âge mûr apporte une richesse insoupçonnée par les plus “jeunes” générations, une expérience qu’il n’est possible d’acquérir que parce que l’on a vécu, quelque chose qu’on n’apprend pas dans les bouquins. Une fois que tu as compris ça, il faut te tourner vers ton ikigaï (comme le disent les Japonais – voir cet article) et le découvrir. La vie ne vaut la peine d’être vécue qui si tu as une direction et souvent, autour de la cinquantaine, on est déboussolé, temporairement.

      Pourquoi ? Parce que cinquante ans (ou soixante) avant, c’était la vieillesse et la maison de retraite. Aujourd’hui, on a encore cette idée tenace dans la tête. Mais, avec tous les progrès, c’est une vraie deuxième vie qui nous est donnée avec l’avantage d’avoir toute cette expérience accumulée au fil des ans, comme je le disais plus haut. Personnellement, j’ai déjà rayé le mot “retraite” de mon vocabulaire. J’ai l’intention de faire “des choses” jusqu’au bout (et pas des voyages organisés !), de profiter de chaque moment. Pour cela, il faut être en bonne santé, donc bien manger, faire un peu de sport et ne pas être aigri. Si tu ronchonnes tout le temps, ça ne va pas t’aider à avancer, tu es d’accord ?

      Au lieu de cela, fais le point : qu’est-ce que tu sais faire ? Qu’est-ce que tu aimes faire ? Qu’est-ce qui te passionne au point d’en oublier le temps qui passe ? Quelles sont les connaissances que tu pourrais faire passer aux autres générations ? :)

      La seule chose que l’on laissera derrière nous en partant, ce sera tout ce qu’on aura donné aux autres, c’est tout. Moi, j’ai passé la première partie de ma vie à apprendre et à vouloir accumuler. Je me rends compte maintenant que je suis bien plus heureux quand je donne et soudain, les choses deviennent plus simples, de nouvelles et belles opportunités d’échanges apparaissent. Toi aussi, tu peux faire de même, à ta façon, si tu le veux. Je suis absolument certain que tu as des talents qui méritent d’être partagés avec les autres et pas de rouiller dans l’ombre de toi-même. 😉

      Alors, tu me tiens au courant ? :)

  42. veronica says:

    Merci de ta réponse, elle est magnifique. Un peu de beauté ne fait pas de mal.. je sais tout cela déjà, j’ai des talents (comme tu dis) et je les partage largement déjà.. La musique est ma meilleure amie. J’enseigne, je créé, je compose, j’écris, oui.. et puis !

    Le paradoxe c’est que je n’ai même pas peur de la mort! mais seulement de vieillir ! cette idée est une boite noire qui emprisonne mes soleils.. Le pire, c’est que la jeunesse qui m’entoure me flatte sans arrêt,car je les rassure.. (faut dire que j’en fait des caisses),malheureusement, ce n’est pas réciproque.

    Je préférerais ressembler à une petite mémé et avoir l’état d’esprit de ton pêcheur. Je pensais avant que si mon image me rassurait, je vieillirais avec panache, mais au lieu de ça, je suis ivre de colère.. A en avoir le vertige ! pauvre moi… Et je ne rouille pas ! :-)

    • Bravo Veronica, alors je n’ai plus rien à ajouter… :)

      C’est génial tout ce que tu nous dis, tu as tout ce qu’il faut en toi et au final, la décision t’appartient. Pour paraphraser Paulo Coelho : Veronica décide de vivre !

      PS : Tu n’es pas esclave de tes pensées. Mais ça, tu le sais aussi non ? 😉

  43. Antoine says:

    Bonjour à tous , c’est bien beau tout ça, l’histoire du pêcheur est très jolie aussi. Jean-Philippe dit ” on a tous ce qu’il faut en nous, la décision nous appartient ” et de paraphraser Coelho ” décidons de vivre “. 55 ans , 2 séparations, perte de mon emploi à 3500 euros/mois , plus d’argent, la crise pour l’emploi des séniors, l’envie de péter un câble chaque fois que j’écoute les médias, une fille encore de 15 ans à qui il faut que je montre que j’ai le moral alors vous pensez bien que le constat de ma vie est vite fait, raté, 55 ans pour en arriver là ……. pffffff, ou, je sais, vous allez croire que je suis dépressif mais non , je me bat tous les jours pour vivre ou survivre plutôt, je vais encore essayer …….quelques temps. Pour l’île paradisiaque et les voyages, je suis d’accord avec Jean-Philippe, la distance n’efface pas le mal-être, très belle histoire de ” l’alchimiste” de Coehlo, il ne sert à rien d’aller en Egypte trouver son trésor , il est en nous. Moi , je le cherche encore. Merci de m’avoir lu

    • Merci infiniment Antoine de partager ton histoire !

      Et si tu mettais aussi en avant tes réussites ? Je ne peux pas les citer pour toi mais je sais que nous en avons tous et toutes… Je ne dis pas qu’il faut masquer les points difficiles, les noyer dans l’oubli mais une vie est faite des deux, non ? Ta richesse, ce que tu es maintenant est le résultat de toutes ces expériences et c’est là que se situe ton trésor : un savoir unique qu’il faut maintenant mettre en valeur. 😉

  44. Antoine says:

    Merci Jean-Philippe pour ta précieuse aide et ta compassion. Je vais essayer, merci encore

    • C’est normal Antoine !

      Au mot “compassion”, je préfère le mot “bienveillance” ou encore mieux “fraternité”. Après tout, tu n’es pas un vieillard, tu n’as que 55 ans ! et au minimum 20 à 30 ans de choses passionnantes devant toi. 😉

  45. Antoine says:

    Moi aussi j’ai une jolie histoire. ” Il n’existe qu’un seul moment important”
    Le maitre boudhiste Thich Nhat Hanh aime raconter , au cours de son enseignement, une histoire de Tolstoï. La voici.

    ” Un jour, il apparut à un certain empereur que si seulement il connaissait la réponse aux trois questions suivantes, rien ne le ferait s’écarter du droit chemin.

    – Quel est le meilleur moment pour chaque chose?
    – Quelles sont les personnes les plus importantes dans tout travail?
    – Quelle est la plus importante chose à faire à tout moment?

    L’empereur promulgua un décret dans tout son empire annonçant que quiconque pourrait répondre aux trois questions recevrait une grosse récompense.
    En réponse à la première question, quelqu’un suggéra à l’empereur d’établir un emploi du temps complet, avec les heures , mois, jours, années, et les tâches à accomplir. En le suivant à la lettre , l’empereur pourrait alors espérer parvenir à faire chaque chose au bon moment.
    Une autre personne rétorqua qu’il était impossible de tout prévoir à l’avance et que l’empereur devait mettre de côté toutes les distractions inutiles et qu’il devait rester attentif à toutes choses afin de savoir quand et comment agir.
    Un autre encore insista sur le fait que l’empereur seul ne pouvait espérer posséder la clairvoyance et la compétence nécessaires pour décider quand faire chaque chose. Il lui semblait primordial de nommer un conseil des sages et d’agir selon leurs recommandations.
    Les réponses à la seconde question divergeait aussi beaucoup. Quelqu’un dit que l’empereur devait placer toute sa confiance en ses ministres, un autre recommanda les prêtres et les moines tandis que d’autres suggéraient les médecins et les militaires.
    A la troisième question, une semblable variété de réponses furent proposées. Certains affirmèrent que la science était la plus importante des recherches.
    L’empereur ne fut satisfait par aucune des réponses.

    Après plusieurs nuits de réflexion, le souverain décida de rendre visite à un ermite vivant dans la montagne. L’ermite était connu pour ne recevoir que les gens pauvres et refuser tout contact avec les riches et les puissants.
    Pour cette raison, le souverain se déguisa en pauvre paysan et demanda à son escorte de l’attendre au pied de la montagne pendant qu’il partait seul à la recherche de l’ermite.

    En atteignant la demeure du saint homme , l’empereur l’aperçut en train de bêcher le jardin devant sa hutte. A la vue de l’étranger , l’ermite salua de la tête et continua à bêcher. C’était un labeur très pénible pour lui car il était vieux.
    L’empereur s’approcha et lui dit : ” je suis venu demander votre aide. Voici mes trois questions: Quel est le meilleur moment pour chaque chose ? Quelles sont les personnes les plus importantes dans tout travail ? Quelle est la chose la plus importante à faire à tout moment ? ”
    L’ermite écouta attentivement, puis il tapota sur l’épaule de l’empereur et se remit à bêcher. Le monarque dit alors :” Vous devez être fatigué, laissez moi vous donner un coup de main.” Le vieil homme le remercia , lui tendit la bêche et s’assis par terre pour se reposer.
    Après avoir bêché deux plates bandes , l’empereur s’arrêta, se tourna vers l’ermite et lui répéta à nouveau ses trois questions. L’ermite ne répondit pas et le souverain continua de bêcher.
    Finalement, le soleil se coucha derrière la montagne, le souverain posa la bêche et dit ” Ecoutez, je suis venu ici vous demander trois questions, mais si vous n’êtes pas en mesure de le faire, dite le moi afin que je puisse rentrer chez moi”.

    L’ermite leva la tête et demanda à l’empereur: ” N’entendez-vous pas quelqu’un qui court dans notre direction? ”
    L’empereur tourna la tête et ils virent un homme surgir du bois. Il courait de manière désordonnée , les deux mains pressant une blessure sanglante qu’il avait au ventre. L’homme courut vers le souverain avant de s’écrouler sans connaissance sur le sol. Le monarque nettoya complètement la blessure, puis il utilisa sa propre chemise pour la panser. Finalement , l’homme blessé reprit connaissance et demanda un peu d’eau. L’empereur courut jusqu’au ruisseau et ramena une jarre d’eau fraîche.
    Pendant ce temps , le soleil avait disparu et le froid de la nuit commença à s’installer. L’ermite aida l’empereur à porter l’homme dans la hutte où ils l’allongèrent sur le lit.
    Le lendemain, le souverain se réveilla, il oublia un instant où il était et ce qu’il était venu faire ici. Il regarda vers le lit et vit l’homme blessé qui se demandait aussi ce qu’il faisait dans cette hutte.

    Lorsqu’il aperçut l’empereur , il le fixa attentivement du regard et dit :
    ” S’il vous plait , pardonnez moi ”
    ” Mais qu’avez-vous donc fait qui mérite d’être pardonné” demanda le souverain.
    ” Vous ne me connaissez pas , mais moi je vous connais, j’étais votre ennemi juré et j’avis fait le vœu de me venger car lors de la dernière guerre vous avez tué mon frère et saisi tous mes biens. Quand j’ai appris que vous veniez seul sur cette montagne pour rencontrer l’ermite, j’ai alors décidé de monter un guet-apens et de vous tuer. J’ai attendu longtemps , mais ne vous voyant pas venir , j’ai quitté ma cachette pour tenter de vous trouver. C’est ainsi que je suis tombé sur votre escorte, qui m’a reconnu et infligé cette blessure. Heureusement, j’ai réussi à prendre la fuite et ai couru jusqu’ici. Si je vous avais pas rencontré , je serai mort. J’avais l’intention de vous tuer et au lieu de cela , vous m’avez sauvé la vie ! J’éprouve beaucoup de honte , mais aussi une reconnaissance infinie. Si je reste en vie , je fais le vœu de vous servir jusqu’à mon dernier souffle. Majesté , accordez moi votre pardon”

    ….ET LA REPONSE

    L’empereur était comblé de joie de voir avec quelle facilité il s’était réconcilié avec un ancien ennemi. Non seulement il lui pardonna , mais il promit de lui faire restituer tous ses biens.
    Il revint voir l’ermite, le souverain désirait poser une dernière fois les trois questions à l’ermite.
    Le vieil homme le regarda. ” Mais vous avez déjà la réponse à ces questions”
    ” Comment cela ” dit l’empereur intrigué.
    ” Hier, si vous n’aviez pas eu pitié de mon âge et ne m’aviez pas aidé à retourner la terre , vous auriez été attaqué par cet homme à votre retour. Vous auriez alors profondément regretté de ne pas être resté avec moi. Par conséquent , le moment le plus important était le temps passé à bêcher le jardin, la personne la plus importante était moi-même, et la chose la plus importante était de m’aider. Plus tard , lorsque l’homme blessé est arrivé, le moment le plus important était celui que vous avez passé à soigner sa plaie, car si vous ne l’aviez pas fait , il serait mort été vous auriez raté l’occasion de vous réconcilier avec un ennemi. De la même façon, il était la personne la plus importante, et soigner sa blessure la tâche la plus importante. Rappelez-vous qu’il n’existe qu’un seul moment important , c’est maintenant. Cet instant présent est le seul moment sur lequel nous pouvons exercer notre maîtrise. La personne la plus importante est toujours la personne avec qui vous êtes, celle qui est en face de vous, car qui sait si vous aurez à faire à quelqu’un d’autre dans le futur ? La tâche la plus importante est de rendre heureuse la personne qui est à vos côtés, car cela seul est la recherche de la vie”

    Epilogue:
    L’écriture de Tolstoï semble tiré des écritures: à mes yeux, elle est aussi riche et profonde que n’importe quel texte sacré. Nous parlons de service social, de rendre service aux autres, de servir l’humanité, d’aider ceux qui sont loin, de contribuer à la paix dans le monde _ mais nous oublions souvent que nous devons vivre avant tout pour les gens qui nous entourent. Si vous ne savez pas rendre heureux votre propre enfant, comment espérez-vous être en mesure de rendre qui que ce soit heureux ? Si tous nos amis dans les mouvements pacifistes et dans les communautés à caractère social et humanitaire ne sont pas capables de s’aimer et de s’entraider , qui allons-nous pouvoir aimer et aider ?
    Le seul moment important , c’est maintenant

  46. isabelle says:

    bonjour Jean Phil

    Je réponds surtout à Antoine, ici.

    Antoine j’ai vécu, je vis encore une situation très parallèle à la tienne.

    J’ai 55 ans et ça fait 2 ans et demi que je rame depuis ma liquidation judiciaire, j’y ai tout perdu, mon logement, mon boulot, un divorce dans la foulée. Et tout ça dans la même année avec deux filles de 14 et 16 ans à l’époque, à charge… sans pension alimentaire vu que le papa était aussi dans le même bateau.

    La faillite c’est vécu comme un échec personnel et une castration autant pour l’homme que pour la femme.

    Le dégout, le déni, la révolte, l’incompréhension, la haine ou la hargne. Une période de panique aussi ou j’aurais voulu me terrer dans un (gros) trou de souris et ne plus rien voir ni entendre.

    J’avais l’impression de voir la vie s’écouler normalement à côté de moi alors que j’étais pétrifiée sur place, au ralenti, comme dans les films… Atroce impression.

    J’ai fait le plein et le trop plein d’émotions, plein pot, en plein dans la face.

    Dieu merci, c’est comme un soufflé au bout d’un moment ça retombe

    La ça va mieux, j’ai digéré certaines choses, pris les évènements à bras le corps. Tourné la roue dans le bon sens au lieu de me laisser entrainer par le courant. J’ai repris les rênes quoi.

    J’en ai bavé à en remplir des seaux, pleuré à remplir des rivières (c’est une chanson ça) mais après, y a bien fallu prendre son courage à deux mains, même trois ou quatre mains pour rattraper le temps perdu. (non je ne l’ai pas fait avec les pieds)

    Le roseau plie mais ne rompt pas. Le découragement parfois, ça me connait, je ne suis pas mieux qu’une autre. J’ai l’énorme chance de savoir voir du bon côté de la lorgnette, de tirer à moi tout l’humour possible et disponible dans chaque situation. J’arrive à rire de choses in-riables quitte à passer parfois pour une meu-meu ou une folle, mais je m’en fous. A chacun son exutoire.

    Chez moi c’est le rire et l’écriture.

    Jean Phil m’a dit une fois que dans senior il y a “or” et je me suis rangée à son avis. (à l’époque, je me trouvais un peu – presque – déjà vieille pour me lancer de nouveaux défis)

    Tu vois, Antoine, ça ne sert à rien de s’auto-apitoyer puisque ça n’ira qu’en empirant. Si on n’avance pas on recule vu que la vie-Elle avance plus vite que nous.

    Je me suis bagarrée pour régler tout l’administratif. C’était moi qui recevait toutes les lettres recommandées, l’huissier, les avocats, le tribunal. Inutile de te dire que je ne sais plus voir une robe d’avocat en peinture même dans les feuilletons.

    Mais jour après jour, je t’assure qu’on peut remonter la pente et que parfois ça va très vite dans le bon sens. Je n’ai pas dit que j’avais gagné au loto ni tiré le gros lot. Mais j’ai posé les bons gestes aux bons endroits , j’ai dégoté à l’arrache, une formation pour une remise à niveau-bourrage de crâne de compta/secrétariat, j’ai fait un stage d’un mois dans ma mairie, qui lui même a rebondi sur un cdd d’un mois suite à une secrétaire malade cet été et là dans deux semaines je commence un contrat cui dans une école.

    Ok, les contrats aidés ça paupérise et entretient la pauvreté surtout des quinquas comme moi au RSA. Mais je préfère ça plutôt qu’être assistée, je vaux encore quelque chose sur le marché du travail …la preuve…

    Et même si je ne serais pas payée beaucoup, même si je perds des avantages je m’en fous. je me resocialise, j’aurais à nouveau l’envie de lever le matin, de me maquiller (évite quand même ça lol), de faire 10 minutes de trajet à pieds matin/midi/et soir.

    Bref, on a tous besoin d’un guide-line et je suis bien placée pour le savoir.

    Alors toi, Antoine, je ne connais pas ton parcours, mais je suis sure qu’en prenant la peine de faire la liste de tout ce que tu sais, de ce que tu sais faire, que tu as fait, que tu as vécu, que tu as partagé, tu pourrais faire une liste grande comme une maison.

    Tu as un savoir, des compétences, des expériences à transmettre, à retranscrire. des conseils à donner, du temps à partager. Remue toi. Recharge tes batteries et tu sentiras plein de petits picotements qui te feront sentir plus vivant que jamais.

    L’espoir c’est bien. Ca aide c’est sur. Mais ça ne suffit pas. Mais c’est se mettre en branle qui permet de faire la moitié du chemin.

    Quand on dit : aide-toi, le ciel t’aidera, il y a bien la notion de faire et commencer la moitié du parcours et non pas attendre que ça nous tombe tout cuit. Crois moi, j’ai essayé, y a rien qui est tombé :-) T’as du le constater aussi.

    La vie nous offre des chances à répétition et c’est nous mêmes qui les entretenons, qui les provoquons.

    Des phases de découragement tu en auras encore. C’est la façon dont tu les aborderas et les prendras à bras le corps qui feront la différence.

    Moi j’aimerai pas trop rester trop longtemps les fesses ensablées sur la plage la plus belle soit elle. juste un peu pour savourer après je me lasserai

    Faut que ça bouge, que j’ai des objectifs, que ça vive.

    J’ai tout le temps pour être vieille pour de vrai, alors j’essaie de ne pas déjà l’être dans ma tête non plus !

    Je me contente surtout d’apprécier ce que j’ai au lieu de me concentrer sur ce que je n’ai plus.

    Y a fallu lacher prise c’est sur, oui, c’est vrai. Ca n’a pas été évident tout de suite. Je te l’accorde. Je suis passée aussi par une période de déni, de révolte, mais dieu merci, je ne suis plus dans cette phase de révolte ou de découragement stérile.

    Alors tout ce que je peux te souhaiter, Antoine, c’est qu’après ta période ou tu tournes en rond les mêmes idées qui n’aboutissent à rien, tu prennes le temps de te poser, et les fesses et les bonnes questions.

    Respire un grand coup mon vieux, tu vas y arriver.

    Et si tu veux me contacter, n’hésite pas.
    Isabelle

    ps : Mais fais gaffe. Je chausse du 41, la pointure idéale pour te donner un grand coup de pied, si tu veux, dans la bonne direction. :-)

  47. Antoine says:

    Merci Isabelle, je t’ai lu attentivement et ce que tu écris avec Jean-Phil est tellement vrai mais je ne te cache que c’est compliqué car si il serait si simple de se dire, prenons nous en main, positivons , avançons, regardons la vie avec sérénité, ce que nous avons fait de bien, de moins bien, ça se saurait et les psy n’auraient qu’à remballer. Le constat est là et pour moi après 55 ans, je trouve en toute objectivité que la balance est négative. Ne t’inquiète pas, je sais aussi que je vais continuer la route et ton message me donne du courage pour cela. Je n’ai pas l’habitude de m’auto-apitoyer, pour mon entourage proche, mes amis, mes filles, je suis quelqu’un de positif, qui avance toujours, je joue très bien mon rôle. L’anonymat d’internet fait que je peux me livrer sans être découvert , ça m’a soulagé, fait du bien et de savoir que des gens ayant aussi leurs propres galères, n’hésitent pas à apporter leur soutien à des personnes qu’elles ne connaissent pas comme toi pour moi est réellement formidable. D’ailleurs je t’invite à écouter cette chanson de Stromaé ” Formidable”, elle en dit long. Je vais prendre tes conseils à la lettre, merci encore Isabelle

    • isabelle says:

      bonsoir Antoine,

      Je me doute que tu es positif, sauf que parfois le découragement gagne.

      En fait, ma longue diatribe, tu m’excuseras de sa longueur aurait pu être résumée… là je me suis laissée emportée par mon vécu. Et j’ai été un peu longuette. Tu m’excuseras.

      En fait, je voulais et je le désire toujours, lutter contre le défaitisme et la morosité.

      Ok je suis d accord avec toi, le “système” délaisse clairement les pré-pro-et vrais quinquas entre autre.

      Mais si on se laisse défaire le moral, ben, on ne pourra pas laisser émerger grand chose.

      Ce n’est que le système par lui meme qui pêche par certains côtés.

      C’est à nous, de venir avec nos gros sabots mettre également nos fesses pour rectifier peu à peu l’équilibre.

      Sinon, c’est même plus la peine, autant aller déjà squatter dans un hospice.

      La vie est pleine de surprises, les dés ne sont pas jetés quoi que tu puisses croire.

      SI tu crois que les dés sont pipés, tu trouveras de quoi démonter qu’ils le sont.
      SI tu crois que tu peux renverser la vapeur, tu le pourras et auras le plaisir de le constater aussi.
      dans les deux cas tu auras raison : C’est le système des croyances.

      Les choix t’appartiennent et c’est ça qui est bien. La balle est encore dans ton camp. La partie est EN TRAIN de se jouer. Elle n’est pas finie.

      Bonne soirée à toi et à ta famille.

      Isa

      et quand t’as le blues, vient recharger tes batteries sur mon blog.
      Jean Phil ne trouvera rien à redire. :-)

  48. Antoine says:

    Bonsoir Isa, tu sais, à part décider de partir je ne sais où et vivre un nouveau recommencement sans savoir si ce sera notre destin , c compliqué. Moi, je me souviens, il y peu , où je ne me posais pas de questions, je croyais en la vie telle qu’elle se déroulait, j’ai toujours travaillé depuis l’âge de 17 ans , j’ai connu les fameuses 30 glorieuses comme on disait. J’ai cotisé, toujours fait ce qu’on attendait de moi, élevé mes enfants, etc etc, la vie quoi, ce que la société nous disait de croire, nos élus successifs , l’Europe, la mondialisation, la culpabilisation de ne pas être assez altruiste, de ne pas donner plus aux pauvres ( plus que moi ) , aux immigrants, aux roms ( d’actualité en ce moment), en 2009 , j’ai perdu mon travail, crise oblige, au bout de 30 ans , ma compagne s’en va, bizarre, juste quand je perd mon boulot, elle est déjà remariée depuis, ça fait gamberger sur les 14 ans passés ensemble, alors oui, j’ai un coup de pas bien et si j’aurai 40 ans encore, peut-être que je n’y prêterai pas attention. Francis Cabrel résume bien dans ” les murs de poussière” qu’il ne sert à rien de partir loin pour se requinquer, on revient toujours à son arbre du jardin mais là , je t’avoue que j’ai besoin de me retrouver, il n’y a que moi qui peut me sortir d’affaires, je le sais mais pour faire quoi, là est toute la question. Je te remercie encore ainsi que Jean-Phil qui m’aide à travers ses écrits

  49. isabelle says:

    Je t’en prie.

    Si je pouvais faire plus, je le ferai.
    Je t’envoie toute mon amitié.
    Isa

Commentez ce billet