Faire ou ne pas faire

Ce building est maintenant fini et se trouve à Pékin. Fallait-il le faire ou pas? Esthétiquement c'est joli mais s'il y a un tremblement de terre...

Dans le stress de la vie quotidienne, on finit par oublier qu’un grand nombre de nos obligations n’en sont pas vraiment. Nous courons, portable dans une main et clefs de la voiture dans l’autre sans nous rendre compte que ces obligations ne sont que des illusions dont nous pouvons, si nous le désirons, nous débarrasser très facilement.

Est-ce que je suis un adulte?

C’est souvent la question que je me pose lorsque je me retrouve dans des situations qui ne me plaisent pas, où je me sens piégé, coincé et forcé de suivre une ligne de conduite qui n’est pas toujours la mienne. Pour moi, c’est ça avoir des obligations. Elles font partie de ma vie comme de la vôtre. Désolé de briser vos rêves. 😉

Alors, plus généralement, qu’est-ce que c’est une obligation? C’est une activité ennuyeuse que nous devons faire et qui est imposée. Mais par qui? Par exemple, si votre chef de bureau vous demande de régler un dossier spécifique avant la fin de la journée, c’est bien une obligation. Si votre prof de français vous donne une dissertation sur Jean-Jacques Rousseau, c’est aussi une obligation. J’en connais beaucoup qui m’approuvent sur ce dernier exemple. Mais si vous y regardez de plus près, ce ne sont pas réellement des “obligations”. Vous pourriez toujours refuser de finir le dossier ou d’écrire la dissertation. Vous pourriez quitter votre emploi ou quitter l’école. Avec les conséquences qui en découleraient. En général, nous choisissons de régler le dossier, nous choisissons d’en faire 4 pages sur Rousseau, car au fond de nous-mêmes nous pensons que c’est meilleur pour notre futur.

Mais les obligations ne viennent pas seulement des autres. Nous sommes aussi très doués pour nous imposer des choses. Si j’ai le coiffeur à 18h00, un dîner au restaurant à 19h30 et une soirée ciné à partir de 21h00, est-ce que ce sont des obligations? Ça y ressemble mais encore une fois, non. Ce sont des choix. Vous avez décidé de dire oui à ces 3 différents rendez-vous et donc vous saviez que vous alliez avoir à courir d’un rendez-vous à l’autre avec tout le stress que cela implique. Mais maintenant, vous maudissez la circulation ou la voiture devant vous qui ne roule pas assez vite, augmentant ainsi votre niveau de stress. Pourtant c’est vous qui aviez décidé, non?

Des voix dans la tête

Tout ce dialogue se tient à l’intérieur, les idées se bousculant et vous poussant à encore plus d’agitation. Il est peut-être temps d’arrêter. Si je me retrouve dans cette situation, et heureusement ça m’arrive moins souvent, vu que j’essaie d’organiser ma vie de manière plus simple, je passe à l’action dans ma tête et j’entame un dialogue très court avec ces voix qui me fatiguent et m’usent. En fait, je leur pose une question toute simple:

“On le fait ou on le fait pas?”

En effet dans chaque situation, chaque obligation, il n’y a que 2 solutions: soit vous l’effectuez soit vous ne l’effectuez pas. C’est tout. Le reste du dialogue dans notre tête est inutile, stressant et nous fait perdre notre énergie. Je ne parle pas non plus des effets sur la santé.
Donc, si vous avez rendez-vous chez le coiffeur à 18h00, vous y allez ou pas? Si c’est oui, allez-y, point. Si c’est non, prenez votre téléphone et annulez immédiatement, quelles qu’en soit les conséquences. Faites-le maintenant. Ne laissez pas votre mental établir un dialogue stérile et inutile. Ne laissez pas une conversation intérieure futile s’établir. Elle va user vos batteries et votre créativité. En clair, ne vous comportez pas comme un enfant qui ronchonne.

Les petites obligations

Et il en va de même pour les choses toutes simples de la vie que nous devons accomplir, ces petites obligations dont on se passerait bien. Laver la vaisselle est une glorieuse occupation que nous aimons tous. On se battrait pour la faire. Non? :)

Combien de fois nous arrive-t-il de passer dans la cuisine en faisant semblant de ne pas la voir dans l’évier? Est-ce que c’est réellement une bonne attitude, ça? Le mieux, c’est de se poser la question “je la fais ou pas?”, de dire oui ou non et de la laver immédiatement ou de passer à autre chose.

Il a aussi des activités que nous avons délibérément choisies, qui au bout d’un moment ne nous plaisent plus vraiment et deviennent ainsi des obligations. Là aussi j’utilise la même question, pour me donner un espace de décision et ne pas perdre mon temps en dialogue intérieur. Le fait d’agir tout de suite aide à me calmer.

Par exemple, si vous avez un but, comme celui de perdre quelques kilos ou de courir chaque matin, n’oubliez pas que ce n’est pas une obligation. A un moment vous avez décidé de maigrir ou d’aller régulièrement faire un footing. Personne ne vous a imposé ces choses. Alors, soit vous mangez de façon saine, soit vous ne le faites pas. Soit vous courez, soit vous ne courez pas et personne ne viendra vous le reprocher. C’est vous qui décidez. Ne rejetez pas la faute sur la pub télé vantant les bonnes gaufrettes ou la météo pluvieuse. Au bout du compte, vous êtes la personne qui prenez la décision, même si vous n’en prenez pas. 😉

(Photo: Jakob Montrasio)

Commentaires

9 commentaires pour “Faire ou ne pas faire”
  1. mounaque says:

    Bonjour Jean-Philippe, bonjour à tous !
    c’est très important ton rappel sur les vraies et les fausses obligations; C’est vrai que parfois on se fait des reproches lancinants, on se culpabiliise pour des choses sans intérêt. Mais on n’est pas des sur-hommes/femmes !!!
    Par contre la seule chose que j’ai du appliquer dans ma vie c’est lorsque j’avais quelque chose de très important à communiquer à quelqu’un (patron, etc..). Comme je suis extrèmement timide, je tournais les phrases dans ma tête et pour moi cela ne devenait plus naturel, ce n’était plus spontané… alors je me taisais dans un premier temps et je m’en rendais malade(comme tu le dis si bien je ronchonnais).
    Puis un jour j’ai du grandir : désormais à chaque fois que j’ai quelque chose à dire, j’examine bien la situation à l’avance et dès que je suis en présence de la personne, je m’oblige à lancer la première phrase et le reste suit… et… ensuite je suis souvent étonnée du résultat car je vais mieux et mon interlocuteur ne me mange pas !!!!!
    Bon je relis ton article et cela fera partie de mon changement mensuel…

    Bonne semaine à tous et soyez heureux !

  2. Jean-Philippe says:

    Bonjour Mounaque!

    C’est très gentil à toi de partager ton truc pour communiquer avec quelqu’un qui impressionne. Je suis sûr que ça aidera tous ceux et toutes celles qui font leur RévoPerso!

    Moi aussi j’ai dû et je continue à travailler sur ma timidité. En fait, j’en ai fait un atout, car la timidité, on y pense que de façon négative mais pourtant c’est aussi une qualité. Notre sensibilité nous permet de rapidement comprendre notre entourage, grâce à notre empathie… Tiens, ça me donne une idée pour un nouvelle article… merci Mounaque! :)

  3. mounaque says:

    Ne vas pas trop vite !!! j’en suis à “comment quitter son travail…”, j’ai encore tout les articles à lire.. Pitié !!
    (mais mon subconscient dit : oui continue Jean Philippe, tu finiras bien par écrire l'”Article” qui me fera enfin avoir plus d’indulgence pour moi … :) ).

  4. Jean-Philippe says:

    Merci :)

    Etre indulgent avec soi-même c’est se respecter et s’accepter avec ses qualités et ses défauts. Nous sommes tous uniques, nous avons tous une contribution à apporter au monde et le meilleur moment pour commencer c’est maintemant!

  5. Meriem says:

    beeeen …. c’est pas si simple
    Et pourtant, côté “obligations”, j’y arrive pas trop mal : je suis super -championne pour remttre à demain ce que j’aurais pu faire aujourd’hui.

    quand je stresse parce que j’arrive pas à tout faire …. mon problème vient du fait que le “tout”, ce ne sont pas des obligations, ce sont des envies.
    Quand on a envie d’aller chez le coiffeur ET d’aller au ciné ET de se faire un petit resto ET de s’offrir une grande balade avec le chien ET …..
    comment on fait?
    C’est facile de se débarasser d’une obligation : on culpabilise à mort , mais bon, c’est supportable .
    Mais comment se débarasser d’une envie ? choisir ? c’est frustrant !

    BOn pas de panique … j’arrive à vivre quand même, et j’arrive même à visiter les blogs de mes visiteurs …. et je fais de jolies découvertes.
    Merci

    • Jean-Philippe says:

      Merci beaucoup Meriem!

      Tu m’as bien fait rire avec tes “ET”. :) Je te comprends tout à fait car je crois qu’on a tous parfois ce même problème. Trop de choix et pas assez de temps. Je pense que c’est une question d’organisation. Facile à dire mais pas facile à appliquer. Ceci dit, il y a toujours des activités passionnantes qu’on n’est pas obligé de faire ce jour là. Un bon resto avec une amie ça peut se déplacer. La promenade de ton brave toutou… peut-être que non. 😉

  6. Harry says:

    Bonjour Jean-Philippe,

    J’utilise personnellement une autre astuce quand je suis dans une situation d’impasse ou dans un ras le bol émotionnel. C’est une phrase toute bête, trouvé dans un film il y a de ça quelques années:

    “Qu’est ce que je ferais si j’étais moins con ?”

    Elle permet à la fois d’interpeler, et de se détacher de toute émotion (ou émulsions de petites voies :) ) pour résoudre un deal intérieur.

    A très bientôt

  7. Jean-Philippe says:

    Merci Harry !

    J’aime beaucoup cette idée. Même si au premier abord, ça paraît négatif, comme vous l’avez dit cela permet de se détacher et de revenir les pieds sur terre. (ou le contraire si on est à King’s Cross près du quai 9 3/4 ;))

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