Le pouvoir inquiétant d’une habitude

 

Albi s’éveille à peine.

Comme d’habitude, je marche dans ses rues vides profitant du petit matin calme où il n’y a encore pratiquement aucune circulation. Je me dis souvent que ça me change de Tokyo ou de Los Angeles.

Pourtant ce matin, je sens bien que quelque chose est différent en moi.

Je rentre dans le hall de l’hôtel.

Le veilleur de nuit me salue. Il me connait bien, Il est habitué à me voir débarquer assez tôt pour venir travailler.

Je prends un thé, English Breakfast, en me disant que oui, il y a quelque chose de différent en moi. Je n’arrive pas à mettre le doigt dessus.

Je m’installe à ma table habituelle, prenant soin de tourner le dos à la télé muette qui, en continu, nous distille ses bandeaux de news où tous les malheurs du monde sont renouvelés quotidiennement.

J’ouvre mon ordinateur portable et je le connecte sur la wifi de l’hôtel.

Mes pages apparaissent et, soudain, je comprends.

Le pouvoir d’une pensée

Trinity et Speedy ne sont plus là.

Ces compagnons virtuels de mes matinées hôtelières sont partis. J’ai d’abord un petit pincement au cœur et puis, juste après, je me sens ridicule…

J’essaie de me ressaisir.

“Tu ne vas pas verser une larme aussi ?” je me dis intérieurement en essayant de me secouer. Mais rien n’y fait. J’ai un petit vague à l’âme. Les Brésiliens diraient une petite saudade.

Je me retourne même pour regarder un peu la télé essayant de me secouer et de disperser ces rêveries nostalgiques.

Cela dure quelques minutes.

Et puis finalement, l’une des serveuses me lance un bonjour de loin, me tirant de mes pensées. Alors, refaisant face à mon ordinateur, je pousse un petit soupir en me demandant ce que je vais bien pouvoir écrire ce matin…

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

Parce que je veux partager avec vous, ce concept si puissant et si sous-estimé qu’on appelle une habitude.

J’en parle souvent ici, j’en ai même fait la base d’un groupe privé qui travaille uniquement sur ce principe et je sais que sans ce concept, jamais ce blog n’aurait vu le jour avec ses près de 350 articles et tous ses ebooks.

Vous allez soupirer à votre tour en vous disant que, oui, vous savez que le pouvoir des habitudes est important !

Et là, je vous dirais que non, vous comprenez peut-être intellectuellement ce que cela veut dire mais vous ne l’avez sans doute pas senti dans votre chair, sinon vous ne soupireriez pas.

Une habitude que l’on installe et qui devient vôtre, c’est un peu ce qui s’est passé avec Trinity et Speedy.

Le pouvoir d’une habitude

Vous ne les connaissez peut-être pas mais ce sont deux des caractères principaux des aventures de La femme sans peur, une saga dont vous pouvez régulièrement lire les épisodes ici-même. J’ai commencé à écrire la série au mois de mai et je viens de terminer le volume 1.

Cela fait donc 5 mois que je viens plusieurs fois par semaine en rédiger la suite, ici, dans cet hôtel. Et je ne fais que ça. Venir dans cet établissement a été synonyme pour moi, dès le début des aventures de La femme sans peur.

Qu’il pleuve ou qu’il fasse chaud (voire très chaud), il ne me serait pas venu à l’idée de faire quoi que ce soit d’autre dans cette salle.

Bien sûr, il y a certaines fois, où la mise en train a été plus lente où je me suis mis à procrastiner, utilisant “la recherche d’informations” pour la série afin de m’en aller surfer sur wikipédia. Mais toujours, je suis revenu vers l’histoire, comme si un aimant m’attirait malgré moi.

C’est sûr, il y a aussi des jours où j’ai écrit des choses peu intéressantes mais, au fil du temps, le pouvoir de cette simple habitude a été plus fort que tout. :)

A tel point que ce matin, je me sens seul.

“Bon sang,” je me dis, “ce ne sont que des personnages virtuels, des créations de ton esprit ! Ressaisis-toi un peu, non ?”

Oui, oui, alors je me mets à écrire cet article qui garde un tout petit lien avec eux.

Cela, pour moi, prouve la puissance d’une habitude. La toute puissance des routines sur notre conscience.

The power of a man

Il y a deux écoles.

Celle qui dit que tout doit se faire avec conscience et celle qui ne jure que par le pouvoir des habitudes.

De laquelle êtes-vous ?

Personnellement, vous l’avez compris, j’ai besoin de la deuxième. Je suis incapable de faire toute chose en étant là, présent. Je ne suis pas un de ces êtres lumineux qui peuvent laver la vaisselle en pleine conscience… et pourtant j’essaie ! J’ai par exemple commencé à méditer et… j’en ai fait une de mes habitudes quotidiennes. 😉

J’apprécie beaucoup ce moment de méditation mais sinon, l’immense majorité du reste de ma vie est automatisé, sous le contrôle de mes habitudes (bonnes ou pas) acquises au fil de mon existence.

En fait, je dirais que nous passons notre vie à vivre nos habitudes. Si elles sont bonnes tant mieux, mais si elles sont nocives, il est plutôt intéressant de les changer, non ? Évidemment, c’est souvent très difficile. Demandez aux fumeurs ou aux parieurs.

Même le président des États-Unis en est un adepte.

J’ai lu récemment dans un article de Vanity Fair que Barack Obama mettait une grande partie de son existence en pilote automatique. Toutes les petites choses de sa vie quotidienne (quel petit-déjeuner, quel costume, etc) rentraient dans une routine bien huilée. Il expliquait que cela lui libérait du “temps de cerveau” pour réfléchir sur les multiples décisions stratégiques qu’il devait prendre quotidiennement.

Le pouvoir du volume 2

Alors, j’aurais aimé vous dire qu’il y a une recette miracle pour installer une nouvelle habitude positive dans votre vie.

Mais je n’en connais pas.

Le seul système qui fonctionne pour moi, c’est de la répéter encore et encore (en me forçant si nécessaire) pour que cette habitude s’automatise. C’est de cette façon que j’ai finalement réussi à me lever tôt.

Si vous voulez en savoir plus, je vous recommande le guide gratuit de Benoit Durand, 30 jours pour changer, disponible sur son blog. Sinon, pour ne pas être seul(e) dans votre quête vous pourrez nous rejoindre sur Cloudbraining. Pour l’instant, les portes sont fermées car les membres sont, justement, en plein challenge sur 30 jours.

Quant à moi, finalement ce matin, j’aurais quand même écrit, faisant un peu faux bond à Trinity et Speedy.

Mais je ne me fais plus de souci : je viens de me rappeler qu’il y a la suite, le volume 2, à écrire.

Autant dire que le veilleur de nuit n’a pas fini de me revoir cet hiver. 😉

(Photo : choudoudou)


Commentaires

27 commentaires pour “Le pouvoir inquiétant d’une habitude”
  1. Amibe_R Nard says:

    Eh, eh, on dirait que tu viens d’accoucher d’un roman. :-)

    Tu peux donc comprendre intimement ce qu’une mère ressent lors de la naissance de son enfant. Cette habitude (pesante) à laquelle il faut / elle doit renoncer.
    Ce sentiment bizarre que cet enfant, ce roman ne t’appartient plus à 100 %.
    Que tu dois… tourner la page (ce qui est très vrai dans le cas d’un roman 😉 )

    Si tu veux tenter d’être plus présent dans tes actes, décris chaque geste à ton cerveau (conscient et inconscient), dis-lui, dis-leur ce que tu es en train de faire.

    Tu lis un livre, dis-lui que tu lis. Tu manges dis-lui que tu manges. Tu dors, dis-lui que tu dors.

    Acter en conscience chacun de ses gestes, ça oblige à être plus présent.
    Le cerveau insconscient est un peu, beaucoup comme un enfant turbulent, il faut lui expliquer les choses, et ce que l’on veut faire.

    Pas facile à réaliser, ni à installer comme habitude :-)

    Comme d’habitude. :o)
    l’Amibe_R Nard

  2. Benoit says:

    Bonjour Jean-Philippe,

    Un grand merci pour la mention de mon guide. :)

    Tu aurais d’ailleurs pu ajouter que j’ai été membre du cloudbraining, et cela m’a bien aidé à prendre l’habitude d’écrire un peu tous les jours (ou presque :) ).

    Et pendant le cloudbraining j’avais même écrit une petite nouvelle, qui probablement restera dans mes tiroirs (dans mon pc en fait), mais ça m’a permis de réaliser qu’on peut effectivement écrire un bouquin quand on s’y met, chaque jour, pas à pas. Excellente expérience !

    Très bonne semaine à toi et à tes lecteurs ! :)
    Benoît

    • Merci Benoit pour tes compliments !

      C’est vrai que tu fais partie des anciens de Cloudbraining et je suis heureux de savoir que cela t’a apporté des choses utiles (tu m’en avais déjà parlé d’ailleurs.)

      En plus, je ne le dis pas dans l’article mais le thème commun du prochain et dernier Cloudbraining de l’année, sera consacré encore une fois à l’écriture et au marketing de son ebook. 😉

      Bonne continuation pour ton blog. 😉

  3. Salut Jean-Philippe,

    Alors, personnellement, je n’ai pas encore lu tes écrits sur la femme sans peur. Quand j’ai vu qu’il y en avait déjà 5 de paru quand je suis arrivé, je me suis dit “zut, une autre fois”. Mais 18, il va me falloir 1h pour lire tout ça, ce sera pour un autre moment mais je le prendrai très probablement 😉

    Et tu as fortement raison, nos habitudes régissent notre vie. Je pense qu’il est très utile de maîtriser un minimum ses pensées. Parfois, on broie du noir. On le broie principalement parce qu’on pense à des choses négatives. Or, si on était dans l’instant présent, on pourrait faire des choses plus constructives et aller de l’avant. Pas toujours facile certes…

    Pour changer ses habitudes, il faut également y voir un réel intérêt pour avoir la volonté et la motivation d’y arriver. Il parait qu’il faut 21 jours exactement pour qu’une action répétée devienne une habitude. Le temps qu’elle s’inscrive dans le subconscient ? Possible.

    Le volume 2 est prévu pour quand ? Histoire que je me mette à la page avant 😛

    A bientôt.
    Dorian

    • Merci Dorian pour ton commentaire !

      Avec 18 chapitres de retard, je ne sais pas si tu pourras le faire… notre temps est précieux et tu as sans doute d’autres choses bien plus importantes à suivre.

      Par contre, si tu attends un peu, le volume 1 complet sortira sur kindle (et papier) vers la mi-novembre ce qui te permettrait de lire l’histoire d’une traite et ensuite d’enchainer sur les premiers épisodes du volume 2, en début d’année prochaine. 😉

  4. zenie says:

    Bonjour Jean-Philippe, alors moi je n’aime pas les habitudes car pour moi ça revient à être une machine que l’on a programmé tel un petit robot, c’est une entrave à ma chère liberté de décider dans l’instant ce que je dois faire en m’écoutant, moi et mon état intérieur.

    Si je fais quelque chose et que ce n’est pas le bon moment, je le sens et j’arrête car je ne serais pas efficace et tout un tas de pensées négatives va venir…

    Essaie de t’écouter, d’écouter tes envies…peut être un jour tu auras envie d’écrire le matin, un autre l’après midi, un autre le soir tard…tu t’apercevras qu’il y a un moment pour chaque action et que si tu la forces à être là tous les matins, elle n’est pas forcément au rendez vous et du coup tu entres dans des émotions négatives.

    zenie

    • Merci beaucoup pour ton commentaire zenie !

      J’aimerais bien être comme toi et pouvoir suivre mon inspiration lorsqu’elle vient à moi… mais à ce rythme-là, mon volume 1 serait loin d’être terminé. :)

      Par contre, si je prends ce rendez-vous matinal avec elle dans cet hôtel dont je parlais plus haut, au bout d’une quinzaine de minutes, elle est presque toujours présente…

      Ceci dit, je ne dis pas que ma méthode est meilleure que la tienne ou le contraire. Chaque personnalité a besoin de trouver ses marques. Et puis, pour tout le reste de mon travail sur le net, j’utilise ce que tu préconises, en suivant mes envies. 😉

    • Salut zenie, je reviens vers toi avec une petite question : est-ce que tu connais la pratique délibérée ? Je dis ça parce que j’ai lu ton joli poème sur ton blog et je me demandais si tu écrivais de la poésie juste quand tu le sens ou si tu pratiquais plus régulièrement ?

      En tout cas, continue !! 😉

      • zenie says:

        Bonjour Jean-Philippe, non je ne connais pas la pratique délibérée, tu peux m’éclairer ?

        J’écris quand je le sens, je ne force jamais rien. Si je sens que ce n’est pas le moment alors j’arrête pour y revenir plus tard.
        Contente que mon poème t’ai plu, merci pour le lien.

        zenie

  5. Merci pour cet excellent article! Je suis moi aussi une personne pleine d’habitudes, bonnes et mauvaises. J’ai hâte de lire le deuxième volume des aventures de Trinity et Speedy, j’espère qu’il sera aussi bon que le premier :)

    • Merci beaucoup Julia pour le commentaire et les compliments. :)

      Ah, j’ai au moins une lectrice pour qui je vais écrire le volume 2… et c’est très motivant !! 😀

  6. MarieBo says:

    Bonsoir Jean-Philippe,

    Une petite fenêtre ouverte sur ton quotidien … Très sympa !

    J’ai Googlé « Albi » pour mieux « voir » le décor où tu vis désormais.

    Tu devrais nous pondre une petite vidéo … il ne manquerait que les odeurs de cette région magnifique.

    J’ai hâte de relire le tome 1 des aventures de Trinity tout d’une traite … sur mes applis Kindle.

    Et vivement le tome 2.

    MarieBo

    PS : pas facile de tweeter tes articles ou c’est moi qui suis nulle ?

    • Merci MarieBo pour ton commentaire !

      Et non, ce n’est pas toi qui est nulle, mon bouton twitter a bien rendu l’âme pour une raison mystérieuse. Mais voilà, tout est réparé et merci de m’avoir signalé le problème. 😉

      PS : Deux lectrices, deux ! 😀

  7. MarieBo says:

    Jean-Philippe,

    Tu es déjà debout, je n’ai pas encore sommeil, tout baigne et circule harmonieusement autour du globe de notre “magnifique orange bleue”.

    Le TEMPS n’est-il pas une invention superbe ?

    😉

  8. MarieBo says:

    Yesssss !

    Le “Tweet” a fonctionné !!!

  9. Florence says:

    Cette photo de notre cathédrale est tout simplement superbe :-)
    Tu as même réussi à attraper les faucons au vol ?

    Florence

    • Merci Florence mais elle n’est pas de moi. La référence au photographe est juste en dessous de l’article. Mais je l’ai choisie pour ça ! En plus tu dois connaitre l’endroit exact et le ou la photographe a dû se contorsionner pour obtenir ce cliché… du beau travail. :)

  10. fabrice says:

    En effet, belle photo, bravo:-)
    Et intéressante réflexion! Travailler sur un gros projet nécessite une routine pour être vraiment efficace en tout cas!

Commentez ce billet