La tyrannie du jour Z

Prête à vous envoler ? Allez-y, n'hésitez pas, c'est le jour I !

Le projet est prêt.

Enfin, presque.

Il y a deux, trois petites choses que vous voudriez arranger. Pas grand chose mais juste de quoi rendre ce que vous préparez “bien” meilleur.

Alors vous repoussez la date limite que vous vous êtes fixé.

Un peu.

Et puis, il y a encore quelque chose qui vous chiffonne, là, quelque chose qui n’est pas parfait. Il va falloir encore reculer la sortie, le début, la première, le commencement, le jour J.

Petit à petit, ce jour J devient le jour K, pour cause d’embellissements, puis le jour N, pour revoir les détails, avant de glisser sournoisement à travers tout le reste de l’alphabet.

Enfin, arrive le jour Z, le jour où, finalement, vous renoncez. Le jour Z, c’est le jour où vous êtes découragé, où vous en avez assez de ce truc qui traine, que vous repoussez sans cesse, qui vous gâche la vie et qui bloque votre agenda.

D’un coup de gomme ou en appuyant sur la touche “delete”, vous effacez ce gêneur.

En surface, vous êtes content. Vous avez fait de la place.

Mais intérieurement, vous le savez, vous en êtes toujours au même point. Vous êtes frustré. Vous n’avez pas avancé. Vous n’avez pas progressé. Vous n’avez rien appris.

Agenda

Soyons honnête : nous passons beaucoup trop de temps à nous préparer et peu à agir. Nous passons beaucoup trop de temps à faire des listes et peu dans l’action. Nous passons beaucoup trop de temps à nous dire, “Je ferais bien ça !” et nous n’agissons pas. Nous rêvons souvent et avançons peu.

Pourquoi ?

Parce que l’art de la préparation, bien que nécessaire, est très confortable, rassurant. nous sommes toujours dans l’illusion. Nous ne prenons aucun risque. Tout est dans notre tête. Bien secret.

Par contre, attaquer “pour de vrai” un projet, une idée, un nouveau sport, une nouvelle habitude, ça fait peur. Là, on passe dans le réel. Là. il n’y a plus de secret. Les autres peuvent et vont nous juger. Peut-être pas favorablement.

Personne n’a envie de s’entendre dire que ce n’est pas bon, que l’on ira nulle part avec cette idée, qu’on ne va pas perdre ces kilos superflus de cette façon.

C’est pour cette raison que les jours Z existent. Nous les avons tous et toutes connus. Ce sont ses idées sur lesquelles nous avons commencé à travailler mais sans jamais concrètement faire un premier pas. Ou le pas suivant.

Ce sont des paroles que nous avons lancées un peu trop vite en l’air, des promesses que nous avons prononcées trop rapidement et qui n’ont pas été respectées, car oubliées dans le tourbillon sombre des jours Z de notre existence.

Mon jour Z

Il y a quelques mois j’ai commencé à écrire un nouvel ebook, un guide qui aidera justement tous ceux et toutes celles qui se considèrent comme des procrastinateurs, qui n’arrivent pas à démarrer ou à achever leurs multiples projets, qui sont bloqués et qui ne peuvent pas à avancer. Je parle bien sûr des scanneurs – dont je fais partie – et qui font que la société nous regarde d’un œil bizarre.

(Les membres de ma newsletter pourront lire un extrait de ce guide en avant-première. Si vous n’êtes pas encore abonné, n’hésitez pas, c’est en haut et à droite de cette page.)

Alors ce guide, il est là, terminé, archivé sur mon disque dur, prêt à être envoyé à la mise en page. Et pourtant, non, je le relis, je corrige quelques phrases et puis, je me dis qu’ici, il faudrait que je rajoute un paragraphe pour être plus clair et, que là, je vais inclure de nouvelles informations que je viens de découvrir.

Peut-être même que je devrais rajouter un chapitre ?

Oui, mais si je rajoute un chapitre, il va falloir que je réorganise toute la 3ème partie du guide.

Je ne m’en sors plus.

Je vais tout droit à l’échec.

Je suis en train de prendre rendez-vous avec mon jour Z

Le jour I

La solution, à mon avis, vient du fait que le jour J n’est sans doute pas le meilleur jour pour débuter ou lancer un projet.

Non, le meilleur moment c’est le jour I.

Le jour d’avant. :)

Pourquoi ? Parce que c’est le jour où vous n’êtes pas tout à fait prêt ou prête mais où votre énergie est intacte. Pure. Vous êtes gonflé(e) à bloc. Votre motivation vous pousse à l’action et, peu importe si tous les détails ne sont pas clairement définis. Vous avez la direction générale et vous foncez. Avec joie et plaisir. Car le mouvement, c’est le changement. Et le changement c’est la croissance.

Et c’est ce que nous cherchons tous et toutes.

Alors ce matin, sur le petit tableau blanc magnétique qui est sur le réfrigérateur j’ai écrit en gros “Jour I”, histoire de ne pas oublier, histoire d’avoir un rappel à chaque fois que je passe devant.

Ma compagne a haussé un sourcil, me demandant si je n’aurais pas dû écrire “Jour J” ? Ce à quoi j’ai répondu d’un air faussement détaché que les jours J, c’était pour les perdants. Les jours I sont pour ceux et celles qui veulent vraiment avancer.

I comme…

J’aime bien cette lettre “I”, droite, bien dressée, prête à l’action. En tout cas, c’est bien mieux que ce “J” qui a une petite faiblesse dans la jambe.

On pourrait aussi dire, I comme Initiative. C’est à dire que, même si on a un peu peur, même si on n’est pas certain de réussir, on se lance. Si on échoue, ce n’est pas grave, de toute façon, on aura appris de cet échec, car comme le maitre d’Echizen le disait souvent, “Brise le bol de thé pour en comprendre la valeur”.

Alors moi aussi, je casse mon bol, je le jette allègrement par dessus le muret et, je vais donc envoyer cette semaine mon ebook – version finale – au metteur en page. Sans regrets et avec la sérénité de quelqu’un qui s’est lancé et qui a donné le meilleur de lui-même.

Certains parmi vous pourraient me dire que ce jour I c’est bien joli, que I comme Initiative c’est magnifique mais que dire de, I comme Icare ?

Icare, c’était celui qui, dans la mythologie grecque, s’était fabriqué des ailes avec des plumes et de la cire, avait ainsi pu voler et, s’étant approché trop près du soleil, avait vu ses ailes fondre, ceci l’entrainant à sa perte dans une mer qui porte maintenant son nom.

Le mythe d’Icare c’est, entre autres, l’idée que l’homme veut toujours aller plus loin, trop loin, et finit par se “brûler les ailes”.

C’est vrai. Peut-être que nous nous faisons des illusions. Peut-être qu’à l’échelle de l’univers nos petits projets n’ont aucune signification et ne servent à rien.

Peut-être pas.

Et de toute façon, puisqu’un jour, nous aussi nous ferons le grand saut au-delà du muret, autant en profiter pour vivre des expériences intéressantes pour nous et pour les autres. Autant remplir notre besace de jours I pleins de vie, plutôt que de nous vautrer, bloqués et stressés, sur une couche pleine de jours Z.

Regardez autour de vous.

N’y a-t-il pas un projet, une idée, un but qui mérite toute votre attention, maintenant ?

C’est votre jour I. :)

(Photo : Mike Bailey-Gates)

Commentaires

24 commentaires pour “La tyrannie du jour Z”
  1. Alors, mais, mais, mais …. à quand ce ebook ???

    Vivement le Jour K !

  2. david says:

    C’est encore une fois très bien conceptualisé ! Je confirme j’ai bien un ou deux jours Z qui trainent dans le placard… Ou peut être pas… Car si 10 ans est le temps qu’il faut pour devenir expert, 10 jours (de A à J) est peut-être le minimum pour accoucher d’un mini projet. Pas dix jours en dilettante bien sûr, mais 10 jours de 24 heures, à ne pas négliger pour ne pas faire du jour I ou J un fiasco.
    Merci pour cette invention du Z-day, qui semble être un tout autre concept dans un autre contexte…

  3. Jean-Philippe says:

    @MarieBo :D Bien vu ! Oui j’en suis au moins au jour K, là !

    @David Merci pour tes compliments ! Le jour Z correspond aux étapes (débuter – passer à l’étape suivante – terminer ) que l’on rencontre tous et toutes dans notre vie. Bien sûr, il faut de la préparation, bien sûr il faut être souple sur ses dates limites – comme tout bon scanneur – mais à un moment il faut bien franchir le pas… :)

    Merci pour le lien sur ce Z-day bien intéressant !

  4. Nathalie says:

    C’est intéressant ce jour I car j’en ai connu un !! le jour où j’avais décidé d’arrêté de fumer. J’étais au Luxembourg et le lendemain devait être le jour d’arrêt ! la journée de la femme ;) (8 mars) Et quand je me suis retrouvée en train de payer mon plein d’essence, je regardais les cigarettes sur l’étalage, j’étais sûre de me prendre le dernier paquet car j’avais encore toute une soirée avant ce fameux jour J !! Et finalement j’ai renoncé et je me suis dit qu’il n’y aura pas de jour J ! et que si je n’arrive pas avant le jour J, je n’arriverais jamais. Cela va donc bientôt faire 5 ans que je n’ai plus fumé ! c’est pour moi une grande victoire! :) Je vais m’en provoquer d’autres !!

  5. Jean-Philippe says:

    Bravo Nathalie ! Merci de partager ton exemple qui, je suis sûr, va en inspirer d’autres. Donc, si tu as pu trouver ton jour I sur ça, tu peux le trouver pour d’autres défis. ;)

  6. Ah, la procrastination par le perfectionnisme… Vaste sujet ! Grâce à toi, je viens d’apprendre que j’étais un scanneur. Je m’en vais laisser un commentaire sur l’article idoine.

    Pour ma part, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il est essentiel de créer des projets imparfaits, c’est même capital. Imparfaits mais existants. Existant à la date T (ou S…) fixée initialement. Car oui, la date est fixée en même temps que le projet. Et le perfectionnement de la chose se fera… Sur le prochain projet. C’est un processus itératif, si on sort de là, on est foutu. (NB : vu comme ça, ça fait longtemps que tu aurais posté ton e-book, et tu serais en train de bosser soit un nouveau, soit sa seconde édition, et tu aurais l’avis constructif de tous tes lecteurs…)

    Il faut se méfier de l’égo qui te donne envie d’éditer un seul chef d’œuvre absolu dans ta vie, la Sainte Bible du thème choisi par exemple. C’est un mauvais conseiller, comme souvent…

    Sans vouloir faire de la retape, j’ai traité moi aussi le sujet dans mon article Ca ira mieux demain – le grand secret de la procrastination. Je t’invite à me laisser ton avis sur le sujet, ça ne fera pas de mal à mon blog débutant… ;)

  7. Jean-Philippe says:

    Merci Matt pour ton commentaire et également de partager un lien vers ton article que je recommande ! Il apporte une solution très intéressante à cette situation. C’est un peu la méthode qu’utilisent les Japonais. On lance quelque chose – de copié ? – et puis on l’améliore au fil du temps, et puis on finit par se retrouver le numéro 1. Apple fait aussi la même chose, en plus raffiné. Lorsqu’ils ont sorti le premier iPhone, il a été très critiqué. Même chose pour l’iPad. Ensuite, chaque année, le nouveau modèle apporte des améliorations techniques. L’iPhone 4 est une Rolls par rapport au premier. ;)

  8. AMie says:

    Le perfectionnisme … ou l’attente du 20/20 de toute notre scolarité, qui n’arrive qu’en maths et encore !
    Mais qui ne nous a jamais empêché de passer à l’étape suivante. ;-)

  9. See Mee says:

    C’est cela qui me fascine chez certaines personnes, qui sont capables de se lancer sans se préoccuper d’être vraiment prêtes, car elles ont compris (dans leur chair, car l’intellect ne suffit pas) qu’on n’est jamais prêt.
    Je pense par exemple à Thierry Crouzet, qui peut donner l’impression de papillonner, de lancer trop de choses à la suite, mais qui en est à son xème livre.
    Et il a fait un truc formidable ET bête comme chou : il a publié son dernier e-book en sachant qu’il allait le remettre à jour très vite. Parce qu’il fait valoir qu’il n’y a jamais d’écriture définitive, et qu’il prône en plus un mode d’écriture qui désigne par “La stratégie du cyborg”, celle qui consiste (si j’ai bien compris) à s’ouvrir aux influences du réseau dont on est le noeud.

    Crouzet est selon moi un scanneur qui parvient à en faire un atout, qui réussit à agir le jour I pour ne oas repousser au jour Z.

  10. Jean-Philippe says:

    @AMie Oui, tu as raison ! Ce 20/20 qui finit par obséder et fait des lycéens des losers en puissance. Merci pour cette image. ;)

    @See Mee Merci beaucoup pour ton commentaire ! et aussi de mettre un coup de projecteur sur Thierry Crouzet. C’est vrai qu’il va vite ! J’ai souvent du mal à le suivre et à comprendre où il en est dans ses différents projets. Mais c’est un sacré bosseur qui ose des choses nouvelles. :)

  11. @Jean-Philippe : Oui, je crois que le principe de business de base, c’est : “ne cherchez pas à créer un produit parfait, lancez un produit imparfait et laissez le marché le corriger”, en gros. Les axes d’améliorations ressortant de la mise sur place publique de ton bouquin, par exemple, auraient pu ne jamais te venir à l’idée ! :)

  12. Jean-Philippe says:

    Merci Matt ! En fait, je triche un peu car j’utilise beaucoup les commentaires et les articles pour tester différentes idées avant de sortir mes ebooks. Bon, mais là, ça suffit ! Il faut juste que je rajoute une citation de Léonard de Vinci. ;)

  13. Tu volerais la phrase que j’ai personnellement dérobée à Léo ? Tttt…

  14. Jean-Philippe says:

    …que nenni ! Il y aura attribution au blogueur qui l’a proposée. ;)

  15. Joel says:

    J’ai compris réellement ce qu’était le jour I en bossant pour des clients via un business personnel de créations de sites web.

    Le déclic vien sûrement d’une discussion qui ressemble à ceci:

    Le client: “Je vois que tu as bien avancé, ce sera prêt pour quand?”
    Moi: “Et bien, ça semble comme ça mais il y à encore quelques modifications à faire. Et puis, je n’ai pas encore eu le temps de développer ce module xxx, ni ce module yyy comme tu l’avais demandé. Sans compter le petit bug d’affichage de la page d’accueil sous IE6 et l’effet qui pose problème en Safari… pour ceux qui travaillent en MAC”
    Le client: “Les problèmes de graphisme, ça touche combien de gens?”
    Moi: “Moins de 10% des gens…”
    Le client: “C’est pas grâve, envois le site, je te paie la totalité maintenant et s’il te reste du budget, tu pourras faire les modifications au fur et à mesure de mes demandes. Sinon, on rediscute d’un prix au cas par cas.”

    Certains me diront que c’est un coup foireux, que le client va abuser de la situation en téléphonant toutes les semaines pour me rappeler ce que je lui dois, ou développer tel ou tel module, ou corriger tel ou tel bug…

    Et bien non. Dans plus de 9 cas sur 10, le client revient vers moi quelques mois plus tard pour me demander combien ça couterait d’ajouter un module de calcul ou un formulaire d’enquête de satisfaction, quand ce n’est pas pour m’envoyer un nouveau client.

    Au moment où vous décidez “d’envoyer la sauce” en sachant pertinemment bien que cela n’est pas parfait… et que vous pourrez toujours corriger le tir plus tard… C’est ça le jour I.

    Il ne s’agit pas d’appuyer sur un gros bouton rouge qui fait boum à 5000km de là, mais juste d’écrire un article, de rendre un site disponible, d’envoyer un mail ou de rédiger un livre.

    Je pense que le meilleur remède est de donner le projet “plus ou moins utilisable” à 3 personnes, et de leur demander de lister les problèmes. Les éléments qui seront repris par au moins 2 des relecteurs seront corrigés. Après, on envoi et on admire son oeuvre!

  16. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Joel de partager ton expérience ! C’est vraiment très intéressant comme processus. Et puis ta suggestion comme “remède” est un peu celle que j’utilise aussi. ;)

  17. @Jean-Phi : A, si tu m’attribues la paternité d’une phrase de Vinci, on est potes ! :-)

    @Joel : ça c’est un vrai retour intéressant. Il montre l’écart entre les exigences que l’on fantasme et les réelles.

  18. J’avais tendance à être un peu trop perfectionniste, à procrastiner à attendre le jour Z et à repousser les échéances… Ton article décrit très bien ce phénomène. Mais à force de travailler dans le web, mon cerveau a littéralement été reprogrammé!
    J’ai appris à aimer l’imparfait, l’action, la rapidité d’exécution. Car internet le permet. Internet, ses faibles investissements et ses modifications express l’autorise. J’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet : http://www.maboitecartonne.com/comment-faire-une-analyse-de-marche-efficace

    Mon premier ebook, je l’ai réécrit 5 fois… mais après avoir lancé une première version! Bref, ce phénomène se soigne, j’en suis la preuve et on peut même prendre goût à l’euphorie du jour I.

  19. Jean-Philippe says:

    Merci beaucoup Boris de partager ton expérience ! Je crois qu’on passe tous par là mais le tout – comme tu le dis – c’est de savoir se soigner. ;)

    Merci aussi pour le lien vers ton excellent article que je recommande à tous et à toutes avant de se lancer dans un blog de niche.

  20. Magaly says:

    Bonjour à tous !

    Je trouve très intéressante l’idée du jour I !

    Merci Jean-Philippe pour votre blog, je me délecte de vos différents articles !

    Je vais revoir mon jour J pour ne pas le transformer en jour Z !!
    d’ailleurs, j’ai déjà commencé à activer sur un point, j’ai enfin réussi à contacter un professionnel dans la région où je souhaite m’installer. Ce changement est un vrai chamboulement dans ma vie perso et une vraie aubaine (enfin je crois) dans ma vie pro !

    Autre point sur lequel je dois m’éfforcer de donner corps à mes idées, et celui de mettre sur papier et de présenter à des partenaires potentiels les meubles que je dessine … je repousse sans cesse !! Je procrastine !!! Mais je me soigne …

    Merci encore pour cet échange,

    Bonne et belle soirée à tous
    Magaly

  21. Jean-Philippe says:

    Merci Magaly ! Voilà des idées qui me paraissent excellentes, alors tenez-nous au courant de vos progrès car dessiner des meubles est, je trouve, un Art très beau. Surtout ne laissez pas ces belles images mourir en vous, d’accord ? :)

Commentez ce billet